La passion de Mishima pour l’Espagne

Le code d’honneur caldéronien

Mishima était un lecteur vorace. Il semble qu’il ait été familiarisé dès son plus jeune âge avec les auteurs de notre Siècle d’Or espagnol. En particulier, le théâtre baroque et ses thèmes de l’honneur et de la gloire l’attiraient beaucoup. Et ici, Calderón de la Barca était, pour lui, notre étoile la plus brillante.

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Qu’est devenu le Cinéma français !

Le Cinéma français poursuit son autosatisfecit. Mais il est au fond du gouffre qualitatif. Il n’est (à de très rares exceptions près) qu’un train train psychologisant grisouillâtre gauchiste, avec ses sujets « sociétaux », sa propagande institutionnelle, ses comédies minables, sa moraline, son militantisme pleurnichard tiers-mondiste sur fonds publics. Le Cinéma français aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui porte Ladj Ly. Le comparatif avec les productions françaises des années 1960-1970 est douloureux. Exception faite de très rares cas, l’effondrement français de la qualité est édifiant : niveau des scenari, jeu des acteurs qui n’articulent pas, qui surjouent, la constante d’une prise de son défaillante (on se demande ce qui se passe dans les écoles de cinéma françaises) sur des acteurs trop souvent mal audibles, qui susurrent, parlent trop bas, des dialogues écrasés au montage par les bruits et la musique de fond… Seul le doublage reste souvent de qualité. Et pour cause, il ne procède pas d’une prise de son lors des tournages. Comment en est-on arrivé là ?

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Nouvelle attaque contre la langue française

De temps en temps, les partisans du sabotage de l’identité française trouvent un porteur pour ressortir cette idée qu’il faut simplifier l’orthographe afin de rendre la langue accessible aux foules de la submersion migratoire extra-européenne. Autrement dit, abâtardir la langue française, la transformer en sabir sans règles où chacun écrira comme il le veut au gré des fantaises de sa phonétique. C’est actuellement à un certain Christophe Benzitoun de s’attaquer à l’exercice d’inversion des normes à ce sujet sur les antennes des médias de gauche. Deux remarques à cela :

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Libération culturelle

Depuis que Charles de Gaulle, qui manifestement n’avait pas lu Gramsci, et devant probablement considérer que seules la diplomatie et l’économie étaient des sujets « sérieux », dignes d’intérêts, a commis la terrible erreur de déclarer sous forme de boutade « Donnons la culture à la gauche, ça les occupera ! », il y a un complot de la gauche contre la droite dans le milieu culturel. Le mot « complot » en défrise quelques-uns ? Alors disons une conspiration, c’est-à-dire une organisation méthodique, concertée et automatisée des forces de gauche, une pratique réflexe pour entraver considérablement la carrière ou les perspectives d’évolution d’un individu si celui-ci n’est pas de gauche.

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Sagesse romaine

Certaines tombes romaines portent une inscription courte et étonnante : « NFFNSNC ». C’est l’acronyme d’une ancienne phrase latine : Non fui, fui, non sum, non curo. Ce qui signifie : « Je n’étais pas, j’ai été, je ne suis plus, je m’en moque. »

Elle était gravée par des personnes qui croyaient qu’il n’y avait rien à craindre avant la vie, et rien à craindre après. Cette formule est profondément marquée par la pensée épicurienne. Les épicuriens considéraient que la peur vole notre tranquillité, et que s’inquiéter de l’après-vie n’apporte rien de bon aux vivants. Pour eux, la vie doit être appréciée tant qu’elle est là, et sa fin ne devrait effrayer personne. Inscrire ces mots sur une tombe était une manière de dire aux autres : ne redoutez pas ce que vous ne pouvez pas maîtriser.

Ce qui rend cette inscription encore remarquable aujourd’hui, c’est son honnêteté. Elle ne promet aucune récompense éternelle, n’annonce aucun châtiment. C’est simplement une acceptation paisible de l’existence telle qu’elle est. La personne a vécu, son temps il s’est achevé, et elle l’a affronté avec calme. Un message plein de bon sens… toujours aussi puissant, même des siècles plus tard.

