Un seul genre humain, mais plusieurs races

Tout d’abord un rappel essentiel sur la véritable signification du terme « raciste » : être raciste, c’est être partisan de la théorie selon laquelle il existe une hiérarchie entre les diverses races humaines. Rien de plus. Rien à voir avec le sens dévoyé d’animosité, de haine, donné au mot par la propagande systémique « antiraciste » que nous connaissons tous. Être partisan de cette théorie de l’existence d’une hiérarchie des races n’implique pas d’être par nature antipathique pour autrui au prétexte qu’il appartient à une race donnée. Cela étant dit, observer par ailleurs l’existence de diverses races sans considération d’une idée de hiérarchie entre elles, c’est simplement être comme un ornithologue constatant qu’il y a factuellement des perroquets à plumes vertes et d’autres à plumes rouges. On n’en vient pas à haïr l’un de ces deux perroquets au motif de son plumage. Le problème n’est pas la couleur. Le problème est ailleurs.

Gustave Le Bon (1841-1931) écrivait en son temps : « Lorsque des peuples de même origine ou d’origines diverses sans être trop éloignées ont été soumis pendant plusieurs siècles aux mêmes croyances, aux mêmes institutions, aux mêmes lois, ils constituent ce que j’ai appelé d’ailleurs une “race historique” ; cette race possède alors en morale, voire en religion, en politique et sur une foule de sujets, un ensemble d’idées, de sentiments communs tellement fixés dans les âmes que tout le monde les accepte sans discuter ». Voilà une claire description de l’ensemble des nations européennes. On comprend aisément que Gustave Le Bon utilise là le mot race en tant qu’« ensemble identitaire » et non pas en tant que critère biologique. Nous n’avons pas de conception biologique de la « race », il n’y a pas de hiérarchie dans ce qui compose le corps de l’être humain. Partout des os, des muscles, du sang, des organes, un système nerveux. Les races d’individus en tant que ce qui les compose biologiquement sont effectivement toutes semblables, exception faite de quelques différences génétiques marginales (le fait par exemple que les Africains, Antillais et populations du Moyen-Orient soient sujets à la drépanocytose, maladie qui n’affecte pas les Blancs). Mais il y a bien en revanche une hiérarchie entre les diverses cultures. On pourra bien nous dire ce que l’on veut, l’évidence s’impose, une culture capable par exemple de concevoir et pratiquer l’infibulation et la lapidation des femmes, de leur interdire de chanter, de parler entre elles dans le domicile, d’être vues depuis la rue par les fenêtres, est indéniablement inférieure à d’autres. Cela s’appelle le degré de civilisation, que ne se sont pas privés de relever et d’énoncer en leur temps tous les partisans de l’entreprise coloniale du XIXè (Jules Ferry) au XXè siècle (Léon Blum…), chez les Anglais, les Français, les Belges…

La définition de Gustave Le Bon décrit parfaitement quelle est notre conception des identités. Il n’y a pas (globalement) de différences biologiques. Il y a en revanche à l’évidence entre les races humaines des différences entre les cultures, ainsi que des différences évidentes, visibles, dans leurs apparences physiques. Pygmées, Japonais, Massai, Scandinaves, ne se ressemblent physiquement en rien, dans la morphologie, la couleur de peau, la couleur et le type de cheveux, toutes évidences qu’il est fou de devoir rappeler dans le délire officiel ambiant prétendant que « les races n’existent pas ». Ce que l’on a un jour nommé « race » fait avant tout référence aux différences d’apparence bien visibles entre les groupes humains. Sans considération de supériorité supposée de l’une sur les autres dans ce qui les compose biologiquement. Mais les petits dictateurs de « l’antiracisme » et leurs idiots utiles font volontairement un amalgame malhonnête entre genre humain et race, prétendant que les races n’existent pas (ce qui est aussi fou que de prétendre que le feu mouille), qu’il n’y a qu’une seule « race humaine ». Et l’incroyable tentative d’imposition de ce mensonge est une atteinte insupportable à notre intelligence. La réalité de notre monde, c’est qu’il n’y a bien qu’un seul genre humain, qui nous différencie des animaux et des végétaux. Mais en revanche il y a bien plusieurs races aux apparences distinctes visibles au sein du genre humain. De l’anthropologue au dernier des crétins tout le monde le voit et le sait.

Renaud Camus estime à juste titre que « les ambiguïtés (sur les mots racisme et race) ont permis à l’antiracisme de bannir de la parole, des conversations, des journaux, de tous les médias, du discours politique mais d’abord, et c’est le plus grave, de la perception même qu’on peut avoir du monde, tout ce qui relève, non seulement des races, mais des ethnies, des peuples, des cultures, des religions en tant que groupes, ou masses d’individus, des civilisations en tant que collectivités héréditaires, des origines et même des nationalités dans la mesure où ces nationalités prétendraient être autre chose qu’une pure appartenance administrative, une convention, une création continue. L’homme de l’antiracisme est nu devant le sort, il ne vient de nulle part, aucun passé ne le protège. Il commence à lui-même, à lui-même maintenant. Sur une planète idéalement sans frontière, sans distinctions d’aucune sorte et sans nuances, c’est un voyageur sans bagage, un pauvre diable. À tout instant il se fonde comme il peut, en une sorte de gâtisme du commencement perpétuel, d’infantilisme institué, de puérilité (star-académique. L’appartenance, dès lors qu’elle n’est pas convention pure (les fameux « papiers »), est perçue et donnée seulement comme une charge, une tare, un poids mort, un encombrant fardeau dont il convient de se débarrasser au plus vite, un héritage maudit. Ce sont des pans entiers de la connaissance, de la culture, du savoir accumulé de l’espèce, qui sont ainsi récusés, mis à bas, enterrés. Plus gravement encore, ce sont des pans entiers de l’expérience, de l’actualité bien sûr, mais plus directement de l’expérience quotidienne de vivre, de bouger, d’habiter la terre et d’habiter la ville, d’éprouver ce qui arrive quand on descend dans la rue, quand on prend l’autobus ou le métro, des pans entiers du temps, des pans entiers du regard, des pans entiers de la tactilité d’exister, dont par convention il sera convenu, sous peine des plus graves châtiments, qu’ils n’existent pas, qu’on ne les ressent pas, qu’on ne les voit pas même s’ils vous crèvent les yeux – que tout cela c’est dans votre tête, dans votre mauvaise tête ».

Les races existent, naturellement, depuis toujours. Il n’y a que le militantisme malhonnête et les idiots pour prétendre le contraire. Le pouvoir et ses parlementaires godillots en sont, qui sous la première mandature Macron ont décidé de le nier officiellement en supprimant le mot « race » de la constitution. Effacer le mot va faire disparaître le réel. On est là dans le domaine de l’incantation, de la formule magique.