Cacher ses armes : mode d’emploi

Les données de 62 511 armes et de leurs propriétaires français, conservées dans le SIA (Système d’information sur les armes) ont donc été volées et mises en vente sur le dark web. Ce registre officiel recense toutes les armes légales détenues en France :

  • Le type (fusils, carabines, pistolets…)
  • La marque, le modèle, le numéro de série
  • L’historique complet (achats, réparations, destructions)
  • Et surtout : l’identité complète des propriétaires : nom, prénom, date de naissance, adresse exacte du domicile, téléphone, email

Des dizaines de milliers de Français qui possèdent légalement une arme (chasseurs, tireurs sportifs, collectionneurs) sont maintenant doxxés en totalité. Les conséquences sont cauchemardesques :

  • Les criminels ont désormais la liste des maisons où se trouvent des armes
  • Risque immédiat de cambriolages ciblés, de menaces ou pire
  • Le trafic d’armes illégales peut exploser

C’est un coup direct porté à la sécurité des Français qui s’ajoute à une longue liste.

En conséquence, les détenteurs de ces armes ont fortement intérêt à les déplacer en dehors de leurs domiciles pour les cacher ailleurs. Les coffres ou armoires dans lesquels ils sont tenus réglementairement de les conserver n’arrêteront pas des voleurs déterminés et équipés, ou des tortures infligées lors d’un home jacking.

Il est désormais essentiel que tout Français détenteur d’armes puisse avoir une bonne compréhension de la façon de les cacher efficacement jusqu’au moment de s’en servir. Avec la fuite de ces données, il doit dissimuler tout ce qui n’est pas susceptible d’utilisation immédiate (conserver tout de même une arme pour se défendre).

Des sections de tubes PVC de 10, 15, et 20 centimètres de diamètre pour canalisation feront d’excellent contenants. Ce type de tubes n’est pas onéreux. Veillez à utiliser des tubes de bonne épaisseur. Une longueur de 1,50 mètre sera capable de recevoir la plupart des fusils et carabines, à l’exception des plus longs. Un tube peut être utilisé dans le temps pour dissimuler différentes armes, ne le prévoyez pas pour la longueur d’une arme spécifique seule. Des bouchons d’extrémité à emboiter constituent la meilleure méthode pour fermer le tube, évitez les versions filetées qui sont plus chères et dont le filetage a tendance à s’encrasser, les rendant difficiles à rouvrir une fois extraits de leur cache.

Scellez définitivement un des bouchons à la colle PVC ou Epoxy, en veillant à l’étanchéité de l’assemblage. Le plus simple pour ce faire est de plonger l’extrémité et son bouchon collés dans de l’eau, et voir si elle pénètre dans le tube.

La prochaine étape consiste à la préparation des armes pour leur dissimulation. Il est important de donner à l’arme une protection intégrale, avec de la graisse préventive contre la corrosion. Il y a des divergences d’opinion sur quel type de graisse utiliser mais n’importe quel type de graisse épaisse fait l’affaire (on en trouve en pots pour la mécanique automobile) si l’arme doit être dissimulée pour une durée moyenne de 1 à sept ans. Ne badigeonnez pas à l’excès, une fine couverture de graisse fera l’affaire et sera beaucoup plus facile à enlever par la suite (quiconque s’est déjà livré à l’exercice consistant à retirer la graisse d’une arme sait que c’est fastidieux). Attention à ne pas mettre de graisse sur les appareils de visée, lunettes, optiques ou électroniques. Laissez-en place les bouchons protecteurs de lunette et couvrez-là d’un plastique étanche fermé au ruban adhésif avant d’appliquer la graisse sur l’arme. Ne retirez pas la lunette, vous pourriez perdre son réglage. Les piles doivent bien sûr être retirées des lasers. Evitez de désassembler l’arme autant que possible, afin de ne pas risquer de perdre des petites pièces. Assurez-vous que les munitions ne soient pas mises en contact avec de la graisse, elle pourrait pénétrer la douille et rendre la cartouche inopérante. Scellez les munitions dans des boîtes étanches ou des sacs à « ziplock » pour les conserver au mieux du possible.

Des cristaux de Silice déshydratant peuvent être ajoutés à l’arme dans le tube juste avant de le refermer, comme précaution supplémentaire anti-corrosion. Ceci n’est toutefois pas nécessaire à moins que l’arme demeure cachée pour une très longue période.

Vous pouvez maintenant refermer votre tube. Cela peut être fait soit en appliquant de la graisse sur les rebords intérieurs du bouchon, soit sceller le bouchon définitivement si vous partez sur l’idée d’une dissimulation de longue durée, 10 à 30 ans, ou dans un environnement très hostile comme l’eau ou un marécage.

Vous voilà prêt à choisir un lieu de dissimulation. Une tarière manuelle vous sera nécessaire si vous envisagez de placer le tube sous terre à la verticale. Elles sont vendues avec divers diamètres de mèche (de 10 à 30 cm). Si la longueur de mèche est inférieure à votre tube, il vous faudra un modèle à extension pour atteindre une profondeur de 1,5 mètre. Oubliez l’idée d’enterrer votre tube à l’horizontale, ce placement présente une surface d’exposition qui est un trop gros risque face aux détecteurs de métaux. Une fois placé dans son trou ajusté à son diamètre, le tube sera pratiquement impossible à retirer. C’est pour cette raison que vous devez l’introduire par l’extrémité scellée et étanche. De cette façon, le contenu du tube vous reste accessible, sans avoir à le ressortir du sol. Si vous voulez vraiment pouvoir ressortir le tube, percez sur le tube deux trous face à face à quelques centimètres sous le bouchon fermé, faites-vous une poignée de corde solide avec une logueur d’une trentaine de centimètres dont vous introduisez chaque extrémité dans un trou (diamètres de la corde et des trous identiques donc), faites un noeud intérieur à chaque extrémité, et scellez l’extérieur sur la circonférence de la corde à la colle PVC ou Epoxy.

Assurez-vous de placer votre cache à bonne distance de votre lieu d’habitation. A 30 mètres, un investigateur doit parcourir une zone de 2 900 mètres carrés pour faire une recherche complète autour de votre domicile, ce qui n’est pas une tâche difficile avec les détecteurs de métaux modernes. A 60 mètres, la zone à parcourir s’étend sur 11 700 mètres carrés, ce qui n’est toujours pas insurmontable avec les équipements et du personnel. Placez votre cache au-delà de 300 mètres, et la zone passe à une trentaine d’hectares. Si vous dispersez et enfouissez sur cette zone divers débris métalliques, même une équipe de recherche avec moyens et temps illimités se lassera de ne tomber que sur ces leurres et passera à des investigations sur un dossier plus facile. Placer sa cache au milieu d’un chemin rural et peu fréquenté constitue une excellente option. Vous pouvez ainsi accéder rapidement et facilement à votre cache en l’ayant à une bonne distance de sécurité de votre domicile. Avec cette option, assurez-vous bien sûr au préalable qu’aucun projet de travaux ne risque d’être mené par la municipalité, qui pourrait mettre à jour votre précieuse cache. Les conteneurs à grain, les silos, les tas de charbon, de gravier, de bois, le sol d’un enclos à cochon, et tout lieu auquel vous pourriez penser présentant une grande difficulté de recherche, constituent aussi de bons endroits pour dissimuler vos tubes.