Ceux qui crient le plus fort contre le communisme ou dénoncent avec le plus d’indignation ses moyens et ses fins, ne sont pas ses victimes, mais ses anciens adeptes, ceux qui ont cru en lui et n’en ont pas obtenu ce qu’ils en espéraient, aussi bien sur le plan matériel que sur le plan idéologique. Les adversaires les plus résolus du communisme ne sont donc pas ceux qui ont tout perdu dans l’aventure, mais ceux qui, après s’y être jetés, n’y ont rien gagné. Il existe aussi une autre catégorie de communistes aigis : ceux qui ne s’avouent pas vaincus et qui expliquent l’échec du communisme en prétendant que ce n’était pas le « vrai communisme ». En dépit de l’expérience acquise, ils ne renoncent pas à leur rêve et, proscrits du pays qu’ils ont ruiné, ils s’en vont dans un autre afin d’y appliquer de nouveau leurs théories. Ainsi Kerensky, fuyant la Russie livrée au chaos, est-il allé prêcher le « vrai communisme » aux États-Unis.
— Ghislain de Diesbach, Petit dictionnaire des idées mal reçues
