Du sang guerrier dans l’armure chrétienne

« Le christianisme a construit des hommes guerriers ! » affirment certains. Non. Les hommes guerriers ont construit l’image du christianisme, puis ont saigné pour leur terre malgré cela.

Soyons clairs : les croisades, la Reconquista, les conquêtes, n’ont pas été fondamentalement des actes chrétiens. Ce furent des actes européens. Les justifications chrétiennes étaient de la peinture d’apparence. Mais l’acier, la rage, le feu ancestral étaient plus anciens que n’importe quelle Église.

Ils n’ont pas pris d’assaut Jérusalem parce que le Christ a dit de « tendre l’autre joue ». Ils n’ont pas repris la péninsule ibérique à cause des Épîtres de Saul de Tarse (alias Paul). Ils ont marché parce que c’est ce que les hommes européens ont toujours fait en acceptant la compétition : Conquérir. Défendre. Revendiquer. Développer.

Le Reconquista a pris près de huit siècles. Vous pensez vraiment que cela est venu des Évangiles ? Non. Cela provenait de la mémoire du sang tribal, de l’instinct de chasser les envahisseurs et de ne plus jamais s’agenouiller. Ils auraient mené le même combat sous la bannière d’Odin, Mars ou du soleil lui-même.

L’Église a suivi le guerrier, et non l’inverse. Elle a essayé de contenir ce feu, de le gérer, de le moraliser. Mais cette volonté primitive de guerre, de gouverner, de se tailler un avenir la lame à la main, préexistait.

Alors non, les croisades ne furent pas la preuve du « christianisme établi ». Elles furent la preuve que l’homme européen est resté dangereux, même après des siècles de culpabilisation, de soumission et de sermons. Ce n’était pas du « christianisme guerrier ». C’était du sang guerrier dans l’armure chrétienne. Et ce sang n’a pas disparu. Il attend à nouveau un symbole de mobilisation, un nouvel appel. Et ce ne sera pas une croix la prochaine fois !