Un tortionnaire n’est jamais rassasié

Le plaisir qu’il retire de son pouvoir et des tourments qu’il inflige nourrit son sadisme et sa mégalomanie de façon addictive.

Emmanuel Macron, en l’état du droit constitutionnel, ne peut pas se représenter en 2027. Évidemment, plusieurs parmi ses proches s’en désolent, et rêvent déjà de le voir revenir en 2032. Il nous quittera dans deux ans, et déjà on se dit pourquoi nous serons-nous privés d’un si grand président, puisque ce doit être l’état d’esprit de la majorité des Français, les sondages qui disent le contraire doivent mentir.

Plus sérieusement, son ami et homme lige placé à la tête du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand avait, comme d’autres, dit qu’il faudrait trouver un moyen que le président puisse se présenter encore en 2027, pour un troisième mandat consécutif. Ils sont nombreux dans la macronie à jouer cette petite musique selon laquelle on se sera privés d’un très grand président. Son premier mandat n’aura pas été à la hauteur de ses aspirations hélas, le deuxième mandat encore moins parce qu’il aura été bloqué par une assemblée ingrate à son endroit, les Français n’ayant pas compris le coup de génie de la dissolution et ne lui offrant pas la majorité désirée. Ils se disent donc qu’il faut enfin lui donner l’occasion de gouverner le pays pour qu’il puisse accomplir sa vocation et son destin.

Et ce qui est intéressant, c’est qu’Emmanuel Macron ne cherche pas du tout à tuer les rumeurs. Il faut rapprocher cela d’une hypothèse générale, qui ne concerne pas qu’Emmanuel Macron, qui est que les hommes politiques ne sont pas des gens normaux. Ces parasites manipulateurs narcissiques sont projetés à l’avant-scène, ont l’impression d’être indispensables en toutes circonstances, et s’imaginent, sont convaincus que le monde va cesser d’être le jour où ils se retireront, qu’il y aura un immense deuil, et ils ne veulent pas infliger ce deuil à la population. Donc lorsqu’ils sont chassés, ils cherchent à revenir d’une manière ou d’une autre, quelle que soit leur tendance. Pensez à François Hollande, prêt à tout et dont le comportement est la démonstration de ce qui précédait, qui a occupé le poste le plus élevé du dispositif, et qui s’est abaissé à revenir en tant que simple député, et qui guette déjà 2027. Pensez à Nicolas Sarkozy qui a espéré revenir lui aussi, dont les proches disent que « si les circonstances l’exigent, il pourra toujours revenir ». Pensez à Giscard qui après avoir été chassé de l’Élysée a cherché à revenir en commençant en tant que conseiller général de son département. Et François Mitterrand qui était convaincu que le pouvoir pourrait à jamais le garder en vie, et qu’il mourrait lorsqu’il perdrait le pouvoir. Le pouvoir est pour certains non seulement un aphrodisiaque, mais aussi un gage d’immortalité.

Qui qu’il en soit, un retour d’Emmanuel Macron en 2032 après un mandat d’intervalle, ou un prolongement à partir de 2027 au travers d’un artifice provoqué (entrée en guerre de la France, pirouette constitutionnelle grâce à l’ami Ferrand et à un éventuel retour de majorité macroniste après une possible seconde dissolution de l’Assemblée nationale dont il a retrouvé la possibilité depuis le 7 juillet) serait ce qu’il pourra arriver de pire à la France, l’homme étant une tornade destructrice sans pareille, dont l’ampleur des dégâts qu’il a infligé au pays n’a jamais eu d’équivalent.