Le Cinéma français se meurt, il est urgent d’alimenter son agonie

Ceux qui nous lisent savent qu’ils trouvent malheureusement dans nos lignes bien davantage de sujets d’indignation que de motifs de se réjouir. Nous aimerions qu’il en soit autrement. Mais nous ne sommes pas responsables. Nous ne fixons pas ce qu’est la situation de la France et l’agenda de l’actualité.

Le Cinéma en France est dans une crise profonde, il est en train de crever. Des vidéos sur les réseaux montrent des salles intégralement vides à trois minutes du démarrage du film. Les familles comptent au moindre centime et n’ont même plus les moyens de se payer une toile.

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Sacrifice et souveraineté : la géopolitique comme épopée théodramatique ou tragédie païenne

Le discours officiel émanant des institutions européennes présente la guerre en Ukraine comme une lutte moralisatrice, presque téléologique : une confrontation lucide et manichéenne entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, l’innocence et l’agression. Les politiciens, analystes et médias consacrent l’Ukraine comme protagoniste héroïque, tandis qu’ils relèguent la Russie au rôle d’antagoniste maléfique, reproduisant ainsi une structure narrative similaire aux drames moraux théo-dramatiques expliqués par Hans Urs von Balthasar (1988).

Le drame chrétien — exemplifié dans la Divine Comédie de Dante ou dans Le Grand Théâtre du Monde de Calderón — imprègne le mal et la souffrance d’une signification au sein d’une économie de la rédemption, dans laquelle l’action humaine est soumise au jugement moral et à la possibilité de la grâce. Dans ce cadre conceptuel, le conflit se configure comme un jugement éthique, une narration de rédemption et un impératif moral : l’Europe se sent poussée à agir avec droiture, s’efforçant de protéger les opprimés et de réparer un ordre brisé. Cette rhétorique évoque les exhortations collectives des grandes puissances européennes pendant la Première Guerre mondiale, marquées par une narration linéaire et téléologique, investie d’une providence morale projetée sur les réalités géopolitiques (Mosse, 1990). Cependant, sous cette idéalisation morale se cache une réalité brute.

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Armin Mohler et la fidélité à un « style » différent

Le style est incarné par ceux qui ont éprouvé en eux-mêmes, dans leur intimité la plus profonde, la faiblesse mortelle de tout mythe ou valeur illuministe, rationaliste et démocratique.

« On est plus fidèle à un style qu’à des idées », écrivait Drieu La Rochelle, et sans aucun doute, on peut dire que c’est là le fil conducteur du court mais dense essai du philosophe et représentant de la Nouvelle Droite, Armin Mohler, intitulé Le style fasciste (éd. it.: Settimo Sigillo, 1987). Mohler, chercheur sur la révolution conservatrice allemande, qui fut déjà secrétaire d’Ernst Jünger durant l’après-guerre et correspondant d’Evola, est, comme nous l’avons déjà mentionné, surtout connu pour le dialogue qu’il a engagé avec la Nouvelle Droite et pour sa virulente critique du libéralisme.

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Sur le chemin des contes de fées

Il y a deux cents ans, deux frères sillonnèrent les campagnes allemandes afin d’en recueillir les légendes populaires : Les frères Grimm.

La « Deutsche Märchenstraße », route allemande des contes de fées est une attraction touristique créée à l’origine en 1975. D’une longueur de 600 kilomètres, la route s’étend de Hanau, dans le centre de l’Allemagne, à Brême, dans le nord. Elle fête ses cinquante ans !

Originaire d’Allemagne, Luc-Olivier d’Algange, se penche sur le monde légendaire, cet univers supra-sensible qui fascine les petits et les grands et nous délivrent quelques clés de compréhension. Propos recueillis par Frédéric Andreu :

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Rock music sentensed to death

