On apprenait le 1er janvier dernier que le préfet du Rhône a entrepris de sanctionner sévèrement sept communes qui refusent de s’infliger les obligations de construction de logements sociaux voulues par l’État afin de répandre la mixité sociale là où elle ne fait pas encore bénéficier de son « enrichissement ». Car on devine bien à qui ces logements sont destinés désormais (nous ne sommes plus à l’époque du boom immobilier d’après-guerre des années 1950-1960), pas uniquement à des « Gaulois » en difficulté. Il faut bien répondre aux besoins qui s’annoncent avec la submersion migratoire extra-européenne organisée par les instances de Bruxelles. Il faudrait donc répartir entre toutes les communes l’effort de prise en charge des « désœuvrés », maintenant que les zones urbanisées ont été rendues irrespirables. La chose illustre l’opposition entre deux visions de la France, deux visions de la démocratie, la vision de la « transition démographique » et du diktat, face à la vision respectueuse de l’identité des villages et de la liberté de décider qui vient vivre ou non dans ces communes.
Sept villes donc n’acceptent pas de prendre leur part de logements sociaux. Et dès lors, le préfet local a décidé d’embrasser la posture punitive, en somme : « Vous allez devoir les construire, et non seulement je vais vous les imposer mais pour cela, moi, représentant de l’autorité de l’État, je fais mien un pouvoir qui était le vôtre jusqu’à présent, celui de la délivrance des permis de construire des logements collectifs, et je vais les distribuer beaucoup plus généreusement, en délivrant le territoire de vos égoïsmes municipaux, puisque vous n’êtes pas encore au courant de la richesse de la diversité ». Ce préfet annonce également qu’elle va appliquer une forme de pénalisation financière punitive sur ces communes : « Si vous n’acceptez pas la consigne de l’État en matière de logements sociaux, non seulement on vous retire des pouvoir mais en plus vous allez en payer le prix (sur le plan des taxes, impôts, subventions non attribuées…).
D’un point de vue de gauche, on présente cela comme un enjeu de « justice sociale », les « riches » doivent aider les « pauvres ». Mais est-ce véritablement de cela dont nous parlons ici ? Pas du tout. On parle dans les faits d’implanter à travers les logements sociaux une communauté issue de l’immigration dans chaque ville, commune, en laquelle on voit la capacité de faire cet accueil. Ce qui est plus qu’une transformation de sa composition sociale, démographique, culturelle, à la lumière d’une expérience partagée maintenant de longue date : lorsque l’on construit quelque part de tels logements, de manière précipitée, cela correspond à peu près systématiquement à la construction d’un ghetto (nous renvoyons le lecteur à notre autre article La loi naturelle contre le melting-pot). Ce que l’on nous dit finalement c’est que sous prétexte de répartition de l’effort, il y a cette idée que chaque ville désormais qui espérait se protéger d’une manière ou d’une autre (des contorsions administratives ou techniques existaient) ne peut plus le faire, chaque ville doit accepter l’implantation d’un ghetto chez elle.
On le sait, quand la composition démographique, culturelle et sociale d’une ville change, il y a aussi une baisse généralement admise de la sécurité et de la civilité. Ce n’est donc pas parce que les gens manquent de coeur qu’ils disent « de grâce, pas trop de logements sociaux chez nous », c’est parce qu’ils ont eu l’occasion de voir ailleurs ce que voulait dire la transformation accélérée d’un lieu sous cette pression démographique culturelle et sociale, et ils veulent dès lors éviter que leur ville elle-même rejoigne le mouvement national vers la « neuf-troisisation » de la France (référence évidemment à la transformation en un cloaque similaire à ce qu’est devenu le département 93, la Seine-Saint-Denis).
Mais ce qui est particulier c’est que cela s’inscrit dans une logique plus vaste. Rappelez-vous de l’idée de répartition des « migrants », chaque fois que l’État veut implanter un centre dédié à cela, on voit une réaction très vive d’une partie de la population locale (celle qui n’a pas la cervelle frelatée par les idéaux gauchistes) qui se mobilise en disant qu’elle ne veut pas de cela, et l’on voit les manifestations pour s’opposer à ces implantations, de plus en plus souvent purement et simplement interdites. La mobilisation populaire démocratique pour s’opposer à l’implantation d’un centre qui dans les faits transforme fondamentalement la vie d’un territoire est de plus en plus interdite parce que, selon le prétexte fourni, elle serait organisée par « l’extrême-droite ». Dans la même logique, n’oubliez pas l’interdiction souvent de manifester contre l’insécurité si l’on fait un lien entre celle-ci et l’immigration autour d’un évènement. Il faut avoir tout cela à l’esprit pour comprendre que c’est un dispositif autoritaire qui se met en place aujourd’hui, pour forcer chacun non pas à prendre sa part de l’effort national mais pour participer à la grande transformation démographique de la France, il s’agit d’une transformation imposée, forcée, et les pouvoirs locaux qui sont souvent des pouvoir plus démocratiques quoi qu’on en dise, sont désormais matés par une autorité administrative qui se croit supérieure et qui au nom du « bien de la France décide de casser le droit de chacun à vouloir avoir une ville qui lui ressemble un peu.
