Dissonance cognitive, injonctions contradictoires, inversion accusatoire, tolérance répressive… Nous vivons sous le triomphe du retournement. Suite à l’agression mortelle sur Quentin Deranque, les médias français ont agi comme un « service de nettoyage » pour l’ultra-gauche.
Dans l’univers des grandes organisations, on parle de « conduite du changement ». C’est ce dont il s’agit là. Et on sait quand on est ingénieur social que pour réussir à recadrer psychiquement le public, on doit faire ce qui s’appelle de « l’ancrage cognitif », c’est-à-dire qu’on change le champ lexical en sachant que la première impression est celle qui reste en tête. Donc en imposant notamment le champ lexical de la « rixe », de l’échauffourée, de l’affrontement, etc., on va inoculer dans l’esprit du public une tout autre approche. Les Anglo-Saxons appellent cela le « reframe (recadrage) cognitif ». Il s’agit de pratiquer une technique qui est connue de certains psychologues et sociologues du XXe siècle, à commencer dans les années 1930/1940 : la dissonance cognitive, consistant à faire cohabiter deux notions contradictoires qui ont tendance à paralyser les capacités d’analyse des individus, ce qui crée une forme de désorientation du public qui ne sait plus à quel saint se vouer.
Herbert Marcuse avant en son temps théorisé la notion de « tolérance répressive ». On est là dans la sublimation de cette technique de dissonance cognitive. La tolérance répressive est le troisième levier, le plus pervers de tous. Dans le domaine de la communication, et quand on est notamment un « spin doctor », on sait que le sens des mots choisis est très important pour manipuler le réel, pour « architecturer l’information ». Pour détourner et perdre le regard du public on ne lui donne pas simplement une première information, mais on va l’amener sur le terrain d’une nouvelle polémique. Et en exploitant cette polémique, on a la diversion idéale.
L’extrême-gauche a théorisé le droit de tuer l’adversaire politique. Il y aurait en quelque sorte une « défense préventive » que l’on a le droit, quand on est d’extrême-gauche, de mettre en œuvre face à ce qu’elle estime être la violence potentielle de ce qui n’est pas « elle ». L’extrême-gauche considère que cette violence potentielle doit être contrebalancée par la violence physique.
Les spécialistes de « l’économie comportementale » ont démontré il y a plusieurs décennies que nous avons deux « vitesses du cerveau », nous avons un cerveau réflexe et un cerveau analytique, c’est l’opposition également formulée entre l’émotionnel et le rationnel (voir notre article Passion ou Raison : qui dirige?, thématique Psychologie sociale et politique), et la plupart du temps quand les gens sont exposés aux médias ils sont dans la réaction dite limbique c’est-à-dire immédiate, ils écoutent cinq minutes d’information dans leur voiture, et ces techniques s’adressent à eux parce que ceux qui les mettent en œuvre savent qu’il y aura toujours une partie de la population dans l’attente de savoir comment se positionner, c’est-à-dire gober la pensée prémâchée prévue par ceux qui les manipulent.
Peut-on neutraliser l’action de l’ultra-gauche sans hausser la riposte à son niveau ?…
