
Vous arrive-t-il encore, quatre ou cinq ans plus tard, de vous retourner sur la parenthèse du Covid-19 et de ressentir comme un vertige en vous remémorant la folie totale de cette époque ? Moi, oui.
Aujourd’hui encore, je n’en reviens toujours pas de ce qui s’est passé, de l’absurdité et de la démence absolues de ces deux années environ. Beaucoup ont tourné la page et n’y repensent plus ou n’y repensent que pour se féliciter que tout ceci ait pris fin. Rien n’a pris fin.
Nous ne sommes toujours pas remis de cette folie et il est absolument certain que notre monde est devenu encore plus fou depuis cet épisode, depuis que les peuples ont montré leur docilité et leur soumission collectives, depuis que l’esprit humain a accepté d’abdiquer et de se laisser écraser et dompter, et depuis que les puissants ont vu avec quelle facilité il était possible de mettre tout le monde au pas.
J’en veux tellement à ceux qui ont marché, qui ont joué le jeu, à ceux qui ont collaboré à cet épisode de démence collective. Je leur en veux tellement d’avoir insulté, condamné, dénoncé, persécuté les quelques lucides que nous étions, de nous avoir souhaité tant de mal simplement parce que nous n’étions pas comme eux au garde-à-vous devant Olivier Véran et devant tous les autres.
Et puisqu’un mal ne vient jamais sans un bien, je suis aussi reconnaissant à cette époque de m’avoir permis de me trouver au milieu de gens de bien, de gens lucides, auprès de qui on se sent être de la trempe des meilleurs. Merci à ces camarades d’avoir été de ces compagnons dont on a besoin dans les moments difficiles pour ne pas devenir fous. Nous étions des vivants au milieu des zombis.
Jonathan Sturel
