Un renoncement français

Pour les Français (de souche ou de pays européens venus vivre ici) qui pensent que l’immigration extra-européenne menace à brève échéance leur existence en tant que peuple et en tant que civilisation, il paraît vain de débattre avec ceux qui estiment au contraire que l’immigration est une chance, que la France se résume aux seules « valeurs de la République », que son avenir est à l’universalisme, au multiculturalisme et au métissage. Les sources de la haine de ces universalistes pour la civilisation européenne et de leur désir masochiste de disparaître en tant que peuple sont désormais clairement identifiés. Cette détestation maladive et cette furie autodestructrice sont trop profondes pour qu’il soit utile de tenter de convaincre ceux qui sont saisis par ce sida mental.

L’enjeu est ailleurs. Les Français qui pensent qu’il y a trop d’immigrés extra-européens et souhaiteraient un arrêt de ces arrivées représentent désormais plus de la moitié de la population. Mais entre l’expression sondagière des ronchons et le passage à l’acte dans le renversement du système, il y a loin de la coupe aux lèvres. Ceux qui voient déjà un Trump « à la française » émerger pour la présidentielle de 2027 au motif qu’en toute matière ce qui survient en Amérique arrive ensuite en Europe, s’illusionnent grandement dans ce cas d’espèce. Pour notre part, nous n’y croyons pas. Hormis l’immigration extra-européenne dont l’overdose commence à se faire sentir, dans les familles françaises, encore bien tenues par la diffusion des programmes télé du Système, l’empreinte culturelle gauchiste demeure très forte. On l’a vu de nouveau en juin et juillet 2024 lors des élections européennes et législatives, après un coup de gueule « pour la forme » mettant le Rassemblement national massivement en tête au premier tour de scrutin, comme le chien qui grogne parce qu’il se sait protégé par le grillage du chien qui se trouve de l’autre côté mais vire en queue plate à l’ouverture du portail, la plupart d’entre eux ont été retournés en une semaine et ont renoncé à aller jusqu’au bout de la démarche en élisant à la tête du pouvoir exécutif et en majorité parlementaire des hommes qui, s’ils existaient, appliqueraient une politique volontariste impitoyable face au problème, et se résignent donc, encore pour l’instant, à la poursuite du phénomène. Aussi faut-il bien cerner les raisons qui expliquent leur état d’esprit. Elles sont au nombre de trois : 

Le sentiment de l’impuissance

Les Français résignés pensent en premier lieu que l’arrêt de l’immigration extra-européenne est de toute façon impossible : même s’il parvenait au pouvoir un parti « national » serait selon eux impuissant à endiguer le phénomène. Là se situe l’une des explications-clés du fatalisme dont font preuve les Français.

Ces Français résignés sont également sans aucun doute perméables à cette idée – fausse mais matraquée avec constance par la propagande immigrationniste – selon laquelle « l’immigration a toujours existé ».

La résignation se nourrit enfin du fait que tous les Français, même les moins éduqués, savent que dans le passé d’autres grandes civilisations ont disparu, dont il ne reste plus rien : cette constatation les amène à considérer qu’il est vain de vouloir combattre un phénomène ressenti comme inéluctable.

La préférence pour le court terme

L’attitude des Français résignés a un deuxième ordre d’explication : la préférence individualiste pour le court terme, le statu quo, le « fil de l’eau ».

Ces Français ont peur, à l’évidence, des fortes tensions qui naîtraient probablement de l’arrivée au pouvoir d’un parti se donnant pour objectif d’arrêter l’immigration, l’opposition prévisible des médias, des militants « immigrationnistes » et des habitants des « quartiers » risquant alors d’entraîner des troubles graves à l’ordre public et de susciter un climat d’affrontement civil. Par crainte des heurts que provoquerait une politique de rupture, les Français résignés préfèrent le statu quo qui, pensent-ils, maintiendra dans des limites acceptables, au moins à court terme, les désordres et désagréments qu’ils subissent liés à l’immigration. Ils en sont toujours à préférer un malheur connu à un bonheur inconnu. Pour paraphraser Laurent Obertone « Le Français prétend que la violence ne résout rien, parce qu’il croit que sa lâcheté résoudra tout. »

Le choix du statu quo et du court terme est encouragé par le fait que la dégradation de la situation due à cette immigration extra-européenne est certes continue mais reste progressive. Cette progressivité permet de s’adapter au monde qui se met en place. Elle autorise également chaque Français résigné à espérer que la situation restera tolérable pendant la durée de sa propre vie. Qu’importe si ce sont les générations futures qui paieront le prix fort, l’égoïsme individualiste prévaut, et dans ce domaine l’hédonisme, le « jouir sans entraves » et l’indifférence des générations de boomers pour l’avenir a fait des ravages.

