Un propos de Tertullien (père de l’Église, IIIe siècle) collant à notre sujet du jour, nous n’hésiterons pas à le citer : « Les fléaux de la pestilence, de la famine, des guerres, des tremblements de terre sont considérés comme une bénédiction pour les nations surpeuplées. Puisqu’ils servent à tailler dans la croissance luxuriante de la population humaine. »
Mais commençons à traiter ce qui nous occupe par une digression qui, en dépit des apparences, n’a rien de déplacé. L’épidémie de pathologies nombreuses et diverses (ces « effets secondaires ») consécutives aux « bonnes injections anti-Covid » (parmi lesquelles on compte dégradations sévères du système nerveux, myocardites, épaississement du sang entraînant thromboses accidents vasculaires cérébraux et arrêts cardiaques, craintes de stérilisation…) est désormais constatée et évoquée plus largement. Les artisans, les soutiens et les crédules de cette entreprise gouvernementale d’inoculation continuent évidemment de ne pas faire le lien entre ces injections et cette floraison de problèmes et de décès « inexpliqués » (+ 33,34 % de hausse du taux de mortalité constaté chez les fillettes de 5 à 9 ans selon l’Insee, des sportifs à la pelle que l’on voit s’effondrer sur le terrain comme jamais auparavant…) Les plus clairvoyants, les plus avertis sur les réalités de notre époque, au rang desquels nous nous honorons de figurer, l’avaient senti venir précocement. Au royaume du mensonge politico-médiatique constant, c’est bien connu, le problème avec les « complotistes » c’est qu’ils ont raison trop tôt. Les indécrottables qui après tant d’années de tromperies avérées n’ont toujours pas compris qu’il ne faut pas croire un seul mot de la bouche de ces gouvernements occidentaux mondialistes félons aux intérêts de leurs peuples, sont donc allés se faire volontairement et aveuglément piquer dans les « vaccinodromes ». On ne peut rien pour ces gens. Pour revisiter Thucydide, le con subit ce qu’il doit subir. Un peu plus tôt, un peu plus tard, le mensonge finit par apparaître pour ce qu’il était. Ou pour le dire autrement, la vérité prend l’escalier tandis que le mensonge prend l’ascenseur. Face à ce constat, certains se demandent si cette campagne mondiale de « vaccination » n’aura pas constitué une entreprise (non avouée évidemment) de dépopulation à grande échelle dans le cadre du Grand Reset par la mise en place d’une détérioration de la santé des receveurs et de leur descendance, à travers des déclenchements de problèmes entraînant la mort ou la stérilité, dès maintenant et dans les années à venir (frappant chronologiquement les organismes des moins aux plus résistants).
La surpopulation est certes un problème majeur pour l’avenir, et rien de sérieux n’a été entrepris jusqu’à présent pour le réduire. Si jamais cette théorie de dépopulation mondiale par l’introduction volontaire de pathologies à travers l’inoculation « anti-Covid » s’avère exacte, il pourrait bien s’agir de la seule démarche positive dans le cadre du Grand Reset promu par le World Economic Forum de Davos. Et si encore cette théorie de dépopulation mondiale s’avère exacte, le gouvernement Chinois avec sa politique illusoire zéro Covid a fait sa part de boulot. Le problème, c’est que les gouvernements européens ont eux aussi lancé leurs pays dans cette frénésie vaccinale, avec la France en bonne place, alors que notre continent n’est pas une zone génératrice de la surpopulation planétaire, contrairement à l’Afrique qui elle précisément et au contraire a très peu vacciné, échappant à l’entreprise mondialiste de régulation de la population, ce qui ne fait pas notre affaire et alimente la submersion migratoire de l’Europe. Nous devons donc voir dans le malthusianisme, un allié à la condition qu’il soit répandu à d’autres zones du globe que notre continent. Alors penchons-nous sur Thomas Malthus, ses détracteurs et ses partisans.
La cabale montée par l’idéologie socialiste et le culte multiracial contre l’Anglais Thomas Malthus (1766-1834) est une des grandes supercheries des temps modernes ; on peut encore lire à l’article Malthus de l’International Encyclopaedia of the Social Sciences que sa théorie de la population « est un exemple parfait de métaphysique travestie en science ». Si les néo-malthusiens, depuis Francis Place au XIXe siècle, préconisèrent la contraception, l’homme d’église qu’était Malthus l’a toujours condamnée. Plus d’un sera surpris d’apprendre que dans la seconde édition de son Essai sur le Principe de Population, précisant sa pensée sur la réduction de la natalité, il invoque la « restriction morale ». Qu’il réduit à un mariage tardif accompagné par un « célibat prénuptial » lequel n’est autre que « l’abstinence » rencontrant un certain engouement aux États-Unis.
