L’Occidental moyen a plus ou moins toujours été quelqu’un d’apte à la violence, à se défendre, à défendre son honneur quand cette notion avait encore un sens. Il a désappris tout cela, lui, le citoyen bien éduqué, convenable, civil, qui patiente dans les files d’attente, qui se lave les mains autant de fois qu’on le lui demande, il est ultra domestiqué, il a intégré l’obéissance, il a remis la conduite de sa vie, sa morale, le monopole de sa sécurité, entre les mains du maître qui s’appelle l’État. Mais comme l’État est défaillant aujourd’hui, c’est lui qui hérite du monopole des ennuis. Il se trouve dépourvu, condamné à regarder la rencontre sportive du jour à la télévision. L’abandon à l’État de la capacité à se défendre du citoyen s’avère avoir été une erreur, il en paye le prix.
L’ « État de droit » ne sera pas avec vous dans la rue au mauvais endroit au mauvais moment. Le citoyen doit abandonner ce réflexe consistant à croire que l’État de droit sera là le lendemain pour l’accompagner, sauf pour lui indiquer comment réagir, par le « pas d’amalgame », le « pas de récupération », le « ils n’auront pas ma haine ». En réalité, si le citoyen ne veut pas devenir aujourd’hui ce « martyr du vivre-ensemble » sacrifié sur cet autel, il doit ouvrir les yeux, il doit prendre des dispositions, il ne doit pas tout attendre d’un État qui encore une fois est devenu totalement défaillant. C’est la réalité, aussi déplaisante qu’elle soit à entendre. Le citoyen est dans un état de passivité, il s’y est habitué, mais il y a un principe de réalité et il doit le regarder en face.
Nous sommes dans un état de survie, le troupeau est totalement à la merci des déprédations. Le maître-État est aux abonnés absents, extrêmement rigoureux avec la population docile, vous paierez vos impôts, on viendra les chercher chez vous si vous ne le faites pas. En revanche, quand cela implique de s’opposer par exemple à des émeutiers de « quartiers sensibles », à l’Algérie, il y a une forme de paralysie morale des autorités face à cela. En vertu de son absence totale de réaction, de cette lâcheté, l’insécurité a été admise en tant que système. La seule réponse politique consiste à la banaliser. Et l’on se retrouve aujourd’hui avec un niveau record de violences aux personnes, quelque chose que l’on n’a jamais connu en France depuis que l’on mesure ces violences.
Il est temps pour le citoyen de retrouver et reprendre son âme, parce qu’il a tellement tout abandonné à l’action de cet État que ses capacités de réflexion, son sens commun y sont passés. Il admet des situations qui sont totalement inacceptables, totalement folles. En réaction, il faut réarmer les consciences face à cette situation. Le citoyen doit prendre de la distance face à un état de fait qu’il imagine immuable alors que les choses n’ont pas toujours ainsi. Si l’État n’est pas capable d’assumer cette mission régalienne fondamentale qu’est la sécurité, il n’a pas de légitimité, il n’a pas la légitimité de nous taxer, de nous prendre autant d’argent pour en faire ce qu’il en fait, il perd le pacte de Hobbes dans le Léviathan.
Et quand on entend partout des politiques dire « Vive la vidéosurveillance, vive la reconnaissance faciale demain, abolissons l’argent en espèce car c’est une manière de lutter contre les trafics », n’en sommes-nous pas arrivés à un point où au nom de la sécurité on va suspendre nos dernières libertés. Le commun des mortels, lui, sera surveillé, mais le crime va se poursuivre. La réponse qui est actuellement apportée à l’insécurité c’est davantage de fliquage, qui n’est pas dirigé contre les minorités criminelles, que l’on empile des lois supplémentaires, les hors-la-loi par définition s’en moquent, cela ne les concerne pas. Seul le citoyen réceptif, celui qui va apporter l’arme de pépé à la Préfecture parce qu’on le lui demande, sera totalement soumis devant ces directives. Nous ne voulons pas de nouvelles lois qui ne sont que poudre aux yeux, mais l’application réelle du code pénal. La Justice aujourd’hui n’est plus rendue, il y a une impunité qui est vertigineuse, sur 100 coups et blessures en France on compte 20 dépôts de plainte seulement, la moitié de ces plaintes est élucidée, donc neuf fois sur dix l’agresseur ne passe pas à la caisse, et quand il passe devant la Justice la loi n’est pas du tout appliquée, les coups et blessures c’est trois à dix ans d’emprisonnement, la moyenne prononcée est en dessous de dix mois, et un condamné à moins de dix mois de prison n’y met pas les pieds, parce que les prisons sont pleines et que le pouvoir refuse d’en construire de nouvelles, considérant par dogmatisme que l’enfermement est la dernière solution qui doit être envisagée dans la chaîne pénale. Et le malfaiteur qui termine malgré tout derrière les barreaux dispose de stupéfiants, de consoles de jeu, il peut gérer son trafic avec ses téléphones comme l’a fait Mohamed Amra, il peut même commanditer des exécutions, faire venir des prostituées au parloir, il peut se reproduire avec ses admiratrices comme l’a fait Nordahl Lelandais. La prison française n’est absolument pas dissuasive pour ceux qu’elle devrait dissuader. L’État est fort avec les personnes dociles et obéissantes, et il a complètement abandonné l’idée de l’être avec le malfaiteur. On constate que d’énormes erreurs sont commises par les juges, que des manquements graves sont répétés, et cette profession bénéficie dans ses statuts d’une irresponsabilité relativement à ce qu’ils font, c’est proprement délirant.
