La pensée de gauche, depuis l’époque des « Lumières », s’est faite spécialiste dans la conception d’un vocabulaire militant manipulateur (lire notre article La fraude des mots, répertorié dans la thématique Désinformation, Manipulation, Propagande). L’expression « sans-papiers » était à ce jour l’avant-dernière forgée dans cet esprit, pour jouer sur le misérabilisme, l’émotionnel, et faire pleurer le mouton sous perfusion des médias systémiques, manière bien sûr de faire passer l’idée qu’il est anormal que les clandestins n’aient pas de papiers, et qu’il est donc nécessaire de les régulariser dans la nationalité française, sans discernement d’origines, de compatibilité culturelle, religieuse, de nombre, etc. Nous ne sommes pas dupes, la ficelle est grosse comme un cuisseau de bœuf. On voit dans quels problèmes ce refus de discerner entre un immigré européen et extra-européen a mené la France aujourd’hui. Depuis, le militantisme gauchiste a, comme on sait, actualisé son verbiage, avec le nouveau terme « migrants » (anglicisme de immigrant).
La façon dont est abordée, gérée, et non résolue aujourd’hui la question des clandestins est un des nombreux exemples emblématiques des dérives de la société française, et de l’exploitation que font différents rouages du système de l’incohérence de ses réglementations. Pour ne parler que du cas des Algériens dans un passé récent, selon une déclaration de l’Ambassadeur de France en Algérie en date du 11 juin 2007, rapportée par le quotidien El Watan, déclaration à laquelle ni son auteur, ni une quelconque instance des autorités françaises n’ont apporté de démenti ou de rectificatif, 350 000 algériens étaient à l’époque présents clandestinement en France. Rappelons que la présence clandestine était encore à l’époque un délit, qui n’avait pas été abrogé par la scélératesse de François Hollande et Manuel Valls. L’illégalité de tous ces clandestins étant le point juridique qui précède et domine l’ensemble de leur parcours administratif, social, et salarial dans le pays, ce parcours n’avait donc dans l’absolu aucune valeur et se retrouvait formellement entaché d’illégalité lui aussi. Et pourtant…
Alors que tous les habitants légaux de ce pays sont abondamment répertoriés et enregistrés par les diverses administrations, de l’Insee à la Sécurité sociale, en passant par les Préfectures, l’URSSAF, les Impôts, la Banque de France, le système scolaire, les services municipaux, la CAF, etc. et qu’il serait enfantin de savoir qui peut à juste titre être présent sur le territoire national, les cas de clandestins assurés sociaux et contribuables (un comble !) sont de plus en plus répandus. Dans un sursaut clientéliste collant à la colère qui monte, le ministre de l’intérieur actuellement en poste avait dit souhaiter « suspendre les prestations sociales perçues par les étrangers sous OQTF ». On apprend donc (car ce genre de dispositions folles sont toujours prises dans les dos des Français) qu’ils en perçoivent ! Comment de telles aberrations deviennent-elles possibles ? ! Démonstration par deux exemples :
Des chefs d’entreprises emploient des clandestins, parfois sans le savoir s’ils présentent de faux documents, ou bien en plein connaissance de cause, alors que ces derniers n’ont bien évidemment aucune autorisation de travailler. Alain Fontaine, président de l’Association des restaurateurs et propriétaire du restaurant Le Mesturet à Paris, a réclamé le 14 juillet 2022 et le 1er novembre 2022 la régularisation des « sans-papiers » (les clandestins étant dans leur immense majorité depuis cinquante ans africains ou maghrébins, on peut à ce propos et à juste titre se demander pourquoi cette profession de félons ne veut pas embaucher davantage de « Gaulois » et tient tant à ce personnel importé ?). Les divers services de l’État enregistrent donc chacun de leur côté, sans recoupement des fichiers, sans vérifications, des gens qui n’ont pas l’autorisation de séjourner en France, et perçoivent leurs cotisations.