En revanche, Malthus ne cessa de déplorer que les moins aptes à survivre se reproduisent le plus. De surcroît, ses théories ont été notablement déformées par ceux qui en firent une analyse mathématique, comme l’agrarienne et économiste danoise Ester Boserup. Pour cette dernière, en effet, les méthodes agriculturales sont directement influencées par l’importance de la population, de sorte que plus celle-ci est nombreuse, plus elle suscite l’innovation et crée l’abondance, alors que pour Malthus, si la nourriture vient à manquer, la population en trop doit périr. Pour lui, les surfaces agricoles conditionnent la survie des populations. Mais ces dernières se multipliant à la mesure de l’espace dont elles disposent jusqu’à atteindre des niveaux insupportables, dès lors la nourriture se raréfie, les famines surviennent… et la démographie s’effondre. Pas du tout, rétorque Boserup, une forte croissance démographique contraint la société à accroître la nourriture en utilisant plus de main-d’œuvre, de mécanisation, d’engrais. Sauf que, en forçant ainsi indéfiniment la production, on aboutit à l’impasse dans laquelle s’est enferrée l’agriculture industrielle contemporaine. « La vigueur de la population, écrit Malthus, est à ce point supérieure à celle que la terre dispense pour nourrir l’homme qu’une mort prématurée doit, d’une façon ou d’une autre, rendre visite à la race humaine. Les vices de l’humanité sont des relais actifs et efficaces de la dépopulation. Ils sont les précurseurs de la grande armée de démolition et souvent achèvent eux-mêmes le terrible travail. Si pourtant ils échouaient dans cette guerre d’extermination, les saisons malades, les épidémies, la vermine, la peste avanceraient en ordre terrifiant. Et balaieraient des dizaines de milliers de gens. Si encore le succès n’était pas total une famine aussi gigantesque qu’inévitable surgirait de l’arrière et d’un seul coup remettrait au même niveau population et nourriture. »
Dès les années 1950, les Prix Nobel américains Robert Solow, Paul Samuelson, Edmund Phelps ou Kenneth Arrow exposent une vision très malthusienne de la croissance démographique et de la production. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de citer Malthus pour faire du malthusianisme. Après tout, chacun souhaite que soit préservé du mieux qu’il est possible le plus qu’il est possible. Les économistes cités, notamment Samuelson, sont parmi les scientifiques américains les plus renommés au XXe siècle. Sur la démographie ils s’opposeront à de solides antimalthusiens qu’ils retrouvent pourtant à leurs côtés dans la lutte contre le mondialisme et le libre-échange, tel Lyndon LaRouche, électron libre qui erra entre extrême droite et extrême gauche.
On comprend qu’en ce début de XXIe siècle, si Thomas Malthus n’a jamais été à la fois autant encensé et détesté, il concentre sur lui toute l’inquiétude du monde moderne. Rappelons ici que John Holdren, le conseiller d’Obama sur les questions scientifiques, ne l’a jamais dissimulé : « Nous campons fermement dans le camp malthusien, écrivait-il en 1977 dans Ecoscience, écrit en commun avec Ann et Paul Ehrlich… : contrôle de la population, limitation de la consommation matérielle, redistribution des richesses, transition vers des technologies moins brutales du point de vue social et environnemental qu’elles ne le sont aujourd’hui, orientation vers une forme de gouvernement mondial ».
Le catéchisme socialo-libéral pourtant ne cesse de le marteler : Malthus s’est trompé, l’humanité n’a pas été balayée par la famine. On connaît sa formule : les ressources tendent à se développer arithmétiquement alors que la population, si elle n’est pas contrôlée, le fait de façon géométrique. Les premières sont ainsi débordées par la seconde. En somme, « un correcteur naturel des excès provoqués par les intempérances du Progrès ».
Bon. Malthus était toutefois d’un véritable « esprit social ». Son père était un ami du philosophe David Hume, un des plus grands écrivains de langue anglaise, et de Rousseau. Attiré par les idées libérales d’Adam Smith, lui-même s’efforça d’appliquer les idées du pasteur William Godwin, disciple de Rousseau et de Condorcet, admirateur des Lumières, considéré comme le premier anarchiste moderne et auteur en 1793 d’un pamphlet qui exigeait plus d’égalité sociale et économique afin d’éradiquer la pauvreté.
