Le progrès technique a détruit l’homme. En lui facilitant toutes les tâches et en lui épargnant tout effort – jusqu’à celui de pousser une porte qui s’ouvre automatiquement devant lui -, le progrès l’a peu à peu privé de ses réflexes ainsi que de ses défenses. Que toute la civilisation matérielle soit emportée par une catastrophe et l’homme se retrouvera nu, comme au premier jour. Seul le survivaliste et le Amish seraient capables de survivre à cet effondrement.
En démobilissant l’individu aussi bien moralement que physiquement, le progrès a un autre inconvénient, celui de lui laisser le loisir de s’apercevoir de sa condition humaine et de s’en lamenter. Un paysan qui peinait dans son champ du matin au soir, un artisan qui travaillait dans son atelier, n’avait pas le loisir de s’appesantir sur son sort. Le chômage et le « temps libre » sont devenus deux écoles de la pensée.