Derrière cette décision du préfet du Rhône, on trouve donc une vision très orientée du rôle de l’État. Mais quel est la fonction de l’État ? Est-ce d’organiser les paramètres d’une société pour favoriser ensuite la libre interaction d’individus que l’on suppose majeurs, avec une culture qui les animes ? Ou bien est-ce de construire la société de force, la planifier sous le signe de l’ingénierie sociale ? Ici, l’État se dit qu’il va construire une France qui résiste à sa « reconstruction ». L’État déconstruit pour reconstruire selon des vues idéologiques. Et à ceux qui s’opposent à cette déconstruction/reconstruction, il utilise de la censure. Avec évidemment une partialité d’une malhonnêteté totale : il y a peu, une manifestation de clandestins contre la loi Immigration à qui l’on a laissé libre cours, et de l’autre côté des gens qui veulent s’opposer à l’immigration massive dont la manifestation a été interdite. Les clandestins, qui par définition n’ont pas le droit de se trouver ici, peuvent manifester librement, mais le citoyen français qui dans l’exercice de ses droits civiques veut s’opposer à la transformation en profondeur de l’identité de son pays, est muselé. C’est la démonstration que l’État ne résiste pas à l’immigration massive. Dans cette affaire il n’est pas sans pouvoir, mais il considère qu’il doit l’utiliser pour pénaliser, casser, administrativement, juridiquement, financièrement, ceux qui s’opposent à la submersion migratoire extra-européenne. C’est une orientation idéologique très fixée, avec cette particularité, en France mais aussi ailleurs, de l’écart de plus en plus marqué entre les préférences idéologiques de la classe dominante et les préférences de la grande majorité de la population.
Alors s’agit-il d’une fatalité ou d’un projet ? Il serait temps que qui croient encore que les « élites » font ce qu’elles peuvent face à un mouvement qui les dépasse, finissent par se réveiller. Avec le discours explicite de l’Union européenne qui fait de l’immigration massive un projet, quand on a des gouvernants qui disent qu’il faut répartir les « migrants » dans la population et que l’on va développer des « soviets de la diversité », des « kibboutz de la diversité idéale », quand on a des organisations qui développent des « guides de communication » pour le commun des mortels, pour expliquer aux ruraux apparemment têtus, que l’on présente comme des bouseux, pourquoi devenir un « 93 » est l’horizon désiré de la France, le doute n’est plus permis. Avec tout cela à l’esprit, on constate que l’État n’est pas aussi faible qu’on le dit en France, c’est simplement qu’il est fort envers les Français et volontairement faible envers ceux qui ne respectent pas nécessairement les droits des Français.
L’État jacobin veut construire la société sous le signe d’une volonté de fer, avec une vocation dont il se voit détenteur à supplanter la société réfractaire. On parle souvent aujourd’hui en sciences sociales de l’ « État thérapeutique », qui considère que la population est composée globalement de gens qui sont sous-éduqués, n’ayant pas la compétence civique suffisante pour vivre en démocratie, et qu’il faut rééduquer et orienter à temps plein pour en faire des citoyens un jour dignes de la démocratie. L’État met son pouvoir à nous expliquer de façon assez autoritaire, de quelle manière manger, quoi manger, quoi boire, quelle pensée on doit avoir et quelle arrière-pensée on ne doit pas avoir, les conditions pour rénover notre logement, l’Union européenne se mêle de légiférer sur le bois de la boîte de camembert, à quelle heure faire tourner son lave-linge, etc. On voit le pouvoir immense que s’accorde désormais l’État d’entrer dans l’intimité, un pouvoir qui se fait très directif, un État qui se permet de réguler tout mais qui devant les grands mouvements historiques auxquels il devrait s’opposer ou qu’il devrait chercher à maîtriser, non seulement il ne s’y oppose pas mais il les accompagne et les accélère, jusque sur la question de la fiscalité, qui peut sembler une question technique jusqu’au jour où l’on a l’impression de se faire dévaliser par le fisc. La fiscalité n’a plus seulement pour but aujourd’hui de donner des moyens à l’État pour exercer ses fonctions régaliennes, elle est utilisée pour orienter le comportement des uns et des autres, on va taxer davantage le foncier que les valeurs mobilières pour décourager l’enracinement, pour décourager le fait d’avoir des propriétés parce que l’on veut une « citoyenneté moblie, fluide ». L’État en France est une espèce de « père bureaucrate » qui nous dit exactement quoi faire. On aimerait qu’il redonne « un peu » d’oxygène au commun des mortels. Mais on constate justement que lorsqu’un système décide de dire « vous allez à tout prix avoir votre ghetto chez vous et son cortège de nuisances au nom de la solidarité diversitaire », on est assez loin de cet idéal de liberté.
