Défendre le droit des peuples à être eux-mêmes

Les peuples de la Terre sont entrés dans l’ère planétaire. Les voici peu à peu aliénés par un système techno-économique qui est issu de l’ordre marchand américain, mais qui se substitue à lui, qui tend à domestiquer et à homogénéiser les singularités nationales au profit d’un way of life universel, d’une société mondiale anonyme, standardisée et « scientifiquement » régulée par le management. Les existences individuelles sont peu à peu réduites à des problèmes quantitatifs de consommation et de niveau de vie. C’est un système fou qui n’a ni tête ni projet, qui se développe par métastases, comme un tissu cancéreux. C’est la mort tiède que l’on ne voit pas venir parce qu’elle est indolore. Le système tue les peuples en douceur, en rongeant de l’intérieur leur vouloir-vivre, en les déracinant du terreau organique de leurs traditions, en les décourageant de se vouloir des destins. Face à ce mercantilisme totalitaire qui se pare des vertus de l’humanitarisme et du bien-être, il faut défendre le droit des peuples — de tous les peuples — à être eux-mêmes, leur droit à l’affirmation culturelle, leur droit à la différence et à la puissance.

— Guillaume Faye, Le système a tuer les peuples