Les mânes d’Édouard Herriot pourrissent toujours l’activité politique française

Nous nous sommes toujours insurgés contre la funeste citation de Édouard Herriot (1872-1957), homme politique français de gauche (Parti radical) :

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop ».

C’est parce que tous ceux qui en France font profession de la politique vénèrent cette conception lamentable de leur activité, parce que la politique n’attire à elle que des gens dotés d’un tel mental (les gens honnêtes n’y vont pas parce qu’ils savent qu’ils n’ont rien à y faire), que nous vivons dans ce bain infect d’affaires, de corruption, de détournements de l’argent public et de malversations. Nous maintenons au contraire que l’homme politique doit être un modèle de vertu, totalement vertueux.

Bien et Mal

Autrefois nettement tranchées, aussi distinctes que le noir et le blanc, les notions de Bien et de Mal s’estompent. La généralisation de la corruption dans le monde politique, et dans celui des affaires aussi avec lequel il finit par se confondre, a banalisé la corruption au point que non seulement elle n’est plus infamante, mais apparaît plutôt comme une preuve d’intelligence et de savoir-faire.

— Ghislain de Diesbach (Petit dictionnaire des idées mal reçues)

L’artifice des démagogues

C’est selon nous une excellent définition de ce qu’est la notion de « projet ». Nous vivons dans le « projet » de celui qui a hurlé sans maîtrise de sa voix – car il n’est pas un tribun mais un simple beau parleur : « Parce que c’est notre projeeet ! Chaque parti politique dans nos démocraties a un « projet ». Aucun malheureusement ne se soucie du réel qui, pour sa part, ne demande aucun projet, mais seulement de la vigilance et de l’esprit de décision. Le « projet » offre l’avantage de discuter dans le vide et de remettre au lendemain, voire à l’année suivante, des actions qui devraient être aussi promptes que vigoureuses.

La nostalgie de la misère et du malheur

C’est ce dont la France est frappée. De là le goût des Français pour les peuples pauvres et pour les œuvres humanitaires, jusqu’à mépriser la santé de leur propre nation et à en être oublieux. La vue d’un Bernard Kouchner alors ministre de la Santé en 1992 tout sourire pour la photo débarquant en Somalie dans une écœurante mise en scène médiatique un sac de riz sur l’épaule, les mit en extase.

Nausée…

Cette « envie de vomir », suivant la définition du Larousse, était jusqu’à présent le propre des femmes enceintes et des goinfres ayant fait trop honneur à un repas. Le funeste Jean-Paul Sartre lui a donné l’exposition que l’on sait, et depuis la « nausée » est devenue le symbole du dégout de l’honnête homme, au sens actuel du mot, face à certains phénomènes comme la classe politique et le journalisme français.

Le présent est hideux, le futur pourrait bien l’être davantage

Si les années passées suscitent autant de nostalgie, ce n’est pas à cause de la mode ou des cassettes audio… C’est parce que la vie se vivait pleinement, dans le réel.

On se croisait dans la rue, pas sur une application. On s’écrivait des lettres, pas des messages instantanés. On disait « je t’aime » les yeux dans les yeux, pas à coups de likes. On se regardait vraiment, sans écran pour faire écran.

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Attentat

Un attentat n’inquiète que dans la mesure où il n’est pas revendiqué. Les commentateurs de la radio retiennent leur souffle en attendant de savoir qui l’a commis, puis lorsqu’ils l’apprennent on devine, à leur ton, un soulagement… Tout rentre dans l’ordre des choses.

— Ghislain de Diesbach (Petit dictionnaires des idées mal reçues)

Auto-destruction

Passe-temps auquel, encouragés par les autorités civiles et religieuses, ainsi que par les écoles de pensée, les Français se livrent avec masochisme, allant d’une repentance à l’autre au point qu’ils en viendroint à considérer leur propre existence comme une fatale erreur.

— Ghislain de Diesbach (Petit dictionnaire des idées mal reçues)