Jusqu’à l’abrogation du délit de présence illégale par François Hollande et Manuel Valls, la loi commandait donc l’expulsion des clandestins du territoire national. Mais d’autre part, les établissements scolaires avaient l’obligation de recevoir les enfants qui s’y présentaient sans tenir compte de la situation légale ou non des parents. Le Réseau éducation sans frontières sollicitait des enseignants militants amis pour recevoir ces enfants clandestins au mépris des réglementations que le système impose pourtant à tout Français en matière de carte scolaire. Lors de la procédure d’inscription, les chefs d’établissement complices et l’Inspection Académique avaient donc obligatoirement connaissance du caractère clandestin de certaines familles. Mais l’armée de petits soldats socialistes s’en tenait à l’obligation de scolarité et ne signalait donc pas ces cas. D’un point de vue pénal, ils se rendaient ainsi complices de l’infraction à la législation sur les étrangers, et devaient selon l’article du code pénal sur la complicité être poursuivis comme les auteurs de l’infraction que sont les parents en situation irrégulière, et punis de la même peine. Les enfants devaient certes être scolarisés dès que possible en attendant leur départ (un enfant ne doit en effet pas rester sans instruction scolaire, si minime soit-elle), mais cela aurait dû être fait à domicile ou dans des centres spécialisés qu’il aurait fallu créer, puis dans leur pays d’origine via le retour de toute la famille chez elle au plus tôt. Dès lors, bien que tout ait été fait sur la base d’une situation initiale d’illégalité, les soutiens gauchistes très organisés de ces clandestins clamaient qu’ils doivent être tous régularisés au prétexte qu’ils ont pourtant travaillé, cotisé, payé des impôts, ou que leurs enfants sont scolarisés ici.
La mécanique était parfaitement rôdée, et elle a été souvent reprises dans les conflits du travail. Dans les entreprises où éclatait un conflit social impliquant des salariés clandestins, le caractère coupable des chef d’entreprises qui se livraient à ces embauches de clandestins en toute connaissance de leur interdiction de travailler était établi par le fait qu’un même individu pouvait avoir une identité (la fausse) sur son contrat de travail et son bulletin de salaire, et une autre identité (la vraie) dans les coordonnées administratives de la société pour les virements bancaires de ses salaires (car il n’est pas évident d’ouvrir un compte bancaire avec des papiers falsifiés), sauf à les payer au noir et en espèces. Au lieu de couper court immédiatement à cette fraude par la sanction des employeurs hors-la-loi et par l’arrestation des clandestins, l’autorité préfectorale et le gouvernement laissaient placidement la situation s’installer et atteindre le point de non-retour médiatique à suivre. Les meneurs syndicaux alertaient leurs relais médiatiques qui faisaient l’étalage de ces situations, puis le sujet disparaissait ensuite de l’actualité lorsque dans la discrétion des administrations, tous ces clandestins échappaient à l’expulsion. Ainsi en a-t-il été jusqu’à ce que le maintien illégal sur le territoire ne soit plus une infraction pénale.
On n’avait jamais vu une semblable entreprise militante pour les clandestins venant de pays d’Europe, beaucoup moins nombreux, qui antérieurement au cours de XXe siècle ont pu poser le pied sur le territoire français. On sait comment les choses ont pris une toute autre dimension depuis quelques années avec l’organisation financée, par la France et l’Union européenne, d’un véritable transit de « migrants » africains par les ONG telles que SOS Méditerranée alliées de mafias de passeurs, déversant sur notre continent des foules qui feront le bonheur de patrons négriers (alors que nous avons depuis cinquante ans des millions de chômeurs) tout en réalisant la transformation de nos pays en sociétés multiraciales contre-nature irrespirables gangrénées par l’insécurité et le crime. L’ensemble relève, comme tout ce qui est fait par les gouvernements et les parlementaires, de la forfaiture la plus complète.
