Le paganisme peut être un athéisme esthétisé mais en pratique c’est rarement le cas. Les païens croient en une immanence mais, à la différence du christianisme ou du monothéisme en général, cette croyance n’est pas bornée dans un dogme. Elle est multiforme, curieuse et évolutive. La plupart des païens sont panthéistes, ils cherchent le divin en eux et autour d’eux, fondamentalement c’est une spiritualité de l’émerveillement.
Concernant les dieux, les païens ont chacun leur niveau de compréhension des mythes : entités réelles, incarnation des forces de la nature, incarnation des principes universels/métaphysiques (ordre, chaos, etc.), archétypes, etc.
Le dualisme est étranger au paganisme, qui ne croit pas que le cosmos se résume à deux principes antagonistes (bien/mal), mais à une multitude complexe. La force créatrice de la vie est un de ces principes cosmiques.
En pratique, le paganisme n’est pas une orthodoxie mais une orthopraxie, ce n’est pas le credo qui fait sens mais les rites qui sont le moyen principal de relation au sacré, peu importe ce que vous mettez derrière ce terme. C’est difficile à concevoir dans une société christianisée depuis aussi longtemps que la nôtre, mais c’est la spiritualité originelle commune à toute l’humanité et encore trés répandue (hindouisme, shintoïsme, etc.).
Fondamentalement le païen ne pense pas que la Vérité lui soit accessible dans son entièreté, et il rejette les vérités révélées qu’il considère naïves et paresseuses. Quand on considère l’immensité de l’univers connu (des milliards de galaxies contenant chacune des milliards d’étoiles) il apparaît qu’il faut être humble, et il faut estimer grotesque l’hypothèse selon laquelle un dieu tribal d’un morceau de désert ait apporté la Vérité à l’humanité, et que le sens de la vie soit de croire très fort à lui sinon il vous punit comme un enfant.
En outre il faut savoir que le paganisme ne se résume pas au polythéisme, le culte des ancêtres est tout aussi important. Il peut inclure la croyance en une réincarnation au sein d’une lignée. Ce culte, là encore commun à toute l’humanité à ses origines, est encore prégnant y compris dans des sociétés supposément athéistes comme en Chine.
Pour conclure, le paganisme n’est pas seulement affaire mythes et de panthéons antiques, il a souvent aussi une dimension animiste, la croyance en l’existence des esprits des sources, montagnes, forêts, etc, c’est-à-dire des puissances vivantes enracinées dans un lieu précis.