Hormis les opposants au Système déjà informés, qui donc parmi le grand public connaît en France le Club de Bilderberg ? Ce n’est pas la presse française qui risque de s’employer à le faire connaître, même si un site web officiel existe. Chaque fois qu’il est évoqué, les petits soldats de l’oligarchie déballent évidemment contre ceux qui s’intéressent aux réunions de ses membres l’arsenal des formules habituelles, « théorie du complot », « idiots conspirationnistes », « fanatiques », etc. Il est pourtant légitime de s’interroger à minima sur le rôle du Bilderberg où se presse chaque année le gratin financier, journalistique et politique. Bilderberg, c’est le sommet de Davos en mode furtif. Une telle concentration de puissance a obligatoirement des répercussions sur la vie du quidam.
Comme le rappelle David Rockefeller dans ses Mémoires (Editions de Fallois, 2006), le Bilderberg fut fondé en 1954 sous son égide en relation avec le très influent Joseph Retinger (défini par certains comme le « père d’ombre » de l’Europe) lié aux cercles mondialistes de son époque. C’est ce dernier qui joua un rôle primordial dans l’organisation du Congrès de La Haye (1948) qui permit de poser les jalons de l’Union européenne sous les diktats de laquelle nous souffrons. Les types de sujets abordés (politique, économique, militaire…) sont connus, mais il n’est pas possible de connaître la teneur des débats et des échanges qui animent ces réunions. Les mesures régissant ces interventions obéissent au principe de la « règle de Chatham House ». Le Chatham House, ce think tank équivalent anglais du Council on Foreign Relations (CFR) américain, fut fondé en 1919 par Lionel Curtis bras droit de personnages éminents comme Cecil Rhodes et Alfred Milner, eux-mêmes figures de proue du mondialisme anglo-saxon au tournant des XIXe et XXe siècles (voir également notre article sur les Pères du mondialisme, répertorié dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme). C’est ce même Lionel Curtis qui prônait une organisation planétaire unifiée dans le cadre d’un « Commonwealth fédératif ». Le Bilderberg a donc repris les traditions de discrétion de Chatham House concernant les débats entre intervenants et les décisions prises. Le peuple dit « souverain » peut aller se faire voir.
C’est le prince Bernhard des Pays-Bas qui fut le premier dirigeant du Bilderberg. Il fut l’un des premiers membres actifs de l’empire I.G Farben (complexe pétro-chimique) qui, dans les années 1920, comptait dans son comité de surveillance les frères Warburg (banquiers germano-juifs financiers de Lénine et de la révolution bolchevique), Max Warburg financier de la Paneurope (créée en 1923 par Coudenhove-Kalergi l’homme au plan de métissage de l’Europe, voir notre autre article Qu’est-ce que le Plan Kalergi, répertorié dans la thématique Mondialisme, Cosmopolitisme), et Paul Warburg fondateur de la Fed (la Banque fédérale américaine), premier président du CFR mais aussi membre de la branche américaine d’IG Farben. Le prince Bernhard fut le premier président du World Wildlife Fund (WWF, vous savez, le logo blanc et noir avec le gentil panda) fondé par Julian Huxley lequel fut le premier président de l’Unesco, frère de sang et en esprit d’Aldous Huxley auteur du Meilleur des mondes, véritable évangile du mondialisme largement mis en pratique depuis la chute du mur de Berlin. Cette brève évocation révèle les interconnexions dans la galerie de portraits mondialistes.
L’action du Bilderberg est immense. Outre l’action de ses membres occupant les postes politico-financiers et journalistiques, il faut rappeler par exemple l’action décisive de l’ancien président du Bilderberg et ancien vice-président de la Commission européenne, Étienne Davignon à l’origine du choix (en liaison avec Henry Kissinger), du funeste Hermann Van Rompuy comme président permanent du Conseil européen. Ces réunions de Bilderberg influent sur notre quotidien et sont très rarement relatée par la presse officielle.
Sont passés ou présents dans le Bilderberg Henri de Castries (ex-patron d’AXA Group), Thomas Enders (EADS), Jean-Claude Trichet (Trilatérale Europe), José Barroso, François Fillon, Mario Monti, Valérie Pécresse, Christine Lagarde, Manuel Valls, Jens Stoltenberg (Secrétaire général de l’OTAN) et bien d’autres. Évidemment, le tablier maçonnique est très bien représenté dans cette affaire qui regroupe toutes les étiquettes politiques de façade.
On touche clairement du doigt ici que les présidents nationaux ne sont que des relais exécutants, des courroies de cette machinerie supranationale qui oriente les politiques qui nous sont infligées.
La ploutocratie installée au pouvoir a simplement besoin de la caution du pigeon allant « urner » de temps en temps afin qu’elle puisse arguer d’une légitimité et se maintenir là où elle est sans passer pour une dictature. Pendant qu’on vous amuse avec les illusions de démocratie et de « peuple souverain », le Bilderberg agit.
