En 4 générations, l’autonomie des enfants s’est effondrée : elle est passée de 10 kilomètres à 300 mètres. L’accroissement de l’insécurité, le manque de confiance que génère la société et la nécessité de prudence parentale qui en découle ont supprimé le monde. L’insouciance qui était la normalité dans le passé, a disparu.
– En 1919, un enfant de 8 ans parcourait 10 kilomètres seul pour aller pêcher.
– En 1950, son petit-fils marchait 1 kilomètre pour rejoindre le bois.
– En 1979, sa fille allait à la piscine, à 800 mètres.
– En 2007, son arrière-petit-fils avait le droit d’aller au bout de sa rue, à 300 mètres. Son royaume s’est rétréci à la taille d’un trottoir.
De génération en génération, l’autonomie des enfants s’est dissoute comme du sel dans l’eau. Un effondrement silencieux aux conséquences graves. En perdant leur liberté de mouvement, les enfants perdent bien plus qu’un espace de jeu : ils perdent leur autonomie physique, leur stabilité émotionnelle, leur curiosité et leur lien au vivant. Car c’est là que tout commence : dans ces mètres arrachés à la peur.
La verdeur a besoin de mouvement. La jeunesse n’existe pas sans dehors. Nos enfants n’ont pas perdu leur curiosité. Ils ont perdu leur territoire. Or sans terrain, il n’y a plus de croissance, juste du maintien.
L’insécurité a explosé. Et elle a un coût : entre 1983 et 2008, le nombre d’enfants jouant dehors a chuté de 50%.
