Regrouper les aspirants à la liberté

La majorité des gens ne désirent pas vraiment la liberté, ni ne sont capables de l’assumer. La plupart préfèrent être choyés, protégés, ou manquent simplement de l’intelligence nécessaire pour saisir les conséquences de leurs choix. La liberté s’adresse aux individus moraux et intelligents. C’est Pouchkine qui écrit « Que sert à des troupeaux d’être libres ? Le lot qui leur échoit est d’âge en âge : un joug, des grelots et un fouet. » J’aspire à un moyen pour les individus moraux et intelligents de s’extraire de la société, de laisser les masses à leur sort. Je saisis de mieux en mieux la portée du roman de Ayn Rand, La Révolte d’Atlas* (1957), l’idée d’une vallée secrète où se réuniraient les esprits moraux et intelligents. Regrouper les aspirants à la liberté dans un petit État, voire un petit village, prend tout son sens. Se regrouper aussi virtuellement, pour s’entraider. La stratégie d’éducation des masses est condamnée à l’échec face à des afflux massifs de cultures incompatibles et une propagande d’état toujours plus forte – mais celle du regroupement, elle, a de l’avenir.

*Selon une étude de la bibliothèque du Congrès américain, La Révolte d’Atlas figure parmi les livres favoris et le plus influent aux États-Unis, après la Bible.