RÉACTION CONTRE L’OPTIMISME BÉAT
Pendant des années, Malthus s’occupa des pauvres de sa paroisse frappés par les mauvaises récoltes de 1794 et de 1800. S’engageant dans une sorte d’apostolat fort éloigné de l’image qu’on lui prête, il tira de cette expérience un traité (non publié) en faveur de l’assistance publique. Son admiration pour Godwin ne dura qu’un temps et s’acheva avec la publication par celui-ci d’Enquête sur La Justice politique, où, se laissant emporter par son enthousiasme révolutionnaire, il associait la croissance démographique à un progrès sans fin et à l’épanouissement de la justice sociale. L’Essai sur le Principe de Population de Malthus fut donc écrit en réaction contre cet optimisme outrancier dont il pouvait mesurer autour de lui la nocivité.
Replacer Malthus dans son contexte évite les anachronismes fâcheux. Lorsque paraît l’Essai sur le Principe de Population, la Grande-Bretagne est en crise. Les idées caritatives se développent notamment dans le cadre du « Tory Paternalism » qui relancera les Lois sur la pauvreté, remontant à la peste noire de 1350, et codifiées par les Tudor en 1595 afin d’éliminer les vagabonds. En 1601, elles furent transformées en lois d’aide sociale par Elizabeth 1ère. En 1834 furent enfin votées de véritables lois d’aide sociale à la pauvreté sous l’impulsion du juriste et philosophe Jeremy Bentham – qui devait profondément influencer le mouvement anglo-américain de l’État-providence. Malthus s’y était toujours opposé dans la forme, y voyant une démarche futile ne pouvant déboucher que sur un accroissement du nombre des pauvres. Bentham, proche des premiers socialistes, comme Owen, ou des libéraux, comme James Mill et son fils John Stuart Mill, étaient également très liés avec l’économiste David Ricardo qui appartenait à l’entourage de Malthus. Il entretenait une correspondance suivie avec Adam Smith, Mirabeau et d’autres chefs de la Révolution qu’il soutint à ses débuts avant de s’en dissocier, révulsé par les « Droits Naturels » et la Terreur.
En 1798, la Terre ne compte que 900 millions d’habitants. Huit ans plus tôt a eu lieu le premier recensement américain. On se déplace à cheval, en voiture de trait ou à pied. Le premier train de passagers roulera en 1825 et le premier vapeur traversera l’Atlantique en 1827. C’est un temps d’optimisme exalté que ne partagent certes pas Dickens, Rousseau ou Thoreau. On se prépare à une ère industrielle qui fait rêver, convaincus que plus on serait nombreux à profiter de cette révolution de l’objet et plus s’imposerait le paradis sur terre. C’est dans ce contexte euphorique que Thomas Malthus publie son brûlot, que les disciples de ses contemporains qui réclamaient sa déchéance ne lui ont toujours pas pardonné, non plus que ses anticipations alarmistes.
L’ENNEMI PUBLIC N°1 POUR KARL MARX
Aujourd’hui encore, les plus féroces adversaires de Malthus sont les marxistes de tout poil, ce qui explique, étant donné leur omniprésence dans les médias, la force de la cabale déchaînée contre lui.
La misère populaire est au cœur du discours de Marx et Engels. Elle l’est aussi dans celui de Malthus. De sorte qu’ils se battent bien dans le même champ clos.
Marx et Engels auront été les ennemis les plus déterminés de Thomas Malthus. Contre lui ils portèrent ce qu’ils tenaient pour la pire des accusations : défenseur de l’aristocratie foncière ! Et il est vrai en effet qu’il considérait la propriété privée comme éthiquement juste, le besoin ne créant aucun droit et la justice n’impliquant pas la distribution égale des biens de consommation.
La chose n’est pas indifférente puisque, aujourd’hui encore, cela reste la charge principale qui lui est portée. Parmi les insultes que Marx déversera sur Malthus, qui n’était pas là pour se défendre, rappelons les plus connues : « plagiaire », « sycophante professionnel », « économiste vulgaire », « idéologue de l’aristocratie foncière », « agent de l’aristocratie terrienne », « avocat stipendié », « principal ennemi du peuple ». Une haine qui pourrait en partie s’expliquer par les emprunts que les duettistes firent à ce dernier, notamment concernant sa théorie de la population. Engels en particulier. Dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre en 1844, Engels insiste sur la fécondité des ouvriers obligés de se marier tôt, l’accroissement de la population britannique, fait souvent référence à « l’armée de réserve des travailleurs inoccupés » et à la surpopulation. Il n’hésite pas à voir une « déclaration de guerre de la bourgeoisie au prolétariat (dans) la loi de population de Malthus et la nouvelle Loi sur les pauvres qui a été conçue en accord avec elle ». Et il faisait référence à la Loi de 1833 réformant celle sur les pauvres de 1601 que Malthus avait longuement étudiée.