Le « Mal » dans la cosmogonie de Tolkien

La lecture de l’épopée Le Seigneur des Anneaux(1) ne révèle pas toute la portée mythique de l’œuvre de J. R. R. Tolkien, qui fournit dans Le Silmarillion(2) la véritable clé de son univers. On y trouve une description de l’origine du monde, des dieux et du « Mal ». Le statut de ce dernier dans l’œuvre de Tolkien correspond à plusieurs égards aux différentes manifestations du Mal dans la mythologie germanique. Le but de cet article est d’examiner cet aspect et de retracer certaines similitudes entre le Mal dans l’œuvre de Tolkien et la mythologie germanique telle qu’elle nous est transmise par les Eddas(3).

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Le Cinéma français se meurt, il est urgent d’alimenter son agonie

Ceux qui nous lisent savent qu’ils trouvent malheureusement dans nos lignes bien davantage de sujets d’indignation que de motifs de se réjouir. Nous aimerions qu’il en soit autrement. Mais nous ne sommes pas responsables. Nous ne fixons pas ce qu’est la situation de la France et l’agenda de l’actualité.

Le Cinéma en France est dans une crise profonde, il est en train de crever. Des vidéos sur les réseaux montrent des salles intégralement vides à trois minutes du démarrage du film. Les familles comptent au moindre centime et n’ont même plus les moyens de se payer une toile.

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Sacrifice et souveraineté : la géopolitique comme épopée théodramatique ou tragédie païenne

Le discours officiel émanant des institutions européennes présente la guerre en Ukraine comme une lutte moralisatrice, presque téléologique : une confrontation lucide et manichéenne entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, l’innocence et l’agression. Les politiciens, analystes et médias consacrent l’Ukraine comme protagoniste héroïque, tandis qu’ils relèguent la Russie au rôle d’antagoniste maléfique, reproduisant ainsi une structure narrative similaire aux drames moraux théo-dramatiques expliqués par Hans Urs von Balthasar (1988).

Le drame chrétien — exemplifié dans la Divine Comédie de Dante ou dans Le Grand Théâtre du Monde de Calderón — imprègne le mal et la souffrance d’une signification au sein d’une économie de la rédemption, dans laquelle l’action humaine est soumise au jugement moral et à la possibilité de la grâce. Dans ce cadre conceptuel, le conflit se configure comme un jugement éthique, une narration de rédemption et un impératif moral : l’Europe se sent poussée à agir avec droiture, s’efforçant de protéger les opprimés et de réparer un ordre brisé. Cette rhétorique évoque les exhortations collectives des grandes puissances européennes pendant la Première Guerre mondiale, marquées par une narration linéaire et téléologique, investie d’une providence morale projetée sur les réalités géopolitiques (Mosse, 1990). Cependant, sous cette idéalisation morale se cache une réalité brute.

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Armin Mohler et la fidélité à un « style » différent

Le style est incarné par ceux qui ont éprouvé en eux-mêmes, dans leur intimité la plus profonde, la faiblesse mortelle de tout mythe ou valeur illuministe, rationaliste et démocratique.

« On est plus fidèle à un style qu’à des idées », écrivait Drieu La Rochelle, et sans aucun doute, on peut dire que c’est là le fil conducteur du court mais dense essai du philosophe et représentant de la Nouvelle Droite, Armin Mohler, intitulé Le style fasciste (éd. it.: Settimo Sigillo, 1987). Mohler, chercheur sur la révolution conservatrice allemande, qui fut déjà secrétaire d’Ernst Jünger durant l’après-guerre et correspondant d’Evola, est, comme nous l’avons déjà mentionné, surtout connu pour le dialogue qu’il a engagé avec la Nouvelle Droite et pour sa virulente critique du libéralisme.

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Sur le chemin des contes de fées

Il y a deux cents ans, deux frères sillonnèrent les campagnes allemandes afin d’en recueillir les légendes populaires : Les frères Grimm.

La « Deutsche Märchenstraße », route allemande des contes de fées est une attraction touristique créée à l’origine en 1975. D’une longueur de 600 kilomètres, la route s’étend de Hanau, dans le centre de l’Allemagne, à Brême, dans le nord. Elle fête ses cinquante ans !

Originaire d’Allemagne, Luc-Olivier d’Algange, se penche sur le monde légendaire, cet univers supra-sensible qui fascine les petits et les grands et nous délivrent quelques clés de compréhension. Propos recueillis par Frédéric Andreu :

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