
Le 3 août 2008 disparaissait Alexandre Soljenitsyne. Écrivain, dissident, témoin du goulag, il fut l’une des grandes consciences du XXe siècle. Sa voix, rude et droite, n’a cessé de dénoncer les crimes du totalitarisme soviétique. Rescapé des camps, Soljenitsyne livre au monde une œuvre majeure : « Une journée d’Ivan Denissovitch », « Le Premier Cercle », « L’Archipel du Goulag »… Par sa plume, les souffrances d’un peuple entier sont arrachées au silence. Ses textes, transmis clandestinement à l’Ouest, révèlent l’enfer du système concentrationnaire soviétique. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1970. De retour en Russie dans les années 1990, Soljenitsyne reste fidèle à sa vision : une Russie enracinée, spirituelle, exigeante. Ni nostalgique du tsarisme, ni réconcilié avec le communisme, il prône une renaissance fondée sur la vérité et la justice. Mais Soljenitsyne n’est pas qu’un témoin : il est un penseur. Dans son discours d’Harvard (1978), il alerte l’Occident sur les dérives du matérialisme, du relativisme, du confort sans âme : « Un déclin du courage est peut-être le trait le plus frappant de l’Occident. » Soljenitsyne meurt le 3 août 2008. Son œuvre demeure un socle pour qui refuse l’oubli, la soumission, le mensonge. À ceux qui veulent comprendre le XXe siècle, il offre cette leçon : « Ne vivez pas dans le mensonge. »
