Comprendre l’explosion de l’insécurité et de la délinquance

Alors que la France des gens honnêtes, des gens normaux, est une fois de plus atterrée par l’actualité avec le meurtre au couteau de Nogent (Haute-Marne) commis sur une assistante d’éducation par un collégien de 14 ans, apportons des éléments de réponse à la question posée en titre. Pour commencer, vous devez connaître les deux pierres angulaires de la doctrine pénale sous l’empire de laquelle on nous fait vivre, et qui sont les suivantes :

Peu importe ce qu’ait pu subir la victime et la gravité des actes commis, l’important n’est pas de punir l’auteur mais de tenter d’éviter qu’il ne recommence en le « re-socialisant ». Cette philosophie, enseignée aux étudiants en droit pénal dès les premières pages de leurs livres, est une abomination en ce qu’elle avoue son indifférence totale pour le sort de la victime et ce qu’elle a pu subir, tandis qu’elle place le malfaiteur au centre de ses préoccupations avec la mystique d’en faire un citoyen normal. Une mystique qui pense qu’il y a toujours du bon dans l’homme et que cela vaut toujours le coup de se battre pour la réinsertion du malfaiteur. Cela peut être vrai dans certains cas, mais le monde de la magistrature en fait une vérité de principe, une généralité, refusant de voir, détecter, et admettre qu’il est des gens que rien ne remettra jamais dans le droit chemin, et refusant donc de les neutraliser, au détriment du corps social dont les nuisibles, voleurs, casseurs, agresseurs, ne sont ainsi pas écartés.

L’emprisonnement doit être l’ultime recours, tout et n’importe quoi doit être essayé et décidé avant d’en venir à ce qui est pour les tenants de cette philosophie judiciaire une extrémité. D’où l’insuffisance voulue du nombre de places de prison et le refus de la gouvernance, en complicité avec cette doctrine, de construire les établissements nécessaires. Sans places de prison suffisantes, on évite de pouvoir incarcérer quantité de gens qui le devraient, et qui se retrouvent la bride sur le cou, ayant toute latitude là encore de générer de nouvelles victimes.

Cette pensée gauchiste humaniste aveugle est à la source de cette société française d’indisciplinés, de désordre, de chienlit, qui sort par les yeux du fasciste de cœur et lui rend la vie si pénible dans ce bain putride, société française pétrie des préceptes chrétiens et de l’importance qu’ils donnent à la culture du péché. C’est cette culture qui a conduit la société à adopter une attitude de mansuétude vis-à-vis des délinquants : comme les hommes sont « tous pécheurs », les fautes de ceux qui se conduisent mal en sont relativisées. Combinée à la culture du péché, la foi dans la rédemption constitue un autre aspect important de la pensée chrétienne. Interprétée de façon « moderne », la rédemption a incité la pensée pénale à considérer avec mansuétude et magnanimité les délinquants et les méchants, parce qu’ils sont susceptibles d’amendement et dignes de pardon.

À travers l’explosion de l’insécurité et du nombre de crimes sanglants, ce que la France est en train de vivre aujourd’hui est un contexte historique où l’on est passé d’une délinquance résiduelle qui était celle des années 1950/1960, avec un droit pénal et une justice qui étaient adaptés à ce temps, à un phénomène de société qui est l’effondrement de l’autorité avec un droit pénal et une justice qui n’ont pas évolué en conséquence. Effondrement dont profitent d’une part des gens qui sont structurés, les trafiquants de stupéfiants, le crime organisé, qui rongent les fondements de l’État ; et d’autre part une délinquance pulsionnelle forgée dans la permissivité, qui a compris la faiblesse du pouvoir face à elle, qui est le fait de personnes, jeunes ou moins jeunes, sans lien avec les motivations des réseaux trafiquants, et qui, on le voit à travers les diverses et multiples affaires qui émaillent l’actualité, ne sont plus capables de gérer la frustration.

Or, quand un petit d’homme grandit, il a besoin d’être confronté à l’autorité pour se structurer, de se heurter à des limites et à l’interdit, que quelqu’un lui dise « non », il doit faire l’apprentissage de la frustration.  La chose est bien connue, mais il a fallu qu’elle soit niée par des idéologues gauchistes à la pensée frelatée (pléonasme) qui à partir de Mai 68 ont tout fait pour briser l’autorité dans la société. La cellule familiale traditionnelle a été totalement détruite, l’autorité et la position du père décriée et interdite, on ne peut plus donner une fessée sans risque le tribunal, la position d’autorité de l’enseignant a été anéantie, on a fait disparaître dans les classes l’estrade sur laquelle il se tenait symboliquement en surplomb de ceux qui sont là pour recevoir un savoir avec humilité, respect et reconnaissance. La Police a eu ses dents limées par des empêchements réglementaires d’agir avec efficacité au service de la prééminence du Bien. Nous en payons les conséquences. La classe dirigeante, ceux qui font l’opinion, ses gros médias, les « élites » intellectuelles du Système, pendant cinquante ans ont sabordé l’autorité. À aucun moment ces gens-là, par dogmatisme, par idéologie, pour ne pas passer pour des « fachos », n’ont accepté de prendre à bras le corps le problème tel qu’il était en train d’apparaitre, avec ses prémisses bien visibles. L’effondrement d’une société, c’est comme un toboggan, vous commencez par glisser doucement, puis vient une accélération dans la chute. Nous sommes dans l’accélération. Et le travail de destruction de l’autorité a accouché d’un nihilisme absolu. La vie humaine ne représente rien. Personne ne sait, à part le consumérisme et l’individualisme, pourquoi il vit en République française.

Pour une information complète sur le sujet, nous vous invitons à la lecture de notre article Parlons Justice, Police, et droit pénal (thématique Insécurité, Criminalité).