John Sykes, guitariste chanteur rock britannique des années 1980, juste avant que les patrons de l’industrie musicale ne se mettent au service de nos pouvoirs politiques et décident de mettre en avant le rap et le hip-hop noirs. De là, sous le matraquage médiatique du rap, les générations à venir de jeunes Blancs ont commencé à percevoir la musique black comme cool et dynamique, et la musique de leur propre race comme ennuyeuse et désuète. Un diamant a été remplacé par un morceau de charbon. Objectif : persuader les nouvelles générations de Blancs qu’ils n’ont pas de culture pop et que la diversité est une richesse. Aujourd’hui, quarante ans plus tard, les jeunes normies Français ne connaissent pas les immenses groupes rock qui ont existé et la qualité de leur musique, ils sont incapables de former des équivalents, le « principe générationnel » fait qu’ils ne viennent pas vers ce qu’écoutaient leurs parents forcément « has been », et ils consomment la chiasse sonore de Maître Gims et Aya Nakamura… Ce qui a été fait à cette occasion, sans le dire explicitement bien sûr (ils n’ont jamais cette honnêteté et ce courage), en nous mettant devant le fait accompli en allumant nos postes de radio, n’est rien d’autre que la « discrimination positive », façon édulcorée de ne pas dire favoritisme politique ethnomasochiste appliqué contre la musique qu’écoutaient les Blancs. Pour le dire clairement, les tycoons de la production et de la diffusion musicale ont perpétré un génocide ethnoculturel.

Du rôle de la lecture

Lire n’est pas un but, mais le moyen pour chacun de remplir le cadre que lui tracent ses dons et ses aptitudes. Chacun reçoit ainsi les outils et les matériaux nécessaires à son métier, qu’ils l’aident seulement à gagner sa vie ou qu’ils servent à satisfaire à des aspirations plus élevées. Le second but de la lecture doit être d’acquérir une vue d’ensemble sur le monde où nous vivons. Mais dans les deux cas il est nécessaire, non pas que ces lectures prennent place dans la série des chapitres ou des livres que conserve la mémoire, mais viennent s’insérer à leur place comme le petit caillou d’une mosaïque et contribuent ainsi à constituer, dans l’esprit du lecteur, une image générale du monde. Sinon il se forme un mélange de notions désordonné et sans grande valeur, malgré toute la fatuité qu’il peut inspirer à son malheureux propriétaire. Car celui-ci se figure très sérieusement être instruit, comprendre quelque chose à la vie et avoir des connaissances, alors que chaque accroissement d’une telle instruction l’éloigne encore des réalités ; il n’a plus, bien souvent, qu’à finir dans un sanatorium ou bien politicien.

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Nous sommes notre premier ennemi

J’ai toujours aimé le chant du coq, il annonce le jour et met en fuite les fantômes de la nuit. Ce chant ressemble à un cri de guerre, il nous rappelle que nous devons passer notre vie à batailler contre nous-mêmes.

Victor Cherbuliez, Meta Holdenis (1873)

Nous avons vu Dracula

Pari réussi pour Luc Besson dans son adaptation de Dracula, la reconstitution est parfaite avec des décors et costumes magnifiques, tous les acteurs sont excellents. Le réalisateur a insisté et développé opportunément l’aspect fondamental du roman si souvent minoré (sauf par Francis Ford Coppola) pour ne se focaliser que sur l’ « horreur », aspect fondamental qui est l’histoire tragique d’un amour contrarié par le destin. Nous ne donnerons pas de détails trop précis pour ne pas vous gâcher la surprise mais Luc Besson a eu quelques idées originales intéressantes qu’il est venu puiser dans le patrimoine architectural et littéraire français (il fait entre autres se passer l’action occidentale à Paris au lieu de Londres), les servants de son château, la scène du couvent qui rappelle la possession des Ursulines de Loudun mêlée à un emprunt au premier roman de Patrick Süskind porté à l’écran en 2006, nous n’en dirons pas davantage. Sur le plan de la minoration de l’ « horreur » évoqué plus haut, nous avons apprécié que le comte Vlad mène son combat final sous forme humaine et à l’épée tel un hussard magnifique au lieu de la sempiternelle image de métamorphose ailée hideuse. Tout cela est très bien vu. Le cinéma français de qualité est suffisamment rare pour être signalé lorsque c’est le cas. Il y a une ou deux petites incohérences mais elles seront pardonnées en regard de la qualité de l’ensemble. Allez voir ce superbe Dracula de Luc Besson.

La noblesse de la défaite dans la culture japonaise, entre mort et éternité

L’écrivain anglais Ivan Morris (1925-1976) consacra de longues années d’études à la tradition héroïque japonaise. Diplômé d’Harvard en langue et littérature japonaise, il fut écrivain et chercheur sur la culture nippone. Connaissant bien cette culture, il fut envoyé à Hiroshima le 6 août 1945, en tant qu’interprète, après l’holocauste causé par l’aviation américaine.

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