La critique de Malthus chez Engels et Marx est viscérale mais superficielle. En réalité, très influencés par les Lumières, ils ne remettent pas en question leur optimisme ahuri et considèrent que la société de progrès pourvoira à toutes les nécessités. L’Angleterre « surpeuplée » pourrait « nourrir une population six fois plus nombreuse. Le capital augmente quotidiennement (…) la science maîtrise les forces de la nature et les met au service de l’homme chaque jour davantage ». Plus loin, encore ceci : « La vallée du Mississippi contient suffisamment de terres vides pour nourrir toute la population de l’Europe, un tiers à peine du globe est cultivé et la productivité de ce tiers pourrait être plus que sextuplée si seulement l’on appliquait les progrès déjà réalisés. » Ce qui fait écrire à Engels en 1844 : « L’opposition entre l’excès de population et l’excès de richesse s’évanouit. »
Marx, quant à lui, reprochera surtout à Malthus de retarder la chute du capitalisme et, de ce fait, l’avènement du marxisme. « Toutes ces conclusions », lance-t-il irascible, dans Le Capital, « découlent bien de la théorie fondamentale de Malthus sur la valeur. Cette théorie, d’ailleurs, s’adaptait de façon remarquable au but poursuivi : la glorification de l’état social anglais, avec ses landlords, l’Etat et l’Eglise, les pensionnés, les collecteurs d’impôts, les dîmes, la dette publique, les boursicotiers, les bourreaux, les prêtres, les laquais… Malthus veut le développement aussi libre que possible de la production capitaliste, dans la mesure où la misère des classes ouvrières en est la condition ; mais il demande que cette production s’adapte en même temps aux besoins de consommation de l’aristocratie et de tout ce qui la complète dans l’Eglise et l’Etat, qu’elle serve de base matérielle aux prétentions surannées de ceux qui représentent les intérêts légués par la féodalité et la monarchie absolue ».
Cent ans plus tard, la bile marxiste anti-malthusienne se déverse toujours avec autant de véhémence.
SON INFLUENCE SUR DARWIN
L’Américain John Rohe, auteur de Essai pour le Bicentenaire de Malthus, confirme que l’Essai sur le Principe de Population de celui-ci aurait d’abord été une réaction contre l’optimisme béat qui prévalait. En affirmant que, non corrigée, la progression exponentielle de la reproduction humaine pourrait être insupportable, Malthus a en réalité émis une hypothèse essentielle pour la survie de l’humanité. Quarante années plus tard, la découvrant, Darwin la reprit à son compte et la compléta par une seconde formule : seul le plus apte survit. Dominique Lecourt, « philosophe de la science », ne tarit pas d’éloges sur lui : « La conception de Darwin est bel et bien (le) socle de toute la biologie contemporaine, de ses innombrables programmes de recherche et de ses puissantes applications jusqu’en pharmacologie. La biologie actuelle est construite autour du concept-clé d’évolution par sélection naturelle, la descendance avec modification dont parlait Darwin ». Ainsi on porte aux nues le génie planétaire mais on continue à brûler celui qui l’inspira. Darwin ne fut d’ailleurs pas le seul. Alfred Wallace, dont la théorie de l’évolution basée sur la sélection naturelle l’incita à précipiter la publication de son Origine des Espèces, lui aussi reconnut avoir été ébranlé par la lecture de l’Essai sur le Principe de Population.
La pensée contemporaine n’en reste pas moins profondément imprégnée par la conviction que rien ne saurait limiter le progrès. « La certitude, écrit Rohe, que la croissance perpétuelle sur cette planète finie pourrait se poursuivre éternellement est la posture d’un fou délirant lunatique. C’est néanmoins celle qui gouverne tous nos principes économiques actuels ».
« NOUS ALLONS À LA FAMINE »
En 1967 paraissait sous ce titre un livre du gourou français des écologistes, le technocrate agronome René Dumont qui reprenait en réalité une série de données parues dans un rapport de 1965 de la FAO – Le Bilan de la dernière décennie, dont il partageait également les conclusions. Certes le développement démographique de la planète – passé de 1,8 milliard en 1930 à 2,2 milliards en 1940, pour atteindre 3,3 milliards d’habitants en 1965 – était considérable mais la plupart des productions agricoles avaient durant cette même période progressé de 2,7 % par an en moyenne.
A part le caoutchouc, le coprah, l’huile d’olive et l’avoine, la plupart des productions agricoles avaient progressé plus rapidement que la population. Sauf le riz, le blé, le vin, la laine, le coton et le tabac qui avançaient au même rythme. Mais dans les pays en développement la consommation du blé et du riz explosait, avec pour conséquence la quasi-disparition des stocks de réserve. Ce qui posait de graves interrogations sur l’état des approvisionnements. La situation aujourd’hui n’est guère plus favorable.
