La masculinité attaquée

La politique de brouillage des sexes actuellement menée par les ordures installées au pouvoir en Europe occidentale (via le recours à des travestis drag queens dans les spectacles scolaires, l’information dès l’enfance sur la possibilité de changer de sexe, la figure de l’androgyne diffusée par toute l’industrie de l’image, la promotion de l’homosexualité, la castration de « l’homme déconstruit » sous la pression gaucho-féministe, le cirque urbain du bobo métrosexuel sur sa trottinette et le baise-en-ville en bandoulière…) est un outil puissant et particulièrement abject de subversion de l’identité sexuelle et de la normalité.

Dominique Venner dans Histoire et Tradition des Européens a évoqué en ces termes l’attaque menée contre la virilité…

Bien que décriée, la notion de virilité reste irremplaçable pour définir ce qui est masculin. Ce n’est évidemment pas une affaire de pilosité, de posture ou de brutalité. La virilité est une disposition de l’âme et du tempérament, qui fait bon ménage avec la délicatesse et la sensibilité. Dans une époque de chaos, des femmes très féminines peuvent d’ailleurs se montrer plus « viriles », c’est-à-dire énergiques, entreprenantes et combatives, que des hommes qui ont accepté d’être culpabilisés dans leur virilité à laquelle ils ont renoncé. Ce n’est pas un hasard si le féminisme, cette révolte des femmes devant l’abaissement masculin, apparaît précisément à l’apogée de l’ère bourgeoise, quand disparaît l’homme d’épée comme paradigme, et que triomphent l’homme d’affaires avantageux, le politicien louche, la larve intellectuelle ou l’histrion arrogant. 

Après Hiroshima, la disparition de la guerre comme horizon mental des Européens de l’Ouest fut une catastrophe cosmique qui n’a pas encore été analysée. Les premiers effets ne se sont pas fait sentir partout avec la même ampleur. En France, ils furent retardés jusqu’au début des années 1960 par la guerre froide, les campagnes militaires d’Indochine et d’Algérie. Associée de toute éternité à la masculinité, la figure du soldat ou du guerrier n’avait pas encore entièrement basculé dans la réprobation morale, le ridicule ou l’assimilation à une violence odieuse.

Des origines au XIXème siècle, la guerre avait été la norme d’un monde en ordre, alors que la paix était un état précaire et anormal. Le renversement fut provoqué par les guerres de masse et les hécatombes géantes produites par la démocratisation et l’industrialisation des conflits. Les excès atroces de la guerre en Europe entre 1914 et 1945 ont tué l’ancien rapport à la guerre. Ils ont souillé et détruit la figure autrefois admirée du guerrier et, par voie de conséquence, la masculinité. En dépit des changements dans les rapports sociaux, la figure du bourgeois, « cet homme faux qui se prétend émancipé de tout et qui est l’esclave de ses intérêts, […] la sincérité en bandoulière, mais le mensonge au fond du coeur » (François Furet dans Le Passé d’une Illusion), oui, cette figure n’avait pu s’imposer comme modèle.

Jusque dans les années 1960, la République française, IIIème ou IVème du nom, pourtant très bourgeoise, était restée tributaire de la guerre, donc de la masculinité. C’était une « société d’hommes ». La fonction politique y était strictement masculine et l’initiation des jeunes mâles restait assurée par le service militaire, malgré une extrême médiocrité de l’institution. En cela, cette république n’était pas substantiellement différente de la féodalité mycéenne, des cités grecques de l’époque classique, de la Rome républicaine ou impériale, des communautés celtiques ou germaniques, des sociétés médiévales ou des monarchies de l’âge baroque. La continuité de l’État au sens masculin et européen du mot, quelle que fût sa forme extérieure, n’avait jamais cessé de s’exercer jusque vers 1960.

La société grecque ancienne, autant que la féodalité médiévale, distinguaient soigneusement la sphère politique (polis), celle de la virilité, de la sphère domestique (oïkos), celle de la féminité. Contrairement à ce que pensaient Bonald ou Fustel de Coulanges, la cité et l’État, en Europe, ne sont pas issus d’une extension de la famille, dont la finalité est privée, malgré son rôle de stabilisateur ethnique et social. L’ordre de la cité, celui de la chose publique, est masculin. Il n’a pas surgi de la famille, quelle que soit l’importance des liens du sang au sein des aristocraties et des monarchies. Il fut établi et maintenu par la fratrie des hommes libres, éventuellement chefs de famille. Il est en rupture complète avec l’univers domestique où règnent les femmes. On y accède par des rites initiatiques, dont la forme a évolué, mais dont la signification est restée inchangée en Europe jusqu’au début du XXème siècle. Il s’agit toujours d’arracher le jeune mâle à la société maternelle où s’est écoulée son enfance, de le purger de cette influence pour libérer sa virilité et pouvoir l’accueillir dans la société verticale des hommes.

La verticalité est intrinsèque à la masculinité et à l’ancien ordre européen. Elle se manifeste par une tension naturelle vers le risque, la différence, l’altitude en tout. Elle méprise la sécurité, la tranquillité, l’indolence, l’hédonisme, qui sont penchants horizontaux. Elle distingue, élève, attribue un rang. Elle hiérarchise les idées et les personnes. L’ordre d’Homère est vertical comme l’est aussi le langage, l’élégance, la grammaire, les donjons, ou la forme que l’on donne aux authentiques créations.