Pari réussi pour Luc Besson dans son adaptation de Dracula, la reconstitution est parfaite avec des décors et costumes magnifiques, tous les acteurs sont excellents. Le réalisateur a insisté et développé opportunément l’aspect fondamental du roman si souvent minoré (sauf par Francis Ford Coppola) pour ne se focaliser que sur l’ « horreur », aspect fondamental qui est l’histoire tragique d’un amour contrarié par le destin. Nous ne donnerons pas de détails trop précis pour ne pas vous gâcher la surprise mais Luc Besson a eu quelques idées originales intéressantes qu’il est venu puiser dans le patrimoine architectural et littéraire français (il fait entre autres se passer l’action occidentale à Paris au lieu de Londres), les servants de son château, la scène du couvent qui rappelle la possession des Ursulines de Loudun mêlée à un emprunt au premier roman de Patrick Süskind porté à l’écran en 2006, nous n’en dirons pas davantage. Sur le plan de la minoration de l’ « horreur » évoqué plus haut, nous avons apprécié que le comte Vlad mène son combat final sous forme humaine et à l’épée tel un hussard magnifique au lieu de la sempiternelle image de métamorphose ailée hideuse. Tout cela est très bien vu. Le cinéma français de qualité est suffisamment rare pour être signalé lorsque c’est le cas. Il y a une ou deux petites incohérences mais elles seront pardonnées en regard de la qualité de l’ensemble. Allez voir ce superbe Dracula de Luc Besson.