On connaît bien les raisons de cette croissance des productions agricoles. La mécanisation renforcée par le gigantisme du machinisme, l’électronique et l’irrigation. La recherche agrobiologique, agrochimique, agromécanique. Mais également la protection, la conservation, l’adaptabilité, la sélection et la création de nouvelles espèces végétales et animales qui, parfois, ont donné des résultats extraordinaires. Toutes « améliorations » qui ont provoqué des ravages irréparables à l’environnement et fait de cette agrochimie industrielle l’ennemie des propres disciples de Dumont.
Le Bilan de la dernière décennie – 1955-1965 – de la FAO montre que si la production agricole a considérablement reculé dans le Tiers-Monde depuis la fin de la IIe Guerre mondiale, les États-Unis, croulant sous les excédents, ont transformé des centaines de milliers d’hectares de céréales en zone d’irrigation du coton, du riz, des fruits et légumes. L’Europe vit sa production céréalière croître de 30 % en dix ans. L’Océanie (essentiellement l’Australie et la Nouvelle-Zélande) par l’association ovins/céréales, produisit beaucoup plus que ne crût sa population. Les pays de l’Europe de l’Est et l’URSS, défrichant des régions entières pour mécaniser leur agriculture, accentuèrent eux aussi la distorsion population/production alimentaire. Dans tous ces pays (excepté ceux recevant une forte immigration), la population recula spectaculairement.
Pendant près d’un demi-siècle, ce sont donc les surplus de l’agriculture ultra productiviste des Blancs qui auront empêché que ne survienne, selon le schéma imaginé par Malthus deux siècles plus tôt, une famine à l’échelle de la planète. Pour la pallier Dumont conseillait le recours à une alimentation non agricole à base de levure et de chimie ! Et la structuration de la production agricole à l’échelle mondiale. En somme, faire produire davantage par les pays blancs, consolider leur agriculture productiviste et chimique, la déverser sur des marchés mondiaux organisés selon une meilleure répartition de la consommation. Ce à quoi s’efforcent depuis quinze ans les institutions mondialistes du type OMC contre lesquelles les écologistes font semblant de se mobiliser.
Comme son contemporain Jacques-Yves Cousteau, Dumont proposa de limiter la surpopulation en réduisant d’abord la natalité dans les pays où elle est la plus inquiétante. Ce qui ne doit pas être du goût de son sectateur, le vert Yves Cochet, qui souhaiterait, lui, limiter la seule reproduction des Européens, lesquels ont pourtant déjà réduit leur natalité à la limite du seuil de disparition future.
Depuis Dumont, non seulement des millions d’hectares ont été stérilisés mais la déforestation a partout progressé, la surpêche vidé les océans et l’on a pris conscience de l’impossibilité d’irriguer les surfaces indispensables pour nourrir 1,5 milliard d’affamés et 4,5 milliards d’autres qui rêvent de se nourrir comme les 500 millions qui sont gavés. Et des centaines de millions qui viennent se goinfrer à la source.
LA « BOMBE P. »
L’écolo-économiste américain Paul Ehrlich est auteur de La Bombe P. (Population) – « trop de voitures, trop d’usines, trop de détergents, trop de pesticides […]. La cause en et toujours la même : trop de monde sur la Terre ». Un livre qui eut un succès considérable, fut traduit et diffusé en France, par les Amis de la Terre, très tôt après leur fondation en 1970, cette organisation écologique précurseur qui était alors placée sous le patronage des scientifiques Claude Lévi-Strauss, Théodore Monod et Jean Rostand.
Dominique Guillet, le courageux directeur du distributeur de semences biologiques Kokopelli, énumère quelques une des catastrophes déjà survenues.
Entre 1956 et 1996, l’érosion a fait disparaître 1,5 milliard d’hectares de terre arable dans le monde.
1.370 ha se transforment en désert toutes les heures, soit 12 milliards d’ha par an, la moitié de la surface agricole française.
En 150 ans, les USA ont perdu 75 % (1,50 m) de leur humus.
En Europe, il faudra 2.000 ans pour revitaliser vingt années de production intensive de betteraves.
On pourrait y ajouter l’effondrement des réserves halieutiques des océans. Le recul de la révolution verte. Depuis 1996 la production de céréales par hectare n’a augmenté que de 1% contre le double au cours des 40 années précédentes. Chaque terrien en 1950 disposait d’un quart d’hectare de céréales. Réduit aujourd’hui à 10 % d’un hectare.
