Vision d’un futur possible

En cas d’effondrement, la France ne se soulèvera pas d’un bloc contre ses élites, ses banques ou ses dirigeants. Elle se déchirera d’abord de l’intérieur.

Quand les supermarchés se videront en trois jours, quand l’électricité vacillera et que les retraites ne tomberont plus, la plupart des Français ne descendront pas dans la rue pour demander des comptes à ceux qui ont organisé ou laissé faire cette fragilité. Ils regarderont d’abord leur voisin. Celui qui a encore un peu d’essence. Celui qui a stocké du riz et du sel (un bien qui vaut de l’or pour du troc). Celui qui possède un groupe électrogène. Celui dont la femme est infirmière et qui peut encore avoir accès aux médicaments. La jalousie, la peur et la faim transforment rapidement le « vivre-ensemble » en « survivre contre l’autre ».

On verra des immeubles se barricader contre le quartier d’à côté, des ruraux refuser l’accès aux citadins affamés, des villes opposer leurs milices improvisées à d’autres villes. Les clivages anciens – gilets jaunes contre bobos, banlieues contre campagnes, Parisiens contre provinces – se réveilleront avec une violence décuplée.

Les responsables, eux, seront déjà loin : bunkers privés, résidences sécurisées à l’étranger, ou simplement protégés par les derniers services d’ordre encore loyaux à ces gibiers de potence. Pendant ce temps, le Français moyen épuisera son énergie à se battre pour une caisse de conserves ou un plein de diesel plutôt qu’à organiser une véritable chasse aux coupables.

L’Histoire l’a montré : les peuples préfèrent souvent s’entre-détruire que d’affronter collectivement ceux qui les ont conduits au bord du gouffre. La France ne fera probablement pas exception. L’effondrement ne produira pas une révolution, mais une multitude de petites guerres civiles larvées, fratricides et absurdes. Et pendant que les uns pilleront les autres, les architectes du désastre continueront de dormir tranquilles, protégés de ce qu’ils ont eux-mêmes encouragé par leur politique pendant des décennies.

Que ceux qui peuvent encore se préparer se lancent, en commançant par lire notre article Se former au survivalisme (thématique Identité européenne, Résistance).