2027, année d’apothéose pour la censure en France

Que nous dit Jean-Noël Barrot, le très inquiétant ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la France ? Il annonce qu’à l’horizon de 2027 ‘il y aura « une reprise de contrôle de notre espace public » et « une mise au pas des plateformes numériques » qui mettent en avant « l’internationale réactionnaire ».

Il y a de son point de vue un espace public « déréglé ». Et pourquoi est-il déréglé ? Parce que s’y expriment des idées qui ne sont pas alignées sur le dogme de l’extrême-centrisme, qui sont à l’écart du récit macroniste. Ces positions, il les assimile à l’internationale réactionnaire (son patron présidentiel avait utilisé cette formule il y a un an, Barrot la reprend à son tour, emprunt au vocabulaire bolchevique, signe d’une sympathie si ce n’est davantage de leur part pour le totalitarisme rouge du XXe siècle).

De sont point de vue, la remise en question de l’esprit macroniste en France aujourd’hui ne saurait venir des Français. Les Français par eux-mêmes ne peuvent qu’adorer cette caste qui les dirige. Non, il faut que ça vienne de l’étranger, de Moscou ou de Washington pour que les Français se disent qu’ils ne se reconnaissent pas dans leur gouvernement, dans ce que leurs « élites » ont fait de leur pays.

La macronie doit donc « reprendre le contrôle de l’espace public ». Concrètement, prendre le contrôle des réseaux sociaux. Parce que sur ces plateformes numériques s’est formée une opinion extérieure aux critères de la « respectabilité » portés par le service public, portés par le complexe médiatique dominant, s’est formée une opinion qui n’est pas aux ordres, une opinion qui ne fonctionne pas selon les codes officiels du régime. Dès lors, on doit mater cette opinion en l’empêchant de s’exprimer.

Dans cette logique perverse, faussement démocrate, s’expriment le contrôle des médias, la traque des propos frappés d’interdit, les lois liberticides, la volonté de rendre inéligibles ceux qui se rendraient coupables de ce qu’ils appellent racisme, appels à la haine de toutes sortes, mais dans les faits on comprend que cela consiste tout simplement à ne pas être « progressiste ». Tout cela s’inscrit dans une tendance lourde, une régression des libertés qui ne date pas d’hier mais de bien plus longtemps.

Il faut encadrer la parole pour empêcher l’opposition de peut-être gagner l’élection présidentielle à venir. Pariciper à la compétition électorale à la seule condition d’être sûrs de l’emporter, ça transpire l’honnêteté…