Et l’on voit poindre enfin – il était temps ! – une forme de scepticisme contre l’État. Il y a une prise de conscience parmi la population sur ce qui est en train de se passer. Les « Nicolas », ce citoyen fictif vache à lait et baisé permanent dont l’évocation a enflammé les réseaux sociaux, qui travaillent pour les erreurs des autres, voient qu’ils sont dans un système d’esclavagisme fiscal et moral, ils voient qu’ils se sacrifient pour un système qui à son tour sacrifie leurs enfants. Et cette prise de conscience est un évènement extrêmement important. Il faut l’accompagner, il faut donner à la colère du matériau intellectuel utile, c’est la mission que s’est fixée Polaris média, il faut profiter du fait qu’enfin il y a un mouvement d’éveil, le pays avait atteint un tel degré de déliquescence, de scandale, de chaos, qu’une réaction était inévitable, elle arrive tard, les dégâts sont immenses, mais elle a le mérite d’être là.
Certes, l’État est très faible quand il s’agit de mater les vrais délinquants, mais il est particulièrement efficace quand vient le temps de mater les révoltes populaires de ceux qui n’en peuvent plus, soit il le fait par le jeu électoral en « front républicanisant » ceux qui « pensent mal », soit il le fait de manière plus musclée, on l’a vu avec les Gilets jaunes, soit il le fait en multipliant les lois de censure pour s’assurer que des propos qui déplairaient à l’orthodoxie ne puissent être entendus dans l’espace public. S’il reste un chose à l’État dans les circonstances présentes, c’est de savoir se défendre contre l’insurrection populaire. Nous payons le salaire de Léa Salamé, d’Élise Lucet, de Patrick Cohen, nous n’en avons pas envie, mais si nous arrêtons de le faire l’État viendra se servir sur nos comptes en banque, saisir nos meubles, nous n’avons donc pas le choix, le citoyen a peur du gendarme, a peur de mettre sa famille, sa carrière en jeu pour le salaire d’Élise Lucet, donc il paye la note, et se tait. Mais plus les Nicolas seront nombreux, plus ils pourront collectivement avoir de l’influence, avoir une politique à leur mesure, raison pour laquelle il est important de commencer par réarmer les pensées avant d’envisager une « solution miraculeuse ». Le pouvoir empêche les révoltes populaires mais tous les cinq ans il y a une élection à laquelle celui qui a été maté va docilement apporter son concours en allant urner sans que son bourreau ait besoin de lui colle un pistolet sur la tempe, parce que l’élection se base sur la peur, sur le conditionnement des citoyens qui sont très réceptifs à cela, quand on lui dit que s’il vote pour tel ou tel le pays sombrera dans le chaos davantage encore qu’il ne l’est déjà, Monsieur Moyen a peur, il se dit qu’il a toujours encore un peu plus à perdre, et jusque dans l’isoloir finalement il a peur de « mal voter » parce qu’on l’a culpabilisé, on l’a conditionné a penser de la sorte, à ne surtout pas sortir du rang, et pour l’instant cet effet dressage tient, pour combien de temps encore on l’ignore, mais la politique est un concours de promesses, c’est comme un dépliant publicitaire, les Français devraient avoir du recul par rapport à ce jeu depuis le temps, par rapport à la différence entre ce qui est promis et ce qui est fait. Il ne faut donc pas tout miser sur cette roulette russe, il est nécessaire de construire d’abord des pensées avant d’imaginer que l’on puisse s’en sortir.
