Du journaliste Eric Brunet, éditions Albin Michel, 2006 ayant pour thème l’omniprésence de la pensée gauchiste en France et la difficulté pour les gens de droite d’exister et de se faire entendre à l’époque. Les choses ont heureusement évolué dans le bon sens depuis, une part importante de l’opinion, c’est visible sur les réseaux sociaux, ose dire ce qu’elle pense. L’auteur racontait dans le passage ci-dessous ces moments de sa scolarité, et évoquait ce qui est par ailleurs un fait bien connu : le gauchisme effréné dans lequel baigne le corps enseignant (comme le journalisme, autre chapitre) piloté par l’Éducation nationale.
Petit viatique pour bien penser et bien agir
Dans un collège de province où j’effectuais ma scolarité sans véritable zèle, j’avais pris l’habitude, faisant le constat de l’obsession antifasciste de mes professeurs (quelle que fût la matière qu’ils enseignaient), de rédiger chacun de mes devoirs de français comme un combat antifasciste. Je n’avais guère de convictions politiques mais j’avais observé que cela me valait des notes bien supérieures à celles de mes camarades. Le filon était excellent.
Rédaction en classe de 5è : « Vous avez une passion secrète. Racontez ». Sur trois ou quatre pages peu convaincantes, je détaillais mon goût pour les timbres du monde entier. Ensuite, mon cerveau entrait en action. Je décrivais mes petits camarades se fichant de mon penchant philatéliste totalement hors du temps. Je me posais en victime de leurs sarcasmes collectifs. Puis j’usais de ma botte secrète en achevant mon devoir par la sentence de Brecht, unanimement adorée par le corps enseignant de mon collège de banlieue : « Le ventre est encore fécond, d’où est sortie la bête immonde »(*).
La transposition bourreau/victime fonctionnait à plein. Mes pauvres petits camarades innocents étaient les nazis, j’étais le petit juif de la photo du livre d’histoire. Celui du ghetto de Varsovie qui lève les bras. Grâce à cette supercherie pas vraiment réalisée en conscience, j’ai eu les meilleurs notes en français pendant des années.

(*) La mythologie des enseignants se nourrit de Guernica en tout genre. Éternel militant, l’enseignant est bipolaire. Une bipolarité de western, avec ses bons et ses méchants : les gentils humanistes de gauche et les méchants fachos….
