Que faire face à l’ensauvagement de la société ?

« Les longues périodes de paix favorisent certaines illusions. L’une d’elles est la croyance que l’inviolabilité du domicile se fonde sur la Constitution, est garantie par cette dernière. En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entouré de ses fils, hache à la main. » – (Ernst Jünger).

Semaines après semaines, mois après mois, les tragédies défraient la chronique, les Français sont attaqués, blessés, égorgés, décapités en pleine rue (Samuel Paty ; et 120 attaques au couteau par jour selon des statistiques déjà obsolètes), les femmes sont désormais sournoisement piquées à la seringue dans la foule avec l’intention d’instaurer une terreur les poussant à ne plus sortir de chez elles. Les Français sont en tout point comme les Elois irréactifs chez qui les Morlocks viennent faire leurs moissons de victimes dans le roman La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.

Il faut reconnaître à l’ennemi qui, lui, n’hésite pas à faire usage du couteau, qui n’a pas perdu la part de bestialité en l’homme permettant d’affronter l’hostile, il faut lui reconnaître la vertu de mettre en exergue le fait que les Français, ou du moins beaucoup trop d’entre eux, après des décennies de « pacifisme » aggravées par la disparition du service militaire, élevés dans le coton, sont à l’inverse aujourd’hui déconnectés de l’attitude pourtant fondamentale de défense de soi.

On a contraint les Français à compter sur l’État et son monopole de la « violence légale », dont l’arsenal juridique et policier suffisait à une société normale, une France tranquille, civilisée, celle qui fut jusqu’aux années 1970, mais État qui de son côté a été rendu incapable de les protéger comme il se doit, par la dégradation du contexte due à une législation pénale alourdie, inefficace, qui n’a d’humanisme doctrinal qu’envers la canaille et néglige l’honnête homme, et par la floraison d’une faune qui se sent tout permis, enhardie par la mansuétude des décisions de justice tous les syndicats de police passent leur temps à s’en plaindre depuis des décennies.

De plus, les Français hésitent à se défendre parce qu’ils savent que s’ils osent s’en charger, pour remplacer logiquement la carence de l’État qui s’est rendu incapable de le faire, ce sont eux à qui l’on viendra faire des misères, avec des critères fallacieux de légitime défense et de proportionnalité de la riposte. Personne n’a oublié ce genre d’affaires où des commerçants cambriolés pour la énième fois se retrouvent au tribunal pour avoir défendu leur bien, et parce qu’à cette occasion ils ont blessé un cambrioleur. C’est pour la même raison qu’ils n’osent pas intervenir dans un wagon de train alors que le viol d’une femme est en train d’être commis sous leurs yeux. Le pouvoir n’est plus de leur côté, le droit pénal n’est pas de leur côté. Si le contraire était vrai, nous n’en serions pas à quatre millions de crimes et délits commis chaque année depuis l’an 2001 par des délinquants et des criminels que plus rien n’effraie, qui ont compris qu’ils n’avaient pas grand-chose à craindre d’une application de la justice bien trop laxiste avec eux. Avec eux seulement.

Avant d’avoir sombré dans le pourrissement actuel, les derniers qui sortaient encore une lame sous nos latitudes étaient les loubards des années 1950-1960 en Perfecto Schott dans des bastons de bals, aiguillonnés par les icônes du cinéma américain façon Marlon Brando, James Dean ou West Side Story. Face au chaos actuel, il faudrait pourtant aux Français renouer avec les outils, de toutes sortes, nécessaires à la situation.

Donc que faire en effet, alors que l’État est devenu impuissant à nous protéger ? Avant tout rechercher la dissuasion visuelle.

Une racaille a beau être un abruti, il n’en est pas moins doté, sauf à tomber sur un dément complet, d’un minimum d’instinct de préservation, il y réfléchira à deux fois avant d’avancer face à un objet qui peut lui faire du mal, exhibé en étant sûr de soi et déterminé, ça peut éviter de gros problèmes, ou pour le reformuler autrement comme le disait mon adjudant parachutiste, montrer ses muscles pour éviter d’avoir à s’en servir. Nous préférons l’esthétique de l’escrime, mais le tomahawk a toujours eu son efficacité. Nous avions pour ainsi dire l’équivalent au Moyen Âge sur nos terres d’Europe, le « bec de corbin ». Le marteau de carrossier en est une approche actuelle. La perspective, même pour le dernier des crétins, de voir sa pointe pénétrer son crâne ou sa joue, est à même de le rendre subitement moins téméraire et plus prudent, l’objectif est de chercher à impressionner, ça s’appelle la dissuasion, bien connue et qui fonctionne parfaitement en matière nucléaire par exemple. Les amoureux des cimes enneigées peuvent préférer le piolet d’alpinisme. Le sauvage importé par nos politiques ne nous laisse pas beaucoup d’autre choix, face à son comportement, que de redevenir sauvages nous-mêmes.

« Rien ne saura nous séparer, moi et mon marteau de carrossier… » (clin d’oeil cinématographique)

Dans le contexte actuel, la prise de risque d’être attrapé en possession d’une « arme par destination » (ce qui est le statut de tout objet) reste rentable par rapport au nombre de jours où elle vous aura sécurisé, voire fait fuir un salopard. C’est comme la fraude récurrente dans le RER pour ses pratiquants, l’amende la fois où ils sont pris reste inférieure au prix qu’ils auraient dû payer pour voyager pendant tout le temps où ils ne l’ont pas été. Pratique de fraude que nous ne promouvons pas bien évidemment, nous ne sommes pas, Français éduqués et dotés de sens civique, de ces populations qui ont érigé la fraude aux transports en commun en sport communautaire. Nous l’évoquons pour la démonstration.

Une batte de baseball et du fil barbelé dans le coffre de la voiture peut dénouer certaines situations. Le propos n’est pas d’appeler à blesser, mais répétons-le encore de dissuader, quel que soit l’objet exhibé (un simple manche de pioche a aussi son charme). Si elle vous est saisie par les forces de l’ordre, qu’est-ce que vous perdez ? une batte, 25 à 50 euros pièce, et environ deux mètres de fil. Achetez-en quatre ou cinq à tout hasard, avant que leur accès finisse par être réglementé en devant présenter une attestation d’inscription à un club de ce sport américain. Vous gagnerez éventuellement une garde à vue et une petite procédure. Vous y survivrez. Mais prendre ce risque, c’est devenu une assurance vie.

Confrontée à ce genre d’objets, dans certaines circonstances et uniquement au corps à corps bien entendu, la racaille commencera à comprendre qu’elle ne peut plus agir impunément, qu’il y a quelqu’un en face, qui tient sa position.

N’oublions jamais ces deux évidences :

1° Toute arme entre les mains d’un honnête homme n’est une menace pour personnes, sauf pour les personnes mal intentionnées.

2° Une société armée est une société de courtoisie mutuelle. Les manières de communiquer sont toujours polies quand chacun doit être responsable de ses actes avec sa propre vie.

On trouve de la beauté en toute chose…