Une casse volontaire de l’intelligence

Pourquoi il ne faut surtout pas repousser l’âge de l’apprentissage de la lecture !

À chaque dérive, on pense avoir touché un point limite, mais chaque jour, un nouveau palier de délire est franchi. La dynamique est incontrôlable, et extrêmement préoccupante. L’Observatoire des inégalités préconise de retarder l’apprentissage de la lecture à l’âge de 7 ans.

Sous prétexte de lutter contre les inégalités scolaires (entre qui et qui ?), ce discours préconise ce report, en supposant (ce n’est donc que supposition, sans preuves scientifiques) que différer l’entrée dans l’écrit permettrait de « protéger » les enfants en difficulté. Or, c’est une posture d’ignares dangereux qui méconnaît des dimensions fondamentales du développement de l’enfant, tant sur le plan neurocognitif que psychique, entraînant un risque d’effets délétères durables.

Quelques rappels neurodéveloppementaux :

Entre 4 et 7 ans, le cerveau de l’enfant traverse une période de grande plasticité au cours de laquelle les apprentissages du langage écrit s’intègrent avec une efficacité optimale. Si l’on diffère l’apprentissage de la lecture, pour mettre dans le lot les Français occidentaux, blancs, « de souche » au niveau des masses importées incapables d’évoluer à notre niveau, on va donc avec cette préconisation monstrueuse laisser passer cette fenêtre neurodéveloppementale privilégiée ; et plus l’introduction du langage écrit va être tardive, plus elle va exiger d’efforts cognitifs accrus, au détriment d’une disponibilité mentale pour d’autres fonctions en émergence.

La lecture impliquant la mobilisation simultanée de processus complexes tels que l’attention soutenue, la mémoire de travail, la discrimination phonologique, le contrôle inhibiteur (…), lorsque celle-ci est initiée tardivement, elle entre en concurrence avec d’autres apprentissages déjà en place, ce qui crée un effet de saturation cognitive. Un tel débordement peut affecter la qualité de l’engagement de l’enfant dans ses activités, nuire à sa disponibilité psychique et engendrer une grande tension intérieure.

En outre, le langage écrit ne se réduit pas à une compétence technique. Il constitue un appui fondamental pour la mise en forme de la pensée, la structuration du langage intérieur, l’accès à des représentations plus complexes et plus abstraites.

Quand on retarde l’apprentissage de la lecture, on freine le développement de ces processus d’élaboration psychique, ce qui rend l’enfant davantage dépendant de l’immédiateté de l’oral et de l’agir, avec un accès plus limité aux opérations de symbolisation secondaires.

Par ailleurs, le plaisir de lire émerge le plus souvent comme conséquence de la compétence, non comme son préalable. Lorsque l’enfant découvre qu’il peut décoder, comprendre, faire des liens, l’intérêt émerge naturellement.

À l’inverse, une entrée tardive, souvent plus laborieuse, risque de placer l’enfant dans une posture de lutte plutôt que de curiosité, ce qui entrave l’émergence d’un plaisir autonome de lire et d’apprendre.

Enfin, il faut souligner que l’entrée dans la lecture donne à l’enfant un accès plus précoce à des médiations symboliques qui participent à l’élaboration du monde interne. Lire, même de manière élémentaire, permet de représenter ce qui est absent, de mettre en mots des vécus, de relier des idées, de contenir des affects… ce qui soutient la construction d’un espace psychique capable de penser l’expérience. Or, il est fondamental que l’enfant dispose tôt de tels outils de pensée pour être à même de mieux appréhender et affronter notre monde sens dessus dessous, aux repères et valeurs désormais complètement inversés. Différer leur accès revient à le laisser plus longtemps confronté à des sollicitations émotionnelles et environnementales qu’il ne peut pas encore transformer psychiquement, et ce défaut de médiation peut nuire à la constitution d’un sentiment de sécurité interne et à l’organisation de la pensée symbolique.

