« On sous-estime la panique que provoque la perspective de perdre la mairie d’une grande ville. Pour ceux qui gouvernent, c’est tout un système de prébendes, de rentes, de subventions clientélistes et de pouvoirs financés par l’impôt qui menace de leur échapper. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’ils soient prêts à tout pour rester. » – Olivier Babeau.
C’est un système confiscatoire qui se met en place derrière des formules et des étiquettes flatteuses, « Liberté », « Démocratie », etc. Il s’agit aussi de l’appropriation d’un instrument coercitif collectif, au service souvent d’un clan, au service d’une tendance, d’un parti, qui utilise ces instruments au bénéfice de ses amis, de ses alliés, de ceux qui en dépendent, et qui en dépendront demain.
Quand la gauche (c’est essentiellement elle qui est en cause) a le pouvoir dans une ville française, il y a tout un « éco-système » qui dépend de ce pouvoir, dont des troupes de saltimbanques, de jongleurs, de théâtreux… toute une série de gens qui se croient avoir une vocation fondamentale à vivre sur le dos des autres, grâce au portefeuille des autres, des associations militantes, des lobbies de défense des clandestins, différents groupes. Toute une série de gens qui n’existent que par l’argent public.
Dès lors où une administration, un pouvoir qui est installé avec sons système clientéliste est délogé, c’est tout cet éco-système qui est menacé. Et vous comprenez que les hommes sont prêts à se battre pour des idées certes, mais pour la gamelle encore plus !
À partir de là, comment fonctionne le financement public dans une ville ? Il y a le financement directe (création d’organismes, de structures, d’emplois publics). Et il y a les subventions indirectes (à des organismes dits indépendants, à différentes associations). Deux manières de distribuer l’argent. Ensuite imaginons quelqu’un qui voudrait mettre un peu d’ordre dans tout cela. Est-ce possible ? Non, parce qu’une très grande obscurité volontaire règne dans l’allocation des fonds publics au niveau municipal particulièrement. Un système de dissimulation et d’éparpillement des dépenses. À Marseille, révèle Édouard Hesse qui s’y est intéressée, le système a fait des sommets d’opacité, deux lignes comptables concentrent à elles seules des centaines de millions d’euros, l’une intitulée « Autres personnels extérieurs », l’autre sobrement baptisée « Divers », cette dernière représente à elle seule 36,5 millions d’euros sans qu’aucun bénéficiaire ne soit identifié dans les documents publics. Où est passé le contrôle à posteriori du Préfet ? Complicité du cabinet comptable de la ville ? C’est la fête du slip ! Il est compliqué de détailler ces dépenses et en retrouver les bénéficiaires, mais grâce à l’Intelligence Artificielle il est possible aujourd’hui de mettre en valeur toutes ces données dispersées de l’administration, pour comprendre l’ampleur de la gabegie municipale française.