Barbara Rose, directrice de Future Harvest qui promeut le financement de la recherche agronomique dans le monde, écrit : « Dans le Nord, les gens pensent que notre problème agricole a été réglé et que nous n’avons pas à nous inquiéter. Nous disons que nous avons intérêt à nous inquiéter. Chaque année dans ce siècle il y aura 80 millions d’habitants en plus. »
D’ailleurs, au cours du XXe siècle, la famine a été au cœur des hantises de l’administration mondialiste naissante depuis la convention du 1er août 1905 qui réglementa les marchés alimentaires et suscita la conférence internationale de 1908/1909 dont émergea le premier codex alimentarius. La Commission internationale agraire de 1936 de La Haye. La création dès 1943 de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, profitant du chaos de la guerre et avant même que l’ONU n’existe. Le Conseil International de la crise Alimentaire en 1946. Le Comité des produits et la Sous-Commission de l’Écoulement des surplus de la FAO. La campagne contre la Faim de B.R. Sen en 1958. Le Programme Alimentaire Mondial qui se poursuit depuis 1962, sans lequel les prophéties de Malthus seraient d’actualité. Les Congrès Mondiaux de l’Alimentation de 1963 et 1970. jusqu’à l’Accord sur l’Agriculture de 2000, la Convention Internationale sur la protection des végétaux, la création de l’OMC (1995) sur les décombres du GATT dont dépendit le Cycle d’Uruguay, etc.
Rappel : sur 7.888.000.000 de Terriens, 850.000.000 ne mangent pas à leur faim.
Aussi a-t-on peine à suivre les antimalthusiens. Comme l’économiste américain Julian Simon, ennemi intime de Paul R. Ehrlich et auteur d’un ouvrage qui fait toujours autorité, Ultimate Ressource. Le monde ne saurait être « fini », affirme-t-il. Les ressources naturelles, renouvelables, seraient une création de l’intelligence humaine. Charbon, pétrole, uranium… ne deviendraient des ressources qu’après avoir été transformées par elle. Pour Simon, comme pour Boserup, l’intelligence s’élèverait avec l’augmentation de la population et son degré d’instruction, la production dépasserait alors la demande, faisant baisser les prix et laissant à la société suffisamment de réserves pour lutter contre la pollution et la concentration humaine. En somme l’humanité serait confrontée à l’inverse d’une situation de crise. Ce discours, à la crédibilité de plus en plus contestée, est celui que tient depuis des générations le Système en place.
Célébré pour son opposition au « pessimisme malthusien », Julian Simon reçut le soutien des économistes de l’université de Chicago, Friedrich Hayek et Milton Friedman. Il fut un partisan enthousiaste de la philosophie dite de Cornucopia, prenant pour symbole la corne d’abondance, selon laquelle le progrès n’aurait pas de limites, non plus que la richesse. L’innovation technologique et scientifique permettrait à la civilisation humaine de se développer indéfiniment. La matière et l’énergie seraient suffisamment abondantes pour satisfaire les 9,5 milliards d’humains prévus pour 2050, seule une mauvaise répartition de la croissance et de la richesse empêchant que tous en profitent.
Simon fut un des fondateurs de l’école dite d’Environnementalisme de libre marché visant à renforcer une société libre dans une économie libre garantissant la libre propriété et la libre entreprise. Franchement opposé à l’hégémonie gauchiste dominant les Verts, l’Environnementalisme de libre marché penche vers ce que l’on appelle aux États-Unis le Libertarianisme, actuellement très à droite. Y ont adhéré des personnalités telles que Ron Paul, Murray Rothbard, ou Roger Bate économiste défenseur du DDT qui tient les écologistes pour responsables de millions de morts du paludisme en Afrique. On y trouve également… Daniel Cohn-Bendit, ainsi encarté dans une organisation réactionnaire dont le directeur de conscience, Julian Simon, dénonçait vigoureusement l’éventualité d’un changement climatique anthropique, affirmant que les pollutions au plomb, DDT, PCB, malathion, Agent orange et amiante n’étaient « absolument pas prouvées », de même d’ailleurs que le « pic pétrolier ». Au point de déclarer peu avant sa mort en 1998 (qu’il) « n’existait pas de raison impérieuse pour croire que les prix du pétrole puissent augmenter dans les prochaines décennies ».
On comprend que de telles déclarations rendent plus que jamais souhaitable le retour en grâce des malthusiens.
PLAN B. POUR SAUVER LA PLANÈTE
Lester Brown, directeur de World Watch et du Earth Policy Institute, un des précurseurs du mouvement écologiste, reconnu par le Washington Post comme « l’un des penseurs les plus influents de notre temps », aurait été l’inspirateur du Grenelle de l’Environnement. Or il ne cache pas son admiration pour Thomas Malthus. Et observe que si durant l’année de la publication par Malthus de l’Essai sur le Principe de Population celle-ci n’avait cru sur la planète que de 0,2 %, l’actuelle croissance annuelle est à 1 %, entre 70 et 80 millions d’habitants supplémentaires. Quand surfaces cultivées et ressources en eau potable sont restées à peu près identiques. Verts et LR peints en vert sont loin de partager tous ses points de vue. En particulier sur la question de la surpopulation.
