Dans quelques semaines nous aurons l’occasion de revoir l’image surréaliste du passage à la nouvelle année sur les Champs-Élysées, avec cette foule smartphones brandis en train de filmer le décompte projeté sur l’arc de triomphe puis le feu d’artifice, assez stupides pour ne pas profiter pleinement du spectacle directement puisqu’il faut avoir un œil sur l’écran pour cadrer le sujet. Ce moment annuel est un révélateur surpuissant et terrible de l’état de zombification des Français. Ou comment peut-être rechercher désespérément un ersatz factice de « bonheur » dans le marasme actuel. Tragique. Au sommet de l’État, on doit jubiler de voir un tel asservissement au futile de l’homo festivus par ailleurs couché et subissant toujours plus ce qu’on lui inflige au quotidien. Face à la dégradation de la vie dans ce pays, face à la flambée des prix, à la démolition du système de santé, de notre outil énergétique nucléaire, face à l’explosion de la criminalité, à la dictature de l’article 49.3, à l’inertie d’une majorité de gamellards parlementaires qui ne joue pas son rôle d’opposition et ne fait strictement rien pour destituer, ou à minima entraver cette gouvernance de psychopathes mondialistes, on aimerait voir des foules semblables faire le siège des châteaux du pouvoir, il n’en est rien. Le zombi Français est au degré zéro de la conscience. Dans Histoire et Traditions des Européens, Dominique Venner a traité du zombi occidental et des méthodes de sa production, voici son propos.
Qui est sorti vainqueur de la guerre froide ? Les États-Unis bien sûr, et l’économie de marché. Mais aussi la religion de l’Humanité, une, uniforme et universelle. Une religion commune aux deux adversaires de la veille. Et ce n’était pas leur seule affinité.
Que voulaient les communistes d’autrefois ? Ils voulaient la mise en commun des richesses de l’humanité et une gestion rationnelle assurant à tous abondance et paix. Ils voulaient aussi la création d’un homme nouveau, capable de désirer ces bienfaits, un homme rationnel et universel, délivré de toutes ces entraves que sont des racines, une nature et une culture. Ils voulaient enfin assouvir leur haine des hommes concrets, porteurs de différences, leur haine également de la vieille Europe, multiple et tragique.
Et l’Occident américain, que veut-il ? Eh bien, la même chose. La différence porte sur les méthodes. Récusant la planification par la contrainte, le système américain voit dans le marché le facteur principal de rationalité économique et des changements. D’où le nom de communisme de marché que lui donne Flora Montcorbier. Le communisme de marché, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer l’homme, fabriquer l’homo oecumenicus de l’avenir, le zombi, l’homme du nihilisme, vidé de contenu, possédé par l’esprit du marché et de l’Humanité universelle. Le zombi se multiplie sous nos yeux. Il est heureux « puisque l’esprit du marché lui souffle que le bonheur consiste à satisfaire tous ses désirs ». Et ses désirs étant ceux du marché ne sont suscités que pour être satisfaits.
Mais il y a pourtant des résistances. Comme le dessein est grandiose, on ne lésine pas sur les moyens pour les briser. Les obstinés qui ne reconnaissent pas les bienfaits du système peuvent s’attendre au sort de l’Irak à partir de 1991 ou de la Serbie en 1999. Le monde est plein de pervers en puissance qu’il faut mater ou rééduquer.
Afin de zombifier les Européens, jadis si rebelles, on a découvert les avantages de l’immigration. Les résultats sont excellents. L’installation à demeure de communautés immigrées accélère la prolétarisation des immigrés eux-mêmes, mais aussi des travailleurs de souche, les « petits Blancs ». Privés de la protection d’une nation cohérente, traités en suspects par la puissance publique, dénoncés par les autorités morales, les indigènes [du continent Européen, nous-mêmes, Blancs] perdent leurs dernières immunités communautaires. Ils deviennent des « prolétaires nus », des zombis en puissance.
Pour faire passer ces désagréments, le trait de génie fut d’utiliser les anciens intellectuels communistes, leurs compagnons de route et leurs proches. Ils ont fourni l’important clergé inquisitorial de la religion de l’Humanité, ce nouvel opium du peuple, dont le foot charpente les grand-messes. Une religion qui a ses tables de la loi avec les droits de l’homme, autrement dit les droits du zombi, lesquels sont les devoir de l’homme. Elle a ses dogmes et son bras séculier, l’armée américaine, ses auxiliaires européens et les tribunaux internationaux ou nationaux.
L’un de ses instruments privilégiés est l’exploitation simultanée du sentiment de culpabilité collective des Européens et de leur penchant compassionnel. La « victimologie » est devenue le système de légitimation d’une société peu légitime. Pour faire oublier ce qu’elle a de contestable, celle-ci s’instaure en tribunal permanent d’un passé criminalisé. Ainsi fait-elle coup double. Dénonçant les « crimes » du passé ou ceux de dictatures exotiques, elle s’attribue à bon compte un brevet de haute moralité. Par comparaison, elle suggère que, malgré sa corruption et ses tares, elle est quand même la plus morale, donc la meilleure. Mais les systèmes les mieux conçus sont soumis aux imprévus. On voit ainsi la « victimologie » se retourner parfois contre ses utilisateurs.
La police de la pensée pourchasse le Mal, c’est-à-dire le fait d’être différent, individualisé, d’aimer la vie, la nature, le passé, de cultiver l’esprit critique et de ne pas sacrifier à la divinité universelle. Le Mal, c’est aussi ne pas être dupe et voir que le système, suivant le mot de Flora Montcorbier, « fait appel au credo libéral, à un humanisme moralisateur, à un écologisme de compensation pour masquer le caractère inévitable et essentiel de sa destruction de l’homme, de la nature, de la vie sociale ».