Parents, vous êtes les premiers compagnons de lecture de vos enfants. N’attendez pas que l’école « apprenne à lire » pour leur ouvrir les portes de l’écrit. Dès les premières années, lire avec eux les inscrit dans un univers de sens, de rythme, de récit et de lien, qui va bien au-delà du simple apprentissage. Les enfants n’attendent pas d’avoir « l’âge de lire » pour être traversés par des émotions, des questions ou des inquiétudes ; aussi, en leur proposant dès que possible un contact avec les lettres, les sons, les histoires, on leur donne des outils psychiques pour penser, rêver, comprendre, se rassurer et affronter. Faites-le simplement, à votre rythme et au leur : lisez-leur de courtes histoires mais tous les jours, nommez les lettres, jouez avec les sons, décryptez ensemble des enseignes ou des affiches… C’est dans cette familiarité progressive avec l’écrit que peut s’enraciner le goût de lire, la confiance et une pensée qui s’organise. En leur offrant très tôt l’accès aux mots, vous leur transmettez une ressource intérieure durable et une présence en eux à laquelle ils pourront revenir tout au long de leur vie. D’ailleurs, quel est « l’âge de lire » ?! Il n’y a pas d’âge établi, tout dépend des aptitudes naturelles, génétiques, de chacun. Personnellement, né en 1963, je savais lire à l’âge de trois ans parce que j’ai appris à la maison, je m’amusais à lire les affiches publicitaires dans les couloirs du métro sous le regard amusé des voyageurs.

N’ayons pas peur des mots, cette idée est celle de véritables ordures n’obéissant qu’à leur idéologie égalitariste universelle, prêtes à anéantir le niveau intellectuel des Européens et la civilisation de notre continent.

Parents, il est de votre devoir de reprendre tout ce qui est délivré à vos enfants dans les salles de classe, de faire ce travail pour les sauver de l’abrutissement, de l’abaissement, du nivellement par le bas recherché par l’oligarchie au pouvoir, sans quoi vos enfants seront dévorés par la médiocrité. L’idée chez les élites d’entretenir le peuple dans une limitation intellectuelle n’est pas nouvelle, c’est une vieille idée, elle est contemporaine de la philosophie des Lumières, nous le relatons de façon documentée dans notre article Philosophie des Lumières, Acte II : un modèle parfait de citoyen publié hier, le modèle de citoyen théorisé, recherché est celui d’un « type moyen ». Un parfait type moyen, c’est-à-dire porteur de l’intelligibilité et de la gouvernabilité les plus adaptées au confort du gouvernant, l’idéal pour ces penseurs étant que la « machine tourne toute seule » afin que le gouvernant n’ait pour ainsi dire qu’à jouir de son statut dans l’oisiveté, ou dans la moindre difficulté à gérer et orienter le troupeau. L’idéal souriant du gouvernant oisif, qui regarderait tourner la machine est dans les pensées des « Lumières », et matérialisée par l’’ingénieuse « société d’automates – quatre-vingt-six, grandeur nature – que se fait fabriquer en 1742 le roi de Pologne et Duc de Lorraine Stanislas, où chaque fonction économique est assumée par une aimable figurine articulée symbolise assez bien ce modèle de souverain spectateur attendri d’une mécanique allant d’elle-même et sans à-coups. Robespierre imprégné de Rousseau parle de « chef-d’œuvre » social : le gouvernement, de fait, ne serait plus surmené. La démarche actuelle de retard d’apprentissage de la lecture, provoquant une limitation de l’intelligence, s’inscrit dans cette pensée des Lumières. Quand les gens comprendront que le pouvoir peut leur être nuisible, qu’il n’est pas leur allié, alors peut-être un début de changement et d’amélioration pourra poindre dans ce monde. Munissez-vous des bons manuels, des bonnes méthodes d’apprentissage, contactez l’association Créer son école de Anne Coffinier, lisez Ghislaine Wettstein-Badour (Bien parler, bien lire, bien écrire), agissez !