La société heureuse du bouclier d’Achille

Une fois lus les mots de Dominique Venner, ci-après, tirés de Un samouraï d’Occident, on mesure le chemin parcouru dans la destruction de nos sociétés, combien la situation actuelle est en contradiction avec les critères d’une société heureuse (avec au premier rang de ces critères l’homogénéité raciale), et les raisons qui nous ont conduits là, raisons que trop de gens n’ont toujours pas comprises ou avec lesquelles ils n’ont pas le courage de rompre.

« Si le monde d’Homère (celui décrit dansL’Iliade, L’Odyssée) prend le cosmos pour modèle, il reçoit une description sociale ordonnée dans la description du bouclier d’Achille forgé par Héphaïstos. S’y retrouvent représentées deux cités, l’une en paix, l’autre en guerre, les deux visages de la vie. On découvre que la cité grecque à venir, avec ses citoyens, ses institutions, ses devoirs réciproques, est déjà décrite dans le poème. Hector dit explicitement qu’il meurt pour la liberté de sa patrie. A la fin de L’Odyssée, Ulysse fait reconnaître son droit d’exécuter les « prétendants » (à son trône) et leurs complices, afin que soit rétabli l’ordre juste de la cité. Le fondement de l’organisation sociale et de la paix civile est l’unité ethnique de la cité et le respect des lois, garantis par les Anciens et par la force. Les hommes sont heureux dans une société heureuse, celle qui ressemble toujours à elle-même, où l’on se marie comme les aïeux se sont mariés, où l’on laboure et l’on moissonne comme on a toujours labouré et moissonné. Les individus passent, mais la cité demeure.

Une société qui peut lire son avenir dans son passé, est une société en repos, sans inquiétude. Sur cette permanence se fonde le sentiment de sécurité. Au contraire, les nouveautés, le « progrès » apporteront le trouble. A partir du moment où l’on rêve de cité idéale et de lendemains meilleurs, se trouve tué en chacun le contentement. Dès lors, domine le mécontentement de soi et du monde. Ce qui est figuré sur le bouclier d’Achille est au contraire une société heureuse, tout à la joie de vivre comme elle a toujours vécu. Les noces joyeuses, l’équité règne, l’amitié civique est générale. Quand la guerre survient, la cité attaquée fait front, tout le peuple se porte aux remparts, l’ennemi n’a pas d’allié dans la place. »

Qu’observons-nous aujourd’hui ? Dans la France fruit pourri de la politique menée depuis cinquante ans, l’unité ethnique de la cité n’existe plus, le monde politique (ces « Anciens »), est le premier à s’essuyer les pieds sur les lois qu’il impose impitoyablement à autrui, l’ennemi est dans la place, et la force n’est plus que l’instrument de maintien de cette oligarchie-ploutocratie hypocrite et dictatoriale qui se dissimule sous un masque « démocratique ».