11 novembre…

Le 11 novembre était un jour de victoire en 1918. Avec le recul, on voit maintenant que c’est la date la plus funeste de l’histoire de France. Le fait est que ces centaines de milliers de jeunes Français (1,4 à 2 millions selon les sources) sont morts moins pour récupérer l’Alsace et la Moselle que pour sauver le régime républicain qui nous a mis dans l’épouvantable situation où nous sommes aujourd’hui.

Les deux figures de proue du nationalisme français de l’époque qu’étaient Maurice Barrès et Charles Maurras ont alors joué un rôle funeste, il faut le dire. Dès 1911, ils avaient relégué au second rang la lutte contre le régime pour orienter les passions contre l’Allemagne.

Les « Boches » furent alors dépeints comme des barbares sanguinaires ou des singes, au choix ; il faut voir les affiches de l’époque ! Même l’antisémitisme fut alors dévoyé par ces intellectuels qui dépeignaient l’Allemagne toute entière comme « la monture d’Israël ». Seul le grand Edouard Drumont sembla garder la tête froide. 

Plus que jamais, le combat intellectuel est nécessaire – que dis-je, vital – pour ne pas recommencer les mêmes erreurs. Non, notre ennemi n’est pas à l’extérieur, ni en Russie, ni en Algérie. Il est là, au milieu de nous ; on l’entend sur toutes les ondes.

Hervé Ryssen