Vénérer un prépuce, l’Église l’a fait !

Sous quel verbiage, sous quelle phraséologie aura-t-on fait vivre les Français, dans le bain de l’Église chrétienne ! Ceux qui sont nés à partir des années 1970 n’ont pas connu un détail qui avant cette période figurait sur les calendriers almanachs des P.T.T, détail que le pape Paul VI fit disparaître : la mention « Circoncision » à la date du 1er janvier. La circoncision de Jésus, bien sûr.

Celle-ci était autrefois célébrée par les Églises catholique et orthodoxe le 1er janvier, soit le huitième jour à compter du 25 décembre. Dès le VIIIe siècle, pour l’ensemble de la Chrétienté, ce jour était celui « de la Circoncision et du Saint-Prépuce de Notre Seigneur ». Les mots ont un sens et ils sont explicites, ces malades ont pu imaginer la sanctification d’un prépuce ! C’est pousser très loin le ridicule. On reste éternellement estomaqués par le fait que toute l’Europe ait put marcher dans ces délires sémites qui ne la concernaient pas.

Le début de l’année avait même été fixé ce jour, justement parce qu’il commémorait l’entrée de Jésus dans l’alliance hébraïque. En 1622, le Saint-Siège décréta que le 1er janvier serait le premier jour de l’an pour tous les pays catholiques. 

Relatée dans l’Évangile selon st Luc (2 : 21), la circoncision ne laissait place à aucun doute quant à la judéité de Jésus, Yeshua ben Yosef : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. » 

Au Moyen Âge, dans le charlatanisme commercial de la « compétition aux reliques » pour attirer le pèlerin, il y eut jusqu’à quatorze « Saints prépuces » revendiqués dans diverses villes européennes. On imagine la belle collection de rondelles de peau ! Le Vatican décréta au XIVe siècle que le Saint Prépuce authentique était conservé dans la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, avant qu’au XXe siècle, le pape Léon XIII n’interdise, sous peine d’excommunication, de parler du Saint-prépuce, compte tenu du manque de confiance en l’authenticité de cette relique !

Cependant, la fête demeurait dans le calendrier liturgique.

Lors du concile Vatican II (1962-1965), reconnaissant sa filiation juive, l’Église romaine avait appelé à un « dialogue fraternel » avec le judaïsme. Pourtant, quelques années après, sous le pontificat du même Paul VI, la fête de la Circoncision est supprimée du calendrier liturgique romain, « au profit » de la fête de « Sainte Marie, mère de Dieu ». L’argument était qu’il est légitime, à quelques jours de Noël, de « célébrer la part qu’a eue Marie au mystère du salut et d’exalter la dignité particulière qui en découle pour la Mère très sainte qui nous a mérité d’accueillir l’Auteur de la Vie ». Nous nous abstiendrons de commentaire sur ces salades catholiques.

Par la suite, des exégètes ont adressé à Benoît XVI une requête en vue d’un rétablissement de la fête liturgique de la Circoncision, par « respect pour l’identité juive de Jésus », affirmant « son entrée par la circoncision dans l’Alliance conclue par Dieu avec ses pères, Abraham, Isaac et Jacob ». Selon le théologien autrichien Jan-Heiner Tück, la réintroduction de cette fête serait « un acte démonstratif de solidarité avec les juifs d’aujourd’hui qui doivent être soutenus surtout par les chrétiens, à une époque où l’antisémitisme est croissant. La fête rappelle que Jésus n’était pas chrétien, mais juif ». Tout cela colle parfaitement à cette formule explicite selon laquelle si les juifs sont l’original, les chrétiens sont des « juifs synthétiques », et s’agissant des européens des gens totalement égarés dans cette importation religieuse sans aucun rapport avec l’âme européenne véritable forgée par 30 000 ans d’identité païenne, par la pensée grecque, romaine, et la sagesse druidique, pas dans le monde sémite.

Depuis 1971, la Fête du travail, la Victoire de 1945, la Fête Nationale et l’Armistice côtoient Pâques, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël, alors que le 1er jour de l’année est simplement nommé « Jour de l’an ». Sauf dans le calendrier officiel romain où la fête de « Sainte Marie mère de Dieu » reste indétrônable.