Nous le savons, l’honneur, la droiture, l’honnêteté, sont balayés par la puissance du Veau d’Or. Ce qui règne en maître dans ce bas monde, et en commande les moindres aspects, c’est le fric. Et la convoitise. Puisque selon l’expression on « jette son dévolu sur… », on peut dire avec humour que le dévolu a été le premier objet jetable de l’humanité.
La bourgeoisie d’affaires se heurtait à des freins posés par le pouvoir royal (Turgot et les refus de Louis XV par exemple), pouvoir dont elle était jalouse, pour mener et développer sa pratique du business empruntée au libéralisme britannique. Les choses allaient pouvoir changer sous le monarque suivant.
Aidée par le vent philosophique des « Lumières », et par une partie de la noblesse reconvertie dans les affaires (ce que l’on appelait « déroger »), cette association intéressée bourgeois/dérogeants a porté le coup d’État de 1789 pour avoir les coudées franches, en instrumentalisant des idiots utiles levés dans les quartiers populaires de Paris. 1789 n’est en rien une émanation populaire.
Le pouvoir nouvellement acquis, la bourgeoisie a failli le perdre sous la dérive proto-communiste des années Robespierre et la tourmente de la Terreur. Elle l’a reconquis, bien que difficilement, ensuite sous le Directoire. Elle l’a conforté définitivement sous le Consulat, par un « front commun des nantis ». Bonaparte était porté par un groupe de financiers. Sa création de la « Banque de France », banque en réalité privée au rôle particulier dès lors octroyé par l’Empereur, servira ensuite d’exemple aux Américains pour la création de leur propre banque privée, la « Réserve Fédérale ».
Et c’est cette alliance d’intérêt, désormais incestueuse, entre d’une part la finance, l’industrie, et d’autre part l’appareil d’État et le personnel politique, c’est ce bloc des possédants qui depuis tient et dirige la France, tant à « gauche » qu’à « droite », avec l’aide précieuse du leurre de la « souveraineté populaire ».