La guerre civile, de basse intensité pour l’instant encore, est déjà là. Quand vous avec un narcotrafic qui en est là où il en est, qui tire à l’arme lourde sur la Police, qui commandite des assassinats, un contrôle d’identité qui dégénère en émeute, que chaque évènement populaire dans ce pays, que ce soit un bal de village ou une victoire sportive, peut dégénérer en exactions, le doute n’est plus permis. Il y a 120 attaques au couteau par jour, des dizaines de refus d’obtempérer qui mettent en danger les passants et les intervenants policiers ou gendarmes, la situation est déjà assez largement hors de contrôle. Nous avons atteint un seuil qui n’a pas de précédent historique, chaque année constitue un nouveau record des violences aux personnes constatées, et il n’est pas difficile de prédire que cela va continuer de pire en pire sous la philosophie gouvernante qui dirige la France.
Les Français sont totalement tenus par des tabous. Si vous parlez d’insécurité, c’est un tabou parce que l’éléphant dans le magazine de porcelaine c’est l’immigration de quantité et de culture dissonante. Si l’on retranche des statistiques criminelles les auteurs étrangers et issus de l’immigration, le chiffre des violences se trouve divisé par un peu plus de trois. C’est énorme, et le pouvoir interdit d’en parler, interdit de le penser, le tribunal attend le « déviant ». Il est plus confortable de parler d’autres causes, de ne pas analyser les ressorts culturels, de ne pas penser qu’en important le tiers-monde on se retrouve avec des morceaux de tiers-monde. C’est un fait. Et il faut pouvoir le dire, pouvoir en débattre sereinement. Mais aujourd’hui malheureusement c’est l’angle mort du sujet. A partir du moment où l’on s’interdit de commenter des chiffres, que l’on dissimule des réalités, que l’on ne fait pas le bon diagnostic, on est très mal partis pour résoudre les problèmes.
Depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, les tentatives d’homicide, les homicides de mineurs, les violences sexuelles, les coups et blessures, ont tous été multipliés par deux, alors que le seuil était déjà très haut. Si l’on observe sur les trente dernières années, c’est une multiplication par six des violences aux personnes. Et il y a une aggravation de la nature de ces actes. On tue pour très peu de choses. C’est la tribalisation de la société. Les groupes violents aujourd’hui se basent sur une hiérarchie de la puissance, il faut montrer « qu’on en a », qu’on peut sortir la machette (le couteau est presque trop banal), qu’on peut s’en servir, qu’on peut faire une « dinguerie » comme disent les « jeunes ». Et celui qui ne fait pas partie de ces groupes est soit un danger, soit une proie potentielle pour se faire valoir. Nous en sommes là. C’est le « capital guerrier » dont parle le sociologue chercheur Thomas Sauvadet. Cette culture « cité », cette culture racaille se développe bien au-delà de ces groupes criminels, la jeunesse a tendance à s’y conformer pour ne pas retrouver du côté des victimes, de ceux qui vont se faire tondre, elle veut être du côté de ceux qui vont montrer qu’ils ont un couteau dans le cartable, qu’ils en sont capables eux aussi. Tout cela ne peut évidemment pas bien se terminer.
