Le philosophe et essayiste Suisse Eric Werner, qui s’est exprimé sur l’insécurité en tant qu’outil gouvernemental de contrôle social, avait assurément lu l’historien et journaliste américain Samuel Todd Francis (1947-2005), concepteur du terme anarcho-tyrannie. Terme utilisé par Samuel T. Francis pour faire référence à une situation de dictature armée sans État de droit, ou à une synthèse hégélienne lorsque l’État régule de manière tyrannique ou oppressive la vie des citoyens tout en étant incapable ou refusant d’appliquer la loi fondamentale de protection. Les commentateurs ont invoqué ce terme en référence à des situations dans lesquelles les gouvernements se concentrent sur la confiscation des armes au lieu d’arrêter les pilleurs. De par ses opérations nationales d’abandon d’armes à l’État (la dernière en date en novembre 2022) appelant les Français à déposer leurs armes dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie, on voit que la France et son niveau dramatique d’insécurité s’inscrit parfaitement dans la définition de Samuel T. Francis. Notre auteur introduit le concept d’anarcho-tyrannie dans le vocabulaire politique et le définit de la façon suivante : « On refuse de contrôler les véritables criminels (la face anarchique de la médaille) et on se rabat sur les innocents (sa face tyrannique).
Voici un petit résumé pour ceux qui veulent comprendre pourquoi la police a l’ordre de harceler l’honnête citoyen qui va travailler parce qu’il a un pneu lisse… et de ne pas traiter des zones (les fameux « territoires perdus de la République ») où la malfaisance a la bride sur le cou.
Les lois censées protéger les citoyens contre les criminels ne sont souvent pas appliquées, même si l’état est parfaitement en mesure de le faire.
L’état instaure progressivement tyrannie et oppression par l’application de lois telles que :
- la criminalisation de ceux qui respectent la loi,
- l’imposition (fiscale) exorbitante,
- une réglementation bureaucratique,
- le viol de la vie privée,
- le sabotage d’institutions sociales, telles que la famille ou les écoles de proximité,
- l’imposition du contrôle des esprits par le truchement de la “formation à la sensibilité” et la rivalité multiculturelle,
- la création de lois sur l’incitation à la haine, ou contre la détention d’armes à feu, le désarmement des citoyens qui sont par ailleurs respectueux des règles (des lois qui n’ont en revanche aucun impact sur les criminels violents qui obtiennent des armes de manière illégale).
Samuel T. Francis avance que cette situation concerne l’ensemble des États-Unis et l’Europe.
Alors que le gouvernement fonctionne normalement, le crime violent fait de plus en plus partie du « paysage », produisant un climat de peur (anarchie).
Samuel T. Francis complète en indiquant que « les lois qui sont censées protéger les citoyens ordinaires contre les criminels ordinaires ne sont souvent pas appliquées, même si l’état est parfaitement en mesure de le faire ».
Tandis que les criminels et autres délinquants continuent leurs ravages, les instances dirigeantes concentrent leur attention sur les citoyens respectueux des lois.
Les lois qui sont au final appliquées sont celles :
- qui étendent ou amplifient le pouvoir des alliés de l’État et des élites internes,
- qui punissent les éléments récalcitrants et désignés comme pathologiques (tous ceux qui s’obstinent à se comporter en fonction des normes traditionnelles).
En résumé, tous ceux qui :
- rechignent à payer toujours plus de taxes et d’impôts,
- refusent de confier leurs enfants à l’école publique (l’éducation nationale) et à sa manipulation,
- possèdent ou conservent des armes à feu,
- déploient le drapeau de leur pays*,
- mettent une fessée à leurs enfants,
- décorent des sapins de Noël,
- citent la loi (le Code pénal),
- n’aiment pas attacher leur ceinture en voiture, etc.
Les instances dirigeantes concentrent leur répression sur les citoyens respectueux des lois, sans parler des personnalités politiques dissidentes qui se présentent aux élections et s’efforcent d’agir contre l’immigration de masse en provenance du tiers monde.
Samuel T. Francis développe l’idée selon laquelle l’anarcho-tyrannie est intrinsèquement liée au système en vigueur et ne peut être éliminée en combattant simplement la corruption ou en votant contre les élus en poste.
Selon lui, le système produit un “conservatisme” factice, qui encourage les gens à rester passifs.
Sa conclusion est qu’une situation juste et saine ne peut être rétablie qu’en rendant le pouvoir aux citoyens respectueux des lois.
*NDLR On se souvient des images surréalistes de policiers français arrachant des mains de manifestants en diverses occasions le drapeau national, et même le piétiner pour l’un d’eux.