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages qui font autorité, il est notamment connu pour le très controversé Plan B : sauvetage d’une planète sous pression et d’une civilisation en crise (2003). Ses analyses encouragent d’autant moins à l’optimisme qu’il les illustre d’innombrables exemples glanés dans le monde rural, notamment parmi les agriculteurs en train de perdre la bataille de l’eau contre la mégapole – modèle de la société future – et le tourisme. Or, sans l’apport massif de l’irrigation, il est exclu de multiplier par deux la production alimentaire d’ici 2050, avec deux milliards d’habitants en plus.
En mai 2009, Brown publiait dans le Scientific American un long article intitulé « Est-ce que la pénurie alimentaire peut détruire la civilisation ? » Il y reprenait les grands thèmes qu’il défendait depuis un quart de siècle. Rappelait l’envolée du prix des céréales en 2007 et 2008 et l’impatience du Tiers-Monde à accéder à une nourriture carnée de type occidental. D’où la pression intolérable sur le marché mondial des céréales, lequel approvisionne l’élevage industriel dont on exige toujours plus de lait, d’œufs et de viande. Marché de surcroît réduit par l’énormité des tonnages de blé et de maïs que les États-Unis détournent vers les agrocarburants. Il soulignait également que 70 % des eaux douces sont utilisées pour l’irrigation, alors que de plus en plus de nappes phréatiques et de puits artésiens s’assèchent.
Brown, depuis des années, insiste sur la lecture erronée des prévisions de Malthus… qui ne pouvait imaginer la révolution génétique née près d’un siècle après les découvertes du moine autrichien Gregor Mendel ! Ni celle des amendements chimiques – NKP – conçus par le chimiste allemand Justus von Liebig dont est issue l’agriculture chimique qui, en un siècle et demi, a stérilisé des millions d’hectares dans le monde. Pas plus qu’il ne pouvait imaginer une organisation mondiale autiste qui entretient dans des camps des millions de moribonds et alimente 1,5 milliard d’autres dont l’unique activité est de se reproduire.
A ses yeux, la révolution céréalière fut le résultat de trois avancées scientifiques et techniques arrivées à leur terme.
La première concerne la photosynthate, produite par la photosynthèse, dont 20 % parvient à la semence (le reste étant réparti dans les feuilles, la tige, les racines). Plus de la moitié aura été détournée vers la seule semence, dynamisant la plante et permettant de produire 100 qx/h au lieu de 20. Mais 60 % devraient être la limite et on ne fera pas produire plus aux céréales. Probablement moins, étant donné la limitation forcée de l’irrigation et des intrants dérivés pétroliers.
En 1950, à la veille de la révolution agronomique, 14 millions de tonnes d’engrais chimique – azote, potasse, phosphore – étaient utilisés dans le monde contre 140 millions de tonnes en 1990. Aujourd’hui, y compris en chine, ils ont cessé d’avoir l’efficacité d’hier dans des terres de plus en plus stériles tandis que leur coût tend à en limiter l’usage.
Il en va de même pour l’irrigation. En 1950, 94 millions d’hectares étaient irrigués dans le monde contre 260 millions au début du XXIe siècle, surtout à partir de ressources non renouvelables. Plusieurs Etats de l’Inde, dont le Pendjab, « grenier à blé » du pays, le centre et le nord de la Chine voient leur production végéter. Longtemps importateur de blé majeur, à partir des années 1995 l’Inde s’est hissée à la troisième place des producteurs mondiaux. Grâce à la « révolution verte » des années 1970, appuyée sur une agriculture chimique, industrielle, de défrichage et d’irrigation massives, de destruction des sols et des modes de vie, comme il était advenu à toutes les sociétés occidentales atomisées par la révolution agraire des années 1960.
Lorsqu’elle devra se plier aux normes dites de développement durable, la belle structure progressiste s’effondrera, balayée par la famine. Il n’y a pas d’accord possible entre agriculture industrielle et défense de l’environnement. Quant au bio, il est absolument incapable de nourrir près de huit milliards d’individus, n’en déplaise à la FAO.
LA FIN DE LA CIVILISATION
Aujourd’hui, combattre le malthusianisme c’est tenir pour immoral de s’opposer au délire progressiste et l’accepter avec toutes ses conséquences. Se satisfaire d’une prochaine population de 9 milliards d’individus dont une part infime serait blanche. Parier sur la technique et les biotechnologies tout en les sachant incapables d’assurer une harmonisation des niveaux de développement planétaires et d’empêcher des conflits dont les nations occidentales feraient les frais. Accepter l’idée de métissage global, c’est-à-dire l’idée de la disparition des cultures et des identités communautaires au profit d’une imbécile créolisation. Tel est le credo imposé par tous les gouvernements et tous les pouvoirs intellectuels et moraux qui dominent l’Occident.
