Une négation des vertus du combattant

Au Japon, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les Kamikazes offraient leur vie pour leur Empereur ; les combattants du Hezbollah libanais dans le Sud du Liban hier, ceux du Hamas palestinien aujourd’hui, donnent leur vie dans la dispute pour les terres contre les israéliens. En Occident, la notion de sacrifice volontaire de la vie à une cause transcendante est assimilée à une pathologie de l’esprit ; c’est la raison pour laquelle politiques et médias parlent de commando-suicide et non de combattant-martyr. Pourtant, comme l’écrit Antoine Boustany*, « Comment comparer quelqu’un qui a perdu espoir en ‘Dieu le Miséricordieux’ et qui, par conséquent, se suicide, et celui qui cherche la mort dans l’espoir de le retrouver ? » Il y a là une différence fondamentale qu’il convient de rappeler, au risque de bousculer les idées reçues en Occident.

*Antoine Boustany, professeur de psychiatrie à la faculté des sciences médicales de l’Université de Beyrouth, médecin-chef du centre spécialisé pour les maladies de l’addiction à l’hôpital Saint-Charles de Beyrouth, vice-président de la Fédération internationale francophone de psychiatrie.