Le genre cinématographique des films américains dits d’ « auto-défense » (Vigilante movies), a été très populaire à la fin des années 1970. Il s’agit d’un genre dans lequel le personnage principal pratique la justice personnelle. Ce sont généralement des films de vengeance dans lesquels le système judiciaire fait défaut aux victimes, ce en quoi il est conforme au réel, et les amène à devenir des justiciers. Ce genre a pris de l’importance à l’époque avec des films fondateurs comme Un Justicier dans la Ville (Death Wish, Charles Bronson, 1974) ou L’Inspecteur Harry (Dirty Harry, Clint Eastwood, 1971). La vengeance de justiciers a été le thème cinématographique de la décennie. Vigilante, sorti en 1983 s’inscrit dans ce prolongement. Et il est jouissif de revoir ce genre de films aujourd’hui parce que de nos jours le système judiciaire est toujours aussi défaillant, refusant de neutraliser la canaille, rempli de prévenance pour celle-ci en application de la célèbre « harangue du juge Baudot », et de suspicion pour le protecteur des honnêtes gens. A défaut de trouver la justice dans notre monde réel, on se console comme on le peut. Et dans notre frustration, rien ne fait davantage plaisir que de voir des crevures déguster. D’où le succès populaire de ce genre.
Dans Vigilante, Eddie Marino est un modeste électricien vivant paisiblement à New-York avec son épouse Vicki et son fils Scott. Il a pour ami et collègue Nick, qui a formé avec d’autres personnes un groupe d’auto-défense qui pourchasse proxénètes, gangs et trafiquants de drogue et se substitue à une police qui échoue à protéger les victimes. Mais la vie d’Eddie va basculer quand le gang mené par un certain Rico s’introduit chez lui, tue Scott d’un coup de fusil, et agresse brutalement Vicki qui précédemment était intervenue et avait giflé Rico alors que ce dernier agressait un pompiste. Le chef du gang est arrêté peu après le drame et doit passer en jugement pour le meurtre du garçonnet ainsi que l’agression de Vicki. Mais à cause d’un système judiciaire corrompu, Rico plaide coupable uniquement pour l’agression et obtient une peine de deux années de prison avec sursis. Eddie, qui jusque-là croyait en la justice, est fou de rage et tente de s’en prendre au juge Sinclair, qui a instruit le procès.
Ayant pris trente jours de prison pour outrage à magistrat, Eddie parvient à survivre à l’univers carcéral grâce à Rake, un détenu qui le sauve d’une agression sexuelle de la part d’autres prisonniers. À sa sortie, bien qu’ayant auparavant refusé d’entrer dans le groupe d’auto-défense, Eddie décide finalement de se joindre à eux afin de traquer Rico, ainsi que Prago le meurtrier de son fils, et Sinclair, le juge corrompu. Il retrouve la trace de Rico dans un appartement miteux et l’abat mortellement de plusieurs balles. Pensant que Rico a été abattu par des flics ripoux, Prago fait tuer brutalement deux policiers en patrouille en représailles.
Peu après, Vicki, rétablie mais choquée, sort de l’hôpital et quitte Eddie, refusant de revenir vivre dans la maison où leur fils a été tué. Dégoûté de lui-même après le meurtre d’un homme et craignant d’être traqué par le gang, il décide de quitter la ville et décline l’offre de Nick de rester aider le groupe. Par hasard, il retrouve Prago à bord d’une camionnette et le traque au terme d’une course-poursuite qui se finit dans un chantier : là, Eddie coince Prago, qui lui avoue avoir tué son fils. Eddie l’élimine en le jetant d’une tour.
La vengeance d’Eddie trouve un terme lorsqu’il tue Sinclair en faisant exploser sa voiture dans un parking du palais de justice avec une bombe. Regardant au loin dans sa camionnette, Eddie quitte les lieux et part vers une destination inconnue. Vigilante existe en doublage français bien sûr. Si vous en avez l’occasion, ne manquez pas de le voir.

