Histoire d’un acharnement antidémocratique

C’est l’histoire d’un acharnement antidémocratique de la part de tartuffes qui n’ont que « démocratie » à la bouche mais n’assument pas d’être en réalité le contraire de ce qu’ils prétendent. Pour notre part, préférant l’honnêteté à la malhonnêteté, nous préférerons toujours une tyrannie qui s’assume ouvertement à une tyrannie déloyale, qui ne s’assume pas.

Leur masque est tombé de longue date. On le sait, la conception de la démocratie de ces tartuffes est qu’elle ne vaut que pour eux, « quand c’est nous qui gagne » comme le dirait un enfant au mauvais français.

Dès l’émergence du courant national à partir des années 1980, il a été immédiatement frappé d’ostracisme. Un régime maçonnique sous l’influence d’officines marquées de l’étoile à six branches, qui fonde sa vision du pays sur l’idée d’une reproduction internationaliste de la planète dans les frontières françaises, sans distinction de provenances, qui fonde sa vision sur une conception idéelle et non charnelle, identitaire, civilisationnelle du pays, ne pouvait pas admettre la concurrence d’un courant national.

L’immigration sera le premier sujet de combat contre le courant national. Sujet immédiatement traité dans le jeu politique dans le langage de « l’antifascisme » et du racisme. On cherche à marquer au fer rouge du racisme et du fascisme ceux qui veulent poser la question de l’immigration extra-européenne.

Avec les années 1990 c’est la question de l’Union européenne qui arrive, notamment avec le traité de Maastricht. A ce moment-là, s’opposer à Maastricht et à la construction de l’UE vous condamne aussi à la mise en périphérie de la vie politique autorisée. On connaissant déjà le sens du « cordon sanitaire », ce que dit Jacques Delors à l’époque de ceux qui veulent voter non à ce traité : qu’ils quittent la vie politique, ils n’y sont plus les bienvenus. Et l’on verra dans les années à suivre ceux qui s’étaient opposés courageusement à Maastricht finir par se rallier au Système parce qu’ils avaient compris que s’ils maintenaient leur opposition ils seraient déclassés, eux aussi rendus infréquentables.

Résumons ces deux premières périodes par l’étiquette de la diabolisation dure.

Troisième méthode, le Système a fait à la même époque usage du discrédit par la ridiculisation, l’humiliation. Ceux qui s’opposent au « sens de l’Histoire » ne peuvent être que des fous, des farfelus, lesquels doivent savoir, et ceux qui seraient tentés de les suivre, qu’ils seront traités ainsi.

Dans les années 1990 s’impose également une nouvelle idéologie dominante, celle selon laquelle il n’y a plus d’idéologie, plus de pensée dominante derrière ce qui est fait, c’est simplement la norme gestionnaire pour tous. C’est l’époque du prolongement de la pensée unique à l’œuvre dès le septennat de Giscard d’Estaing, mondialiste, libre-échangiste, multiculturaliste, immigrationniste. Mais cette mode se présente comme le centrisme gestionnaire. Et celui qui va contre cette pensée est traité en tant que fou. A l’exception notable du placement en structure psychiatrique que pratiquait l’URSS avec les dissidents, la démarche est la même : seuls des fous peuvent ne pas être d’accord avec la politique merveilleuse du pouvoir. On ne répond pas aux arguments de gens qui disent que la politique appliquée pose problème, ce sont des fous. Ils auront de moins en moins accès aux maisons d’édition, à la télévision et aux autres médias, de moins en moins accès à la vie publique. Et quand le Système est contraint de parler de ces opposants, il va recourir à une automatisation de la référence à « l’extrême-droite ». Il suffit de coller cette étiquette et c’est réglé. Ces gens existent, mais à la manière des résidus d’un monde ancien toxique. 

C’est aussi l’époque de la radioactivité dans ces matières. Celui qui se rapproche de ces thèmes-là « fait le jeu du Front national ». La formule aura une postérité contre le RN et l’extrême-droite au sens large. Celui qui veut faire carrière a donc intérêt à se taire.

Est venue ensuite l’étape essentielle du harcèlement judiciaire, c’est-à-dire créer les conditions d’une liberté d’expression devenue impraticable. Vous comprenez que si vous usez de votre liberté d’expression, vous allez en payer le prix sérieusement. Et la plupart des gens, qui ne sont pas des courageux au quotidien, vont en effet décider de se taire.

Mais hélas, du point de vue du Système, la « Bête immonde » a continué de grimper dans l’opinion. Une partie importante de la population se dit qu’elle est laissée de côté dans la politique menée, elle se sent méprisée, à juste titre, diabolisée, et elle se tourne vers ceux qui leur disent qu’ils sont la voix de ceux qui n’ont pas de voix : le Rassemblement national, avec dans l’esprit de l’oligarchie des années 2010 la crainte qu’il n’arrive au pouvoir.