La « mexicanisation » est le nouveau mot pour qualifier la pente glissante sur laquelle se trouve la France. La jeunesse immigrée des cités est de la chair à canon pour les narcotrafiquants qui ont les moyens de s’acheter des guetteurs, des tueurs même très jeunes, les moyens logistiques, techniques, de se confronter aux forces de l’ordre, ils sont en train de former des complices qui passeront les concours d’entrée dans l’administration pénitentiaire pour avoir des bases très solides dans les prisons, ils sont en train de prendre un contrôle inédit sur le pays, et ils sont très difficiles à combattre par un État enfermé dans les « droits de l’homme », qui refuse d’user des moyens qui seraient nécessaires, impitoyables, et parce que les narcos peuvent mobiliser une grande partie de cette jeunesse, la faire partir en émeutes, l’État n’ose pas s’attaquer à eux, le tout venant d’une consommation de drogue sans précédent qui alimente ce business et toutes les violences qui vont avec, car il ne faut pas l’oublier ces merdes de drogués sont les premiers responsables de cette situation, habitués à leur pétard « récréatif », sans demande il n’y a pas d’offre. C’est aussi à eux qu’il faut faire une chasse impitoyable si l’on veut éteindre le narcotrafic. La société se croit libre comme jamais mais elle est déspiritualisée, dévirilisée, elle doit être régulée soit par les médicaments, soit par la drogue, soit par le divertissement qui rend de plus en plus idiot (ce qui fait les affaires du pouvoir), la société paie le prix de son effondrement psychique et mental et compense sur le mode d’Aldous Huxley avec le soma. C’est le syndrome du hamster qui court dans sa roue. Au bout d’un moment, le Français mène une telle vie, avec une absence de sens, les gens travaillent sans avoir pourquoi ils travaillent, pour pouvoir travailler le lendemain et payer les factures, les impôts, le sens de la vie s’éteint, il y a de moins en moins d’enfants, donc la logique de transmission s’éteint avec eux, les gens cherchent des dérivatifs que sont les écrans, les stupéfiants, la « fête », des manières de tenir le coup dans ces vies insensées. C’est symptomatique d’un effondrement anthropologique.
Pour 95 % des Français, la réponse est normalement politique. On se demande quel homme politique va être capable de porter le redressement du pays, avec un État qui soudainement retrouverait sa verticalité et ramènerait l’ordre. Ce troupeau s’imagine, inlassablement, qu’il va trouver l’homme ou la femme providentiels au sein du même panier de fripouilles responsables de la catastrophe dans laquelle il se trouve. Il est l’illustration des mots de Louis-Ferdinand Céline parfaitement lucide sur ses compatriotes, « Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses, et des bien cruelles ». Restent le 5 % qui ont compris que la réponse ne peut plus être politique, mais qu’elle est d’abord INDIVIDUELLE. Pour cette minorité intellectuellement supérieure, devant l’effondrement, le citoyen a la responsabilité de faire sa révolution idéologique. Les gens ont les gouvernants qu’ils méritent, pour citer un autre auteur, Joseph de Maistre. Et quand on voit la classe politique que l’on a, on peut mesurer aisément quels sont les mérites du troupeau. Il faut mériter beaucoup mieux. Si le peuple ne montre pas qu’il mérite sa survie, il ne survivra pas, c’est la loi de la sélection naturelle. Chacun doit essayer de trouver des solutions pour convaincre autour de soi, pour incarner ce mouvement d’éveil des esprits, et pour faire émerger des personnalités de meilleure qualité, qui pourront porter nos attentes. Le corps social est fait de meneurs et de suiveurs. Les suiveurs sont toujours majoritaires dans l’histoire, ils se conforment à ceux qui savent à un moment incarner quelque chose, les mener quelque part. Il faut parvenir à constituer une élite, un contre-pouvoir réel et crédible à ce qui existe actuellement, qui est le produit de la Franc-Maçonnerie. La République est la façade légale de la Franc-Maçonnerie. Et comme le dit la formule, en matière de vote, quel que soit le résultat, c’est toujours la Franc-Maçonnerie qui gagne. « La Maçonnerie, c’est la République à couvert, de même que la République n’est autre chose que la Franc-Maçonnerie à découvert », ces paroles qui sont du Frère Antoine Gadaud au Convent de 1894 du Grand Orient de France, ont été reprises par les Frères Massé et Laferre au discours de clôture du Convent de 1903. Elle est installée au cœur même du pays, dans toutes ses parties vives, ses jointures et ses articulations, des palais du pouvoir aux mairies et aux associations locales. Et comme l’écrit A.G. Michel dans Socialisme maçonnique (Éditions du Trident), il ne faut pas dissimuler qu’un labeur immense et persévérant s’imposera pour l’en déloger. Cette élite nouvelle devra donc être totalement extérieure et protégée de cette secte qui ne manquera pas de tenter d’y infiltrer ses soldats. La formation de cette élite nouvelle est très difficile parce que ce système est extrêmement puissant, il a tout verrouillé, il contrôle l’administration, l’université, les médias, il est allé très loin dans le contrôle des pensées. C’est donc un travail titanesque. Mais plus la mission est ardue, plus l’épreuve est attrayante. Cela implique de s’engager dans la bataille pour la Cité.
