Hommage aux morts dans le folklore celte

Samhain est l’une des quatre fêtes* religieuses majeures qui jalonnent l’année chez les Celtes. Dans le calendrier de Coligny, table de bronze datée du IIe siècle de l’ère chrétienne et qui est un témoignage archéologique de première importance pour la connaissance de la civilisation celtique, la fête apparaît sous le nom de Samonios. Elle est tout à la fois le début et la fin de l’année, le mot signifie « fin de l’été », mais aussi « rassemblement, réunion ».

Dans la nature, les dernières récoltes ont été engrangées. Les champs sont nus ; les feuillages tombent, la sève descend dans la terre… chaque plante se prépare au long hiver qui est à nos portes. Avec Samhain commence le temps du gel et du feu de bois. C’est, dans une civilisation rurale, une date repère : les troupeaux abandonnent leurs pâturages d’été et sont conduits à l’étable ; le foin destiné à les nourrir est entassé ; les animaux destinés à la table sont tués. D’autres s’envolent pour des climats plus chauds, d’autres vont hiberner. Toute la nature se met au repos.

Tout comme une nouvelle vie commence dans l’obscurité du ventre maternel, la nouvelle année débute dans le giron obscur du ventre de la Terre-Mère. Dans les temps anciens, cette période était marquée par une baisse d’activité de nos ancêtres qui en profitaient pour passer de longues soirées à conter, à réaliser des créations artisanales, à réparer, à chanter et jouer de la musique, à rêver… Leur part créative, leur part de rêve, en d’autres termes, leur intériorité, pouvaient alors s’exprimer. La saison sombre correspond dès lors au moment où notre monde intérieur, fait de rêve et de désir d’âme, s’expriment.

De nos jours, il est utile de consciemment ralentir notre rythme lorsque Samhain et la saison sombre s’annoncent afin de vivre davantage au rythme de la terre notre Mère et de profiter de sa sagesse. Cela peut-être encore plus profitable aux personnes qui ont du mal à apprécier les saisons automnale et hivernale.

Samhain est le moment où nous honorons le passé, nos ancêtres, et tout ce que nous avons accompli durant l’année écoulée. Dans l’esprit celte et dans une optique de religion de la terre, ce n’est pas une fête triste et morbide. La mort fait partie de la vie ; elle est le milieu de la vie. Il y a là aussi une grande leçon de sagesse à apprécier. Lors de Samhain, le voile qui sépare notre monde de l’Autre est des plus fins ; il nous est alors possible de nous relier plus facilement aux mondes invisibles.

La commémoration des morts du calendrier grégorien placée le 2 novembre, à proximité de Samhain, est la reprise évidente de cette dernière qu’il fallait effacer de la mémoire collective dans l’entreprise d’imposition du christianisme, véritable viol culturel et spirituel des populations de notre continent. 

Halloween, fête originelle (jour ou le monde des vivants et celui des morts se rencontrent) importée par les immigrants irlandais aux États-Unis a été totalement pervertie par le matérialisme yankee et la névrose judéo-chrétienne qui ont donné un tour grand-guignol macabre et sataniste à cette fête ludique de l’union nécessaire entre les disparus et leurs descendants.

*Le paganisme célèbre également quatre autres fêtes à l’occasion des deux équinoxes (Ostara et Mabon) et des deux solstices (Litha et Yule).