Affaire Jubillard : un pays et une Justice à la dérive

Nous touchons à la fin du procès de l’affaire Jubillard. Or il faut rappeler une évidence grosse comme un éléphant, que personne parmi les chroniqueurs et journalistes ne vient critiquer, c’est qu’un procès pour meurtre puisse se tenir alors que l’on n’a pas retrouvé le corps de la présumée victime. L’absence du corps est bien mentionnée dans le cadre de cette affaire, mais personne ne vient critiquer le fait qu’un procès se tienne malgré l’absence de cet élément matériel fondamental. Au prétexte de vouloir condamner un présumé auteur à tout prix, la Justice bafoue ce principe élémentaire depuis toujours dans le droit pénal : PAS DE CORPS, PAS DE MEURTRE. Face à cet élément indispensable, tout le reste, les déclarations, les témoignages de tel ou tel, tout cela n’a aucun poids. Cédric Jubillard a peut-être tué sa femme, mais peut-être qu’il ne l’a pas fait. Et en l’absence de corps, il est impossible d’établir que la personne que l’on ne retrouve pas n’est plus vivante. Elle peut tout aussi bien se trouver bien en vie quelque part, en Argentine ou dans les steppes mongoles. Chaque année, quantité de gens « disparaissent », coupent de façon inattendue avec leur vie passée, et font l’objet de « recherches dans l’intérêt des familles » selon la terminologie juridique. Condamner quelqu’un en l’absence du corps de la victime qu’on lui impute, c’est prendre le risque de condamner un innocent, c’est une entorse incroyable au bon sens. Ce pays et sa Justice sont dans une dérive folle. C’est sidérant.