Dernière séquence, le « front républicain » puis le procès. Tous les partis admis dans le Système, dans ce cercle de jeu et qui en ont fermé la porte, de l’extrême-gauche la plus radicale jusqu’à une bonne partie de la droite qui se veut modérée, se rassemblent pour faire front contre un parti vu comme le corps étranger que l’on doit chasser à tout prix. Ils s’entendent pour se reconnaître comme seuls légitimes, ils se disent qu’ils sont davantage d’accord entre eux plutôt que d’accord avec la possibilité que ce courant qui attire près de 40 % des votes arrive au pouvoir. Mais ces gens se disent aussi qu’ils ne parviendront pas à chasser le corps étranger par les urnes. Il faut donc le vaincre par l’arme atomique pour paraphraser Marine Le Pen, qui permet tout simplement d’inégaliser en quelque sorte la dissidence, en l’exécutant juridiquement. Le Système traite cette opposition comme un problème à gérer et non pas comme une expression de l’opinion que l’on doit entendre, il choisit en amont d’empêcher de choisir ce bulletin de vote, c’est tellement plus simple. Dès lors qu’elle monte trop, tout est permis, c’est ce que l’on appelle l’état d’exception, concept essentiel en droit mais aussi en politique : le danger est tel que l’on s’autorise à suspendre les règles ordinaires, administratives, juridiques, médiatiques de notre vie en commun, pour se débarrasser de cette menace exceptionnelle qui se présente. Dès lors contre cet ennemi tout est permis. Une fois qu’on s’en sera délivrés on reviendra aux règles ordinaires.

Et le Système va plus loin. Le simple fait de critiquer la décision de condamnation du 31 mars 2025 est vu comme un crime de lèse-majesté, c’est le signe de l’insurrection, du refus de la « démocratie », du populisme. Nous sommes devant un pouvoir tout puissant qui ne tolère plus qu’on le critique. Ceci au prétexte que critiquer une décision de justice consisterait à remettre en question l’ensemble de l’édifice légal et le principe même de l’État de droit. Argument autant habile que perfide. Critiquer une décision de justice consisterait à remettre en question les règles de la société, et il serait même nécessaire de frapper juridiquement ceux qui se permettent de remettre en question une décision de justice. On veut nous faire acheter à tout prix la fiction d’une justice neutre, impersonnelle, dépassionnée, sans idéologie, dépolitisée, non militante, une justice qui s’imposerait comme une révélation divine qui n’interprète pas ce qu’elle traite. Mais nous savons qu’il s’agit d’un mensonge. Certains juges sont idéologiquement orientés, il n’est que de connaître et lire la fameuse harangue du juge Baudot, il n’est que de connaître la couleur politique du Syndicat de la magistrature qui revendique 30 % de la profession, rien ne laisse croire dans leur pratique du droit qu’ils soient étrangers à leurs propres préférences idéologiques. Dès lors on se trouve devant le pouvoir. Et est-ce que le pouvoir des juges est le seul pouvoir qui ne doit pas être critiquable ? Tous les autres pouvoirs sont soumis à critique mais le pouvoir des juges devrait se dérober à la critique et se cacher derrière le masque de l’impersonnel ? Quand un assassin remis en liberté récidive six semaines plus tard, n’est-il pas légitime de se demander qui a pris la décision de son imprudente remise en liberté ? Il est nécessaire aujourd’hui de savoir à qui nous avons affaire lorsqu’il juge parce qu’ils ont un pouvoir immense, ce n’est pas les détester que de demander à savoir à qui nous avons affaire, qui s’est emparé des rênes de notre société. L’irresponsabilité statutaire des magistrats est une survivance incompréhensible à laquelle il faut mettre un terme. Il faut réintégrer l’activité des juges dans la rationalité en disant que par définition si vous exercez un pouvoir vous êtes en devoir de vous faire critiquer, et de rendre compte de votre action. C’est le véritable État de droit.

Deux conceptions de la démocratie s’affrontent donc. Pour l’idéologie dominante au pouvoir, la démocratie consiste à se méfier du peuple. Le peuple est une grosse bête inquiétante, dangereuse parce que « multiphobe », haineuse, restée dans l’obscurantisme. Et la fonction de la « démocratie », nous disent ceux qui se présentent comme ses gardiens, consiste à limiter toujours plus le pouvoir du peuple, limiter sa capacité à prendre des décisions, parce qu’il a besoin d’une élite « éclairée » pour encadrer son existence et le civiliser de l’extérieur. Dans cette logique, on doit se débarrasser, lorsqu’il le faut, de ses représentants trop inquiétants. Quand l’opposition risque de prendre le pouvoir, en respectant les règles établies, comble du culot, tout devient permis. C’est une vision carcérale et punitive de la démocratie, ils l’appellent « État de droit ». L’autre vision de la démocratie, ne consiste pas à sacraliser le peuple, ce dernier peut se tromper, il n’est pas une masse homogène, mais de respecter minimalement ses représentants, de ne pas accorder au juge une forme de pouvoir impérial à travers lequel ils peuvent dire « nous allons fixer les règles et vous allez vous coucher parce que nous sommes les nouveaux souverains ». Elle consiste aussi à respecter les différents partis et la mise en forme politique des préférences majoritaires, ce qui est rejeté aujourd’hui avec le refus du référendum sur certains sujets qui contrarient l’agenda et les volontés idéologiques du pouvoir. La question est finalement simple : est-ce que le peuple est un recours ou un problème aujourd’hui ?