« Le capitaine Dreyfus est bien plus grand que le capitaine Bonaparte. Il a conquis la France et il l’a gardée. » — Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre (1937).

On aimerait ne pas avoir à prendre la plume. D’autant que le faire sur ce sujet vous vaut rapidement l’accusation d’antisémitisme alors que l’on ne fait qu’évoquer des choses factuelles. Pourtant nous y sommes contraints par les agissements du pouvoir. On aimerait respirer un peu, vivre tranquilles, dans notre propre univers mental, qui n’est pas celui de Moïse. Mais cela nous est rendu impossible, nous sommes en France. Le rappel est incessant, exaspérant, pesant. Quelqu’un qui ne parle que de lui, on finit par le trouver désagréable. Il en va de même des communautés. Grosse fatigue…
Les années 1970 nous avaient donné l’opéra-rock comédie musicale Jesus Christ Superstar. Le concept demeure, seul le personnage diffère. Sans rentrer dans l’affaire Dreyfus et débattre de l’injustice ou non faite à cet officier (certains demeurent convaincus de sa culpabilité comme d’autres ne croient plus à l’homme sur la lune en 1969), imaginons un extra-terrestre candide débarquant dans ce pays sans rien connaître à son sujet. Il y observerait une proximité particulière étrange, idolâtre entre le régime, le pouvoir, et l’univers juif. Il y verrait entre autres choses surprenantes Hanoukka célébrée dans les murs du palais de l’Élysée avec le Crif, Alfred Dreyfus fait général à titre posthume il y a peu et pour qui Emmanuel Macron vient d’instaurer de surcroît une journée de commémoration annuelle, le 12 juillet. Mais qui, aujourd’hui, se lève encore le matin en pensant à l’affaire Dreyfus ? Ressortir cette affaire qui divisa radicalement les Français en 1894 (exhumation inutile sauf pour faire sa courbette devant la communauté ?) afin de faire du personnage un général ne suffisait donc pas. Il y constaterait, notre candide, que ce peuple français a des cultures régionales, un folklore, qui ne sont jamais célébrés par ceux qui dirigent, jamais promus mais au contraire ignorés, occultés, privés de postérité, aucun festival de musiques et de danses d’Auvergne, de Bretagne ou de Provence organisé et télévisé par le ministère de la Culture, c’est la pensée cosmopolite et négatrice de l’identité de ce territoire, celle des BHL, George-Marc Benamou, Guy Konopnicki et autres qui prévaut. Il verrait l’aplomb, l’insolence, notre candide, avec lesquels tout cela est fait aux yeux de tous les Français.
Quelle allégeance doit donc la France, à tout le moins ses dirigeants, à la communauté juive ? On aimerait ne pas avoir à dire que la République c’est la Loge, et la Loge c’est la Synagogue. Roger Gougenot des Mousseaux (1805-1876) dans Le Juif, le judaïsme, et la judaïsation des peuples chrétiens, a essayé de comprendre comment en quelques décennies, depuis la Révolution de 1789 d’abord puis par la convocation du Grand Sanhédrin par Napoléon, les Juifs qui étaient peu de chose sous les 40 monarques qui ont fait la France sont devenus les rois de l’époque. Et de nous expliquer par quel cheminement cette France qui est née monarchie meurt république après avoir remis les clefs du pays à un peuple qui, en attendant le Messie qui les réunira tous en Terre promise, a fait de la France une « Judée provisoire ».
Pour justifier cette position, on voit évoqué l’argument foutrement mégalomane selon lequel dans une société ce sont les plus intelligents qui dirigent. En réalité, ce sont ceux que le peuple laisse diriger, qui dirigent. Des intelligents, il y en a aussi ailleurs, mais manifestement jusqu’à présent le peuple français n’en veut pas.
Les Juifs ont une place en France, pourquoi pas, ceux qui ne militent pas pour notre dissolution dans la société multiraciale et qui n’agissent pas dans l’influence politico-médiatique à cette fin peuvent être tout à fait sympathiques, mais il faut que ce soit leur place, pas une place excessive qui laisse dans l’incompréhension et dans le sentiment d’un privilège, d’un favoritisme cultivé par une régime qui clame pourtant à qui veut l’entendre ne reconnaître qu’un citoyen indifférencié. Les Français, ce vieux peuple aux racines celtes, germaniques et romaines ne sont-ils pas las de vivre sous la domination d’une pensée extérieure à notre continent ? Quand ils le seront, peut-être s’en libèreront-ils…
