Nous voulons dire qui dirige véritablement : des gens légitimés à leurs postes parce que les Français ont glissé leurs noms dans des urnes, et à qui les convenances reconnaissent donc la « légitimité de l’élection » ? ou bien des technocrates, des hauts fonctionnaires, des juges, nommé par le pouvoir, et qui n’ont donc aucune légitimité électorale ? Après plusieurs précédents en faveur du pouvoir et en défaveur des Français (décisions multiples du conseil d’État favorables à l’immigration, du conseil constitutionnel venant sauver les miches d’Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, sur la possibilité d’un referendum…), l’actualité continue régulièrement de démontrer que dans ce système de fous sous l’empire duquel on nous fait vivre, ce sont les juges, et non pas les élus, qui en définitive décident de ce que sera la politique appliquée.
Cette schizophrénie systémique est insupportable. Selon les sujets et les idées qui pourraient se trouver portés au pouvoir, ces deux conseils, dont les membres sont redevables aux politiques qui les ont nommés, sont donc soit des pions servant de caution au pouvoir en validant les décisions de ce dernier, soit au contraire des verrous, des obstacles si ces juges (qui ne sont politiquement pas neutres) sont des opposants aux idées qui ont été portées au pouvoir. Un pouvoir honnête n’a pas besoin de faire « légitimer » ses décisions par des fonctionnaires qu’il a lui-même nommés. Et un pouvoir qui veut agir souverainement n’a pas besoin de verrous idéologiques imposés par ses ennemis. Pour toutes ces raisons, si un pouvoir véritablement volontaire pour remettre la France à l’endroit venait à être élu, sa première décision devra être, après la sortie de l’Union européenne, de supprimer conseil constitutionnel et conseil d’État, du fait que ces instances procédant du précédent pouvoir viendront contrarier toutes les décisions du nouveau. Nous profitons de l’occasion pour renvoyer le lecteur à notre article Comment en est-on venus au gouvernement des juges ? répertorié dans la thématique République, Démocratie, Vie politique française.
