
Nous y voilà. Macron et Von der Leyen veulent encore une fois nous « protéger » de nous-mêmes, avec leur armée de communicants, de censeurs numériques, leurs tiers de confiance, les « signaleurs » autorisés. Ils veulent censurer la parole libre sur les réseaux sociaux, pour « protéger la démocratie » en la mettant sous cloche, réguler les plateformes, « assainir le débat, protéger la « vérité ». Mais depuis quand la vérité est décrétée par des technocrates ou un État qui passe son temps à vouloir censurer la parole libre ?
Pour vendre leur programme de censure numérique, ils appellent ça « lutte contre la désinformation et les discours de haine ». En réalité, la guerre contre la guerre contre la désobéissance. Leur « bouclier pour la démocratie » n’est pas un bouclier, c’est une cage, pour enfermer la parole libre, un tamis du réel, un filtre à idées, un Google de la pensée autorisée. Chaque tweet, chaque vidéo, chaque mot posté en ligne sera un dossier contre vous. Un clic de travers et vous serez notés, signalés, censurés, rangés, enfermés. Bienvenue dans la « République de la bonne information » ! Celle qui rassure, celle qui plait, celle qui obéit, celle qui ne froisse personne, surtout pas les puissants.
L’Europe qu’on nous vend, ce n’est certainement pas l’Europe des Lumières, ce n’est pas non plus l’Europe de la paix. C’est plutôt l’Europe des interrupteurs, on éteint les lumières, toutes les lumières. Et puis surtout, on éteint le débat. C’est un continent où on éteint la parole pour éviter le feu. Parce que la colère, elle est partout, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne. Mais il ne faut surtout pas poster sa colère sur les réseaux sociaux, il ne faut surtout pas dire ce que l’on pense dans un Agora numérique qui serait dangereux finalement pour la propagande de Bruxelles où celle des États qui sont là pour vous contrôler.
Le vrai danger, ce n’est pas le mensonge ou la désinformation, c’est la peur de parler, c’est la peur de publier, c’est la peur de penser, et de penser autrement. Et quand la peur s’installe, les mots se taisent. Et quand les mots se taisent, il n’y a plus que le pouvoir qui parle seul, comme Macron qui adore se mettre en scène dans ce format où il parle seul au milieu d’invités triés sur le volet, comme ce président qui descend les Champs Élysées vidés de tout un peuple, saluant une foule qui n’existe pas.
Parce que la peur est là, aujourd’hui, parler publiquement peut vous attirer des ennuis. Alors, disons-le clairement, nous refusons d’être les spectateurs de notre soi-disant « démocratie », nous refusons que la vérité soit gérée par des technocrates comme un service public, avec un ministère de la Vérité, nous refusons cette mise sous tutelle du débat, cette mort programmée même du débat public par les censeurs.
L’information libre n’est pas un privilège, c’est un droit, qui est né dans le vacarme des imprimeries clandestines, un droit qui est né dans le cri des journaux clandestins, dans les blocs dissidents, dans les vidéos mal cadrées, dans les rires, les insultes, mais aussi les doutes, les colères, et les débats justement.
Alors qu’ils s’indignent, qu’ils légifèrent, qu’ils censurent, nous continuerons à débattre, à rire, à dénoncer, à informer, puis à douter, parce qu’il ne faudrait pas douter, ni de la « vérité » que voudrait nous présenter un pouvoir censeur, ni de la science alors même que le débat scientifique fait rage. Or, un peuple qui doute c’est un peuple vivant. Mais visiblement, du côté de Bruxelles comme du côté de Paris, c’est un peuple mort qui devrait hanter les rues de nos villes.
Un mot libre vaut mieux que n’importe quelle vérité surveillée. La vraie démocratie ne se programme pas, elle ne se contrôle pas, elle ne se décrète pas, elle existe ou pas. Liberté de parole, liberté d’informer, liberté d’être soi tout simplement. Tout le reste n’est que propagande.
Face au « bouclier pour la démocratie » qui est en fait l’avènement d’un Internet balkanisé où la censure sera géographique, ciblée – on l’a connu lors des Gilets Jaunes, on l’a connu en Nouvelle Calédonie, on le connaîtra encore, on a connu la censure pendant le Covid – on sait maintenant comment tout cela fonctionne et on sait comment répondre, par la liberté tout simplement.

Continuez, partagez, et on ne lâche pas, parce que nous sommes tout et ils ne sont rien.
— Alexis Poulin
