Selon Thucydide citant un roi de Sparte, une nation qui fait distinction entre ses érudits et ses guerriers verra ses réflexions faites par des lâches et ses combats menés par des imbéciles.
Les devantures des librairies témoignent du Grand Effondrement de l’instruction en France. Plusieurs titres évoquent une cruelle réalité, l’indéniable déclin scolaire, avec Jean-Paul Brighelli auteur de La Fabrique du crétin – Vers l’Apocalypse scolaire Tome 2 (après La Fabrique du crétin – La mort programmée de l’école publié en 2005), La grande garderie de Lisa Kamen-Hirsing, en passant par Eve Vaguerlant auteur de Un prof ne devrait pas dire ça : Choses vues et tues dans l’Éducation Nationale…
Le constat est accablant. Qu’elle soit publique ou privée sous contrat, l’école percluse d’injonctions officielles politiquement correctes en faveur du « climat », de la planète, du « vivre-ensemble », voire des punaises de lit stigmatisées, plonge dans la plus grande médiocrité. Ce désastre magistral frappe plusieurs générations, et affecte directement le militantisme nécessaire à la remise à l’endroit du pays. Le pouvoir forme des idiots moulés dans le conformisme, prêts à avaler la pensée prémâchée qu’il fait servir par tous les canaux possibles, c’est à son avantage, c’est autant de monde qui ne se révoltera pas.
Coller des stickers et des affiches, manifester dans les rues, distribuer des tracts, demeurent des initiatives presque vaines si en parallèle une solide formation militante n’est pas donnée sur le long terme. Longtemps, les mouvements politiques ont engagé du personnel et des moyens dans des cours d’enseignement politique. Le Parti communiste français avait sa fameuse « École des cadres », véritable vivier pour ses éléments les plus prometteurs. L’Œuvre française de Pierre Sidos, comme d’ailleurs les différentes chapelles de l’Action française, exigeaient des lectures obligatoires hebdomadaires ou mensuelles avec un compte-rendu écrit ou oral à la clé. Dans les années 1990, le Front national misait beaucoup dans ce domaine avec l’organisation estivale d’universités tenues par le FNJ, le Conseil scientifique du parti, et la revue Identité.
Diverses structures de formation militante existent aujourd’hui, mais elles sont liées à des acteurs ou à des formations politiques discrédités par les cinq décennies politiques que nous venons de traverser, des gens chez qui nous ne voyons aucune sortie de crise pour la France, car ils sont externes au courant identitaire nationaliste sensible au paganisme européen et ne feraient que maintenir le pays, malgré des différences d’apparence, dans des mains de même nature que celles qui l’ont démoli.
Aujourd’hui, l’initiative de formation qui nous apparaît la plus intéressante pour notre sauvegarde identitaire est celle de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne. L’Institut Iliade accueille une promotion sur deux ans. Contre des frais engagés, les participants doivent réserver quelques samedi et dimanche pour suivre des cours et autres allocutions. Chaque inscrit s’engage en outre à réaliser un travail personnel sous la forme d’un essai concis, d’un court-métrage, ou la tenue d’une exposition ou d’un séminaire.
Après des années de désintérêt manifeste, le domaine crucial de la formation intellectuelle et politique d’où doit sortir un jour « l’homme providentiel » nécessaire au sauvetage de la France, suscite enfin quelques belles initiatives. C’est la raison pour laquelle il faut s’en féliciter et appeler à l’éclosion au sein des périphéries « non conformes », d’autant de formations que possible, inévitablement concurrentes mais aussi complémentaires. A notre modeste échelle, c’est à ce mouvement de multiplication des outils d’éveil et d’apport qualitatif que nous souhaitons participer à travers nos publications, puisant à de nombreuses sources et dans notre expérience personnelle. L’urgence nécessite la constitution d’élites nouvelles capables prochainement de s’imposer, des hommes de simarre et d’épée selon les mots de Colbert. En temps de crises majeures, multiples, l’outil internet, conjugué à l’édition papier qu’il importe de conserver, se révèle pour la circonstance être un atout précieux.

Institut Iliade
