Les Français croient être des hommes libres. Ils ne voient pas qu’ils sont le produit d’une fabrication, d’une planification scientiste, qu’ils ont été façonnés selon des réflexions davantage utilitaristes que philanthropiques de penseurs des Lumières, réflexions de praticité de conduite pour le gouvernant sur lesquelles les tenants du Système se gardent bien de communiquer. Les Lumières n’aiment pas les hommes libres et l’indépendance d’action. Pour les Lumières, l’homme, le vulgum pecus, n’est qu’un pantin.
Claude-Adrien Helvétius, particulièrement cynique et explicite, écrit dans De l’Homme (1773) : « Pour diriger les mouvements de la poupée humaine, il faudrait connaître les fils qui la meuvent. Que les philosophes pénètrent donc de plus en plus dans l’abîme du cœur humain, qu’ils y cherchent tous les principes de son mouvement, et que le ministre profitant de leurs découvertes en fasse … une heureuse application ». Plus tardivement, Alphonse de Lamartine, très lucide, écrira : « Il y a pire que l’esclavage : avoir des esclaves et les nommer citoyens ».
Ceux qui souhaitent approfondir le sujet et sortir du conditionnement opéré sur les cerveaux par la République à propos des Lumières doivent à minima lire les trois articles de notre série Philosophie des Lumières :
- Derrière le fard humaniste, des eugénistes pur jus
- Un modèle parfait de citoyen
- Des citoyens isolés et inorganisés
répertoriés dans notre thématique Philosophie politique fondamentale.
