Nous sommes coincés en 1788, avec une noblesse (financiers, politiques), un clergé omniprésent (enseignants, culture, médias, juges, syndicats), le tout jouissant de privilèges pris sur le dos du Tiers État (« Nicolas qui paie », agriculteurs, artisans…). Encore que, bien que la société d’Ancien régime eut des aspects nécessitant réforme, le peuple vivait globalement moins tourmenté que de nos jours. Mais il manque quelque chose pour déclencher 1789…
Ce qui manque, et qui a été en 1788, c’est une organisation discrète ou secrète, aux membres très peu nombreux en réalité mais soudés par une pratique de secte et déterminés, qui de l’entourage du pouvoir aux villes de province prépare le coup d’état, la Franc-Maçonnerie, qui instrumentalisa une partie du peuple pour servir de « bélier » (nombreux et majoritaires furent les Français hostiles à son action), organisation qui depuis la réussite de son opération tient la France et n’a fait que reproduire et perpétuer, sous la conduite de ses idéaux, la situation décrite en introduction. George Sand tout à fait lucide sur le sujet disait que la Révolution n’avait été qu’un « changement de propriétaire ». Sans un équivalent d’organisation qui agirait comme a agi la Franc-Maçonnerie, parvenant à placer discrètement ses membres près du pouvoir, aujourd’hui parmi les grands maçons et dans un maillage territorial (directeurs départementaux, préfets, maires, associations d’influence locale…) qui entrera en action au signal donné, le pouvoir maçonnique et son système ne seront pas renversés.
En attendant, les sans-culottes triment et craignent le déclassement (les gilets jaunes), ils ont été matés (mains arrachées, emplois perdus, humiliation publique, yeux crevés, etc.), impitoyablement par le pouvoir bourgeois d’Emmanuel Macron, comme le pouvoir bourgeois des Versaillais d’Adolphe Thiers a écrasé la Commune de Paris en 1871. Les « Nicolas » au lieu d’œuvrer à une Révolution choisissent la « grève » (expatriation, fraude), moins difficile et aux résultats positifs plus rapides pour eux et leurs familles, une nouvelle distribution de la richesse prépare une nouvelle distribution du pouvoir dit Antoine Barnave, or on ne voit pas les « Nicolas » avoir pris la richesse de la noblesse républicaine, loin s’en faut. La majorité du Tiers État vit sur le dos de la minorité du Tiers État (4 Français sur 10 seulement paient l’impôt sur le revenu, les autres sont trop pauvres pour cela et s’en voient exonérés), cette majorité n’a aucun intérêt à une inversion des choses, elle perdrait ses « allocations ». Et le Lumpenproletariat (les racailles) sont l’assurance-vie de la classe dominante, en s’en prenant au prolétariat et en l’empêchant de s’unir ou manifester (à l’idée d’une manifestation patriote en France équivalente à celle qui vient d’avoir lieu en Angleterre, d’aucuns la redoutent au prétexte qu’il y aura des « black blocs » en face prêts à en découdre, avec de pareils raisonnement frileux l’association racailles/classe dominante aura toujours le dessus). Le petit ingrédient mystère qui aidera peut-être à un renversement, c’est la ruine financière. Elle arrive.
Le lecteur désireux de s’informer de façon objective sur ces sujets peut se tourner vers notre article Révolution française (thématique Révolution) et ceux classés dans la thématique Franc-Maçonnerie.