Inlassablement, la désinformation médiatique répète ses mots d’ordre : relance de la croissance, développement, nécessité de nourrir 9 milliards d’habitants, grâce à la science et a génie humain capables d’y parvenir selon des protocoles dont on ignore encore tout. L’Organisme Génétiquement Modifié étant à ce jour un fiasco complet, si ce n’est pour les multinationales et les instituts de recherche.
Au début des années 1970, les « néo-malthusiens », parmi lesquels le Club de Rome, Paul Ehrlich, John Holdren, et surtout le zoologue et écologiste Garret Hardin, sont revenus en force sur l’avant-scène. Ce dernier, qui a toujours tenu la surpopulation pour le principal danger menaçant l’humanité et les nations, se mit à dos la droite religieuse en défendant le principe de l’avortement. Mais les dérives dans lesquelles sombra ce principe lui firent reprendre le militantisme, cette fois-ci contre l’avortement tardif et les drogues maléfiques du type RU-486. En dénonçant l’immigration et en soutenant la sociobiologie, Hardin devint jusqu’à sa disparition en 2003 la bête noire de la gauche et de l’extrême-gauche.
Depuis des décennies, suggérer que les populations de couleur seraient incapables de maîtriser leur reproduction porte anathème. Certains se souviennent du scandale suscité par Pascal Sevran pour une petite phrase bénigne sur la natalité africaine mais insupportable à la caste dominante. Nombre d’intellectuels qui militent bruyamment dans les pays blancs pour la contraception, l’avortement et la réduction drastique de la démographie caucasienne ne considèrent-ils pas comme attentatoire aux Droits de l’Homme de réclamer la même chose dans le Tiers-Monde ?
L’observation de la nature, pourtant, donne pleinement raison à Malthus : toute extension exagérée du nombre d’individus, dans quelque société vivante que ce soit, se traduit tôt ou tard par des corrections radicales. Développement d’épidémies, famine, extermination physique des individus les plus faibles. La plupart des civilisations passées furent annihilées par la surpopulation, un déferlement migratoire insoutenable, un dérèglement de la gestion hydraulique de l’agriculture. L’ampleur de l’actuelle population humaine, bridée par les Diktats écologiques interdisant de faire quoi que ce soit, porte en elle les germes de catastrophes futures sitôt que la production ralentira ou que la consommation s’accroîtra. Les découvertes agronomiques qui ont induit d’immenses gains de productivité ont correspondu à un âge d’or de l’Amérique ethnique blanche et d’une science européenne qui ont enchaîné à une cadence exceptionnelle les découvertes scientifiques et technologiques. Mais l’afflux de populations de couleur dans les sanctuaires blancs soumis aux pressions multiraciales et multiculturelles a réduit considérablement les capacités d’inventivité. Aux États-Unis, la dépossession brutale des WASPs et la désignation, à la tête des plus grands instituts, de « scientifiques » dont la principale qualité est leur origine extra-européenne, ne cesse d’inquiéter. Le « miracle américain », ainsi que l’a largement démontré le sociologue Elmer Pendell dans Why Civilisations self-destruct, était lié à l’indiscutable qualité de l’élite blanche coloniale, filtrée par une sélection naturelle rarement égalée et qui fut, elle aussi, massacrée au cours du XXe siècle par des guerres criminelles, l’avortement et le métissage. La plupart des américains inscrits au Panthéon de leur pays avaient un ancêtre direct à bord du Mayflower. Cette civilisation industrielle, scientifique, technologique, imaginée par des cerveaux européens, selon leur vision du monde et leur conception de l’éthique et de la nécessité, se maintiendra-t-elle sans eux ? Pendell en doute : « La marche sur la lune ne donne aucune idée de la proportion croissante des individus qui peu à peu minent les fondations sur lesquelles se tenaient les précédentes générations de bâtisseurs. La fragilité d’une civilisation ne devient pas évidente tant que toute la structure n’a pas commencé à s’écrouler. » L’exemple des sociétés non européennes livrées à elles-mêmes est peu probant. Elles n’ont jamais dans toute leur histoire fait la preuve qu’elles seraient capables de maîtriser un outil aussi fragile et aussi complexe. La contestable qualité de leur production, leur incapacité à seulement améliorer ce qu’ils fabriquent, leur peu de propension à inventer hors ce qu’est capable de faire une électronique qu’ils ont copiée – on commence seulement à découvrir l’inadaptation de l’écriture chinoise au clavier électronique occidental – laissent planer les plus grands doutes sur leur faculté de se substituer aux Blancs pour rehausser leur science et leur technologie.
