Vivre dans l’inversion des normes

C’est ce que nous fait subir le pouvoir en France, au nom d’une permissivité irrationnelle découlant d’un altruisme pathologique. Les réseaux sociaux, grâce leur soit rendu pour exposer ce que l’information frelatée du service public ne montrerait jamais, nous donne à voir qu’un « fantaisiste » – appelons-le comme ça pour ne pas verser directement dans le chapelet d’insultes que mérite en réalité cette sous-merde insolente – est venu marcher sur la tombe du Soldat inconnu et utiliser la flamme pour allumer sa cigarette (on est là dans le domaine de la profanation), sous le regard de quelques badauds inertes. Pourquoi cette absence de réaction chez ces spectateurs ?

Parce que le Français sait que s’il intervient pour faire cesser ce scandale c’est lui qui sera embarqué par la Police, parce « Vous comprenez, on n’a pas le droit de faire ça en État de droit, ce n’est pas au simple citoyen de faire cesser les infractions ou les incivilités, c’est à la Police, et bla bla bla… ». D’autant que dans cette époque de fous, le nuisible pourrait porter plainte contre l’intervenant pour « coups et blessures ». Le Français sait que s’il intervient il n’aura pas le soutien des pouvoirs publics mais subira au contraire la persécution policière et judiciaire.

D’aucuns pensent que nos contemporains sont tous devenus des lâches incapables d’agir virilement face à une racaille qui se comportent mal, alors que ce qui conditionne leur retenue, ce n’est pas la peur de coller une baffe à un déchet humain, c’est celle de finir au commissariat, menottés par des flics bien de chez nous, bien zélés, obéissant à une hiérarchie qui elle-même pratique un respect scrupuleux de l’inversion des normes.

Le jour où la Police, voyant un Français en train de corriger une merde qui le mérite, au lieu de faire du zèle en sa défaveur lui posera une main amicale sur l’épaule en lui adressant quelques mots de remerciements avant de le laisser partir, le jour où son nom sera noté pour qu’il reçoive une lettre de félicitations signée du Préfet, la peur commencera à changera de camp et le bon sens reprendra une partie de ses droits.

Dans un pays normal, une merde comme celle de notre exemple serait rossée sur place sans ménagement puis dans les locaux de Police jusqu’à ce qu’on l’entende crier qu’il ne recommencera plus, sans nécessité de procédure, sans encombrer les tribunaux.

Mais pour le moment, nos contemporains ont une trouille bleue, hélas justifiée, de se trouver en état d’arrestation pour avoir servi les intérêts du bon sens et de la saine et populaire justice quotidienne. Ce qui tient nos contemporains dans les fers castrateurs qui entravent l’expression du courage, c’est la puissance verticale d’écrasement que le régime envoie contre eux par l’intermédiaire de sa Police.

Un pouvoir sadique, obsédé par les attentions qu’il veut porter à la canaille, nous fait vivre dans l’inversion des normes, et comme le supplice de la goutte d’eau tombant à intervalle régulier sur le front, ça finit par rendre fou.