C’est un piège. Tout a commencé en Chine : une carte, un QR code, une base de données centralisée… et très vite, un système de crédit social. Un clic, et l’État savait qui vous êtes, où vous allez, ce que vous dites, ce que vous achetez, et ce que vous pensez.
Résultat : un peuple noté comme un produit. Un commentaire “malvenu”, un post critique contre le régime, une facture impayée, et vous êtes placé sur liste noire, vous perdez tout, votre compte bancaire, votre droit d’acheter un billet de transport en commun entraînant une limitation de vos déplacements, de créer votre entreprise, d’acheter un logement, ou même d’inscrire votre enfant dans une école privée, votre liberté.
Observons cependant ce fait, sans que le crédit social soit encore en vigueur ici, des citoyens français remarqués par les autorités pour des propos critiques, qui déplaisent au pouvoir, font déjà état de la première « sanction » mentionnée, la fermeture de leur compte bancaire.
L’identité numérique réalise l’idéal conçu sous les Lumières par certains penseurs, le rêve que la « machine tourne toute seule » afin que le gouvernant n’ait qu’à jouir de son statut dans l’oisiveté, un vœu de confortable gestion de la masse pur l’élite. La machine sociale parfaite en auto-fonctionnement, reproduisant sans fin un inexorable jeu tranquillement mécanique. Cet idéal souriant du gouvernant oisif, qui regarderait tourner la machine rappele l’ingénieuse « société d’automates » – quatre-vingt-six, grandeur nature – que se fait fabriquer en 1742 le roi de Pologne et Duc de Lorraine Stanislas, où chaque fonction économique est représentée par une aimable figurine articulée, l’ensemble symbolise assez bien ce modèle de souverain spectateur attendri d’une mécanique allant d’elle-même et sans à-coups. Robespierre imprégné de Rousseau parle alors de « chef-d’œuvre » social : le gouvernement, de fait, ne serait plus surmené.
En Chine, les photos de personnes sur liste noire tournent sur des écrans dans les lieux publics. Nous pensons que ce procédé d’avis se justifie à l’encontre des pédophiles et des violeurs remis en liberté, afin d’alerter le voisinage des quartiers où ils s’installent, et que ces prédateurs filent droit. Nous ne sommes pas partisans de la société de désordre et d’insécurité dans laquelle vivent actuellement nos pays d’Europe occidentale, nous condamnons suffisamment la société construite dans nos pays par l’idéologie des vainqueurs de 1945. Un mauvais payeur, un individu malhonnête, un squateur qui s’empare du logement d’autrui avec les faveurs légales et la bienveillance d’une législation folle, doivent être neutralisés, ils doivent payer pour leurs comportements, selon le système de droit en vigueur. Mais pas à travers un système d’enregistrement généralisé permettant le contrôle et le suivi en temps réel des autres, des gens honnêtes. C’est à l’indélicat, au malfaiteur seul de subir la sanction, et uniquement pour des infractions de droit commun. Mais la gouvernance veut joindre à cela ce qu’elle érige en délit d’opinion.
Aujourd’hui, l’Occident copie exactement le modèle chinois. Sous couvert de “sécurité”, “inclusion numérique” ou “innovation”, ils construisent la même prison digitale, mais avec un joli logo européen. Demain, votre pass santé, votre permis de conduire, votre carte vitale, votre compte bancaire et votre signature numérique seront fusionnés. Un clic pour vous identifier. Un clic pour vous effacer.
Sur RLT, le macroniste Paul Midy l’a admis : votre identité numérique sera liée à vos réseaux sociaux. Officiellement pour lutter contre les « méchants ». Officieusement : un pas de plus vers une société où chaque mot, chaque like, chaque avis deviendra un risque.
Ne vous fais pas avoir : ce n’est pas la technologie qui est dangereuse, c’est ce qu’on en fait, c’est ceux qui la contrôlent. Le contrôle digital de l’identité, c’est contrôler les individus. Et contrôler les individus c’est contrôler le corps social. Refusez. Rejetez. Résistez.