La préférence pour le statu quo résulte aussi de ce que la plupart des Français, en choisissant leur lieu d’habitation et en évitant de circuler à certaines heures et dans certains quartiers, parviennent jusqu’à présent, mais de moins en moins, à se protéger des principaux effets catastrophiques de cette immigration (insécurité, dégradation de l’habitat, dégradation du fonctionnement scolaire, dégradation du fonctionnement ferroviaire – trafic interrompu impactant des millions de voyageurs du réseau francilien parce que des crétins sont vus traversant les voies…) : à l’échelle de leur horizon personnel, ces Français peuvent espérer que la dégradation de la situation provoquée par la poursuite du phénomène ne sera pas trop rapide et qu’elle les épargnera pour l’essentiel pendant encore quelques décennies.

Il faut enfin noter que parmi les Français que l’immigration extra-européenne ne réjouit pas, un certain nombre ne parviennent pas à s’extirper de leurs difficultés personnelles (précarité, chômage, surendettement, divorce…) et sont dès lors difficilement accessibles à un quelconque discours politique de rénovation ainsi qu’aux appels à la participation électorale.

La peur de la damnation

Il y a un troisième type d’explication à l’attitude des Français résignés : leur crainte de subir une condamnation morale s’ils rejoignent les rangs de ceux qui veulent contrôler les frontières et préserver notre identité historique. Crainte du rejet de leur entourage. Mais également crainte diffuse, conséquence du masochisme chrétien, de risquer une condamnation dans l’au-delà (laquelle peur vaut probablement pour beaucoup, athées compris). Le païen n’a pas ce genre de cas de conscience.

Les Français résignés ont peur, en effet, en votant pour des hommes qui se proposeraient d’arrêter l’immigration en cours, étiquetés « d’extrême-droite » par les tenants du Système, de voter en quelque sorte pour le « parti du mal » et pour un « nouvel Hitler ». Tout se résume à une simple question de courage, ou de frousse.

Ils sont convaincus plus généralement que, même si l’immigration entraîne de très grosses difficultés, il est moralement condamnable de refuser « d’accueillir » sans discernement, de fermer sa porte à « l’étranger », à « l’Autre », surtout lorsque cet autre est « pauvre ». Cette conviction est profondément ancrée, fruit de la propagande incessante alimentée depuis des décennies par le catholicisme et le protestantisme misérabilistes, les intellectuels cosmopolites et les milieux ayant intérêt à la mondialisation économique. Cet a priori moral peut conduire chacun à effectuer in petto le calcul suivant : faut-il risquer la damnation éternelle en s’opposant à l’immigration, afin de tenter de sauver une civilisation que l’on est de toute façon, à titre individuel, appelé à quitter le moment venu ?

Or, les réalités sont les suivantes

– l’arrêt de l’immigration islamo-africaine est possible et dépend seulement de la volonté d’y procéder, en se libérant préalablement du carcan des lois de Bruxelles de façon à pouvoir rétablir les frontières et leur contrôle, en décrétant toute la jurisprudence en matière migratoire nulle et non avenue, en réformant le statut de la fonction publique afin de pouvoir limoger tout fonctionnaire, haut ou bas, pris à refuser ou freiner l’application de la nouvelle législation, en faisant tomber des têtes pour l’exemple et en le médiatisant, en cessant de financer les associations et ONG immigrationnistes et en réattribuant ces sommes colossales au recrutement des forces de l’ordre nécessaires contre les troubles dans la rue qui naitraient dès lors de la part des forces anarcho-gauchistes, et faire ainsi respecter la volonté électorale qui se serait manifestée, en rompant avec un principe de pouvoir qui a abdiqué le pouvoir au « gouvernement des juges », rappeler au Conseil constitutionnel et au Conseil d’État que leur rôle n’est pas de faire par leurs décisions la politique migratoire du pays, remettre ce petit monde à sa place en lui rappelant qui est le patron, lui rappeler qu’ils sont des fonctionnaires, de serviteurs de l’État et du peuple, et qu’eux aussi peuvent sauter, rappeler à ces juges qu’aucun compte ne sera tenu de toute décision de leur part qui serait contraire à la volonté exprimée par la majorité électorale. Ça s’appelle avoir des couilles ; 

– la gravité et l’urgence de la situation ne laisseront personne à l’abri très longtemps, et rendent donc non pertinent le choix du statu quo ; 

– la volonté de continuer à exister en tant que peuple et en tant que civilisation n’est en rien moralement condamnable.

La difficulté de cette prise de conscience n’échappe à personne (la mainmise sur les médias des tenants de l’immigrationnisme laissant en outre à ces thèses peu de possibilités d’expression) : quel est le discours qui pourra conduire un grand nombre de nos compatriotes à refuser le fatalisme, à sortir de la passivité et de l’individualisme, à échapper, dans un sursaut de dernier instant, à la logique du défaitisme, du déclin, de l’effacement ?