L’offre politique dans la démocratie française

Les manuels de droit constitutionnel sont formels : c’est dans l’urne, en déplaçant leurs votes, que les citoyens manifestent leur volonté. Encore faut-il que les choix proposés permettent aux nouveaux courants de se manifester, qu’ils ne reflètent pas seulement la situation antérieure. 

Que se passe-t-il lorsque les électeurs se voient toujours proposer le même menu ? ou que tout est fait pour les écarter d’un nouveau menu ? Comment peuvent-ils dire « Nous souhaiterions que vous changiez de cuisine » ? 

Dans les faits, la démocratie selon les vues de l’oligarchie qui nous dirige doit consister à toujours servir la même politique en ne changeant que les visages des marionnettes qui la portent. Et c’est très exactement ce que nous vivons depuis cinquante ans : toujours plus « d’Europe », toujours plus d’immigration, mandat après mandat, quelles que soient les têtes élues. L’électeur est maintenu dans une impasse. 

Ou bien que tout est fait pour écarter les nouveaux venus disions-nous : c’est avec le plus grand mal que les tenants de la machine tentent de contenir la montée du Rassemblement national, décrété hors de « l’arc républicain », écarté des seuls gens dits « convenables » vers lesquels les Français devraient continuer de se tourner, Rassemblement national qui restera éternellement sous cette étiquette de paria, quoi qu’il fasse, malgré le rejet du père par la fille, malgré la transformation qu’elle a imposée à ce parti devenu méconnaissable, phagocyté par les francs-maçons et le lobby gay, malgré son lissage, son alignement aux règles des maîtres du pays, ses députés correctement vêtus à l’Assemblée et leur comportement irréprochable, ce parti n’en fera jamais assez pour être accepté dans l’offre admise par ceux qui mènent le jeu, ce qui ne l’empêchera pas d’être victorieux si, et seulement si, une majorité de Français cesse d’obéir aux ficelles de la diabolisation. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres, tant la machine de propagande des tenants du système est puissante et efficace sur des millions de cervelles incapables de consommer autre chose que la « pensée pré-mâchée ». Il ne faut jamais oublier les mots de Tocqueville, « Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira ».

Certes, les candidatures sont libres, n’importe quel citoyen peut se lancer dans la vie politique. N’importe qui peut se lancer dans la campagne, à la condition de disposer des quelques dizaines de milliers d’euros requis pour obtenir la sacro-sainte « investiture » qui fera apparaître le logo d’un parti du système sur l’affiche électorale du candidat, ce logo miraculeux qui fait passer n’importe quel médiocre argenté pour quelqu’un de crédible aux yeux du mouton électeur, il suffit de tourner le regard vers la collection lamentable de soldats macronistes, ou vers les déchets mélenchonistes, pour le constater. Mais celui qui se range derrière un de ces logos de la machine actuellement maîtresse en France, ces logos de « l’arc républicain », ne fera que perpétuer la politique unique infligée au pays, dans ce simulacre matérialisé par le fait d’être une « nouvelle tête ». La classe politique est susceptible de changer, mais on ne peut à moins d’une guerre ou d’une révolution, changer la classe politique. Que faire lorsqu’elle s’